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Kristel Ngarlem : « Je dors la nuit, pour l’instant... »

Kristel Ngarlem.

Kristel Ngarlem

Photo : Facebook/Kristel Ngarlem

Diane Sauvé

Kristel Ngarlem se débrouille avec les moyens du bord pour garder sa forme d’haltérophile. Comme bien d’autres athlètes qui tentent de se qualifier pour les Jeux de Tokyo, la Montréalaise n’a tout simplement plus d’endroit où s’entraîner.

Le Centre Gadbois à Montréal étant fermé, elle s’était tournée vers les gymnases privés. Aujourd’hui, elle envisage d’utiliser un sous-sol ou un garage. 

J'ai une amie qui a un gym; je vais essayer d'aller là-bas. Ce n'est vraiment pas efficace, mais c’est mieux que de rester chez nous. Sinon, je vais peut-être devoir aller en région, à cinq, six heures d’ici. Il y a des gens qui ont des installations dans leur garage. Ça va être ma dernière option si ça continue comme ça longtemps.

Une citation de :Kristel Ngarlem, haltérophile

Ce n'est pas tout. L’athlète de 24 ans a appris mercredi matin que son épreuve de qualification olympique s'ajoute à la longue liste de compétitions reportées en raison du coronavirus. Il s'agit des Championnats panaméricains, prévus le mois prochain en République dominicaine. 

Ce qui inquiète Ngarlem, ce n'est pas tant l’annulation de l’épreuve que le nouveau processus de qualification olympique qui sera mis en place. 

Le niveau de stress est assez grand, confie-t-elle. J'ai l'impression que la décision d'aller aux Jeux repose plus ou moins sur mes performances. C’est plus en lien avec des décisions politiques, avec la façon de sélectionner les athlètes pour aller aux Jeux.

La Fédération internationale d’haltérophilie s’est réunie cette semaine pour déterminer une nouvelle manière de choisir ses athlètes olympiques.

Certains scénarios jouent en faveur de Kristel Ngarlem, explique-t-elle, mais d’autres ne l’avantagent pas. Si les choses ne se passent pas comme elle le veut, elle songe à prendre les grands moyens. 

Soit je vais aller aux Jeux, soit je n’irai pas. Si ce n’est pas en ma faveur, je vais peut-être devoir me prendre un avocat. Je ne veux rien laisser au hasard.

Kristel Ngarlem en pleine action en train de soulever une barre.

L'haltérophile Kristel Ngarlem

Photo : La Presse canadienne / Julio Cortez

Si elle essaie de rester positive, Kristel Ngarlem attend avant de bouger. Elle doit savoir si elle ira ou non aux Jeux, si les Olympiques auront bel et bien lieu comme prévu. Puis, de là, elle pourra déterminer son plan d’entraînement. 

Pour l’instant, s’entraîner dans le sous-sol d’une amie abaisse son efficacité d’au moins 50 %.  

Je n’ai vraiment pas une forme d’haltérophile, lance-t-elle. Je trouve ça poche, mais tout le monde est dans la même situation. On n'est pas les seuls de la société qui sont brimés. Il y en a plein [de gens] qui ont perdu leur emploi. Il y en a qui sont en train de mourir.

Ne cherchez pas Kristel Ngarlem sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les jeunes au danger du coronavirus, comme plusieurs athlètes l'ont déjà fait. Elle préfère s’abstenir, ne pas tenir de double discours. 

Parce que je suis touchée, parce qu'il y a un côté de moi qui est très égoïste, qui a envie que les choses continuent de se passer. Et il y a un autre côté de moi qui est très conscient que ça touche beaucoup de monde. Ma mère a la sclérose en plaques, elle ne peut pas se permettre d’attraper ça. Je suis très consciente que la santé publique, c’est plus important. Je suis consciente que je joue sur deux tableaux.

Une citation de :Kristel Ngarlem, haltérophile

Sa contribution sociale, elle la fait en achetant des produits locaux pour encourager les entreprises d’ici en ces moments difficiles. 

Kristel Ngarlem profite de la situation actuelle pour faire la grasse matinée, pour parfaire ses lectures. Elle passe ses soirées avec son nouveau coup de cœur : le jeu de société Codenames

Contrairement à certains athlètes et ex-athlètes, comme Hayley Wickenheiser, qui pressent le CIO de statuer sur un report des Jeux, Ngarlem croit qu’il reste encore du temps pour prendre une décision éclairée. 

Bien sûr, l’annulation des Jeux de Tokyo cette année serait une déception extrême pour elle. Surtout qu’il s’agirait de ses premiers. Elle en rêve depuis qu'elle est toute petite. 

C'est sûr, mon rêve de jeunesse serait repoussé à plus tard. En espérant que plus tard arrive...

Malgré tout, Kristel Ngarlem essaie de ne pas s’en faire. Elle ne peut que s’y faire.

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