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COVID-19 : l’incertitude freine les projets de Félix Auger-Aliassime

Félix Auger-Aliassime

Photo : Getty Images / Mark Kolbe

INDIAN WELLS – Félix Auger-Aliassime était détendu quand il a accueilli Radio-Canada Sports dans la maison qu’il louait avec son équipe près d’Indian Wells, en Californie. Vêtu d’un simple t-shirt, d’un short et de sandales, le jeune Québécois nous a spontanément tendu la main, un geste en voie d’extinction sur la planète depuis quelques jours.

On a poliment réglé ça avec un coude à coude.

Le joueur de 19 ans venait d’apprendre, la veille, que le tournoi d’Indian Wells était annulé. Le premier domino majeur qui allait tomber au cours de la semaine dans le monde du sport. Depuis, la COVID-19 brise tout sur son passage.

Dernière victime en lice, le tournoi de Roland-Garros, reporté de mai à septembre. Aussi bien dire que la saison de tennis est en pause au minimum jusqu’en juillet. Et encore… Cette interruption extraordinaire et historique coupera peut-être aussi l’herbe sous le pied des joueurs à Wimbledon. 

Aucun athlète sur la planète ne se réjouit d’un arrêt aussi brutal des calendriers sportifs. Félix Auger-Aliassime, lui, se voit contraint à l’inactivité au moment où il se sentait vraiment à sa place sur un terrain de tennis, après deux finales en autant de semaines à Rotterdam et à Marseille, en février. 

Reste qu’avant l’annonce de la pause prolongée du circuit de l’ATP, le Québécois était serein. 

Je suis exactement où je veux être en ce moment en matière d’état d’esprit, de niveau physique et de niveau de jeu en général, a expliqué Auger-Aliassime. C’est très positif, donc je veux continuer de la sorte pour me donner d’autres occasions de jouer des finales et des matchs importants, et tout faire pour finalement accrocher un premier titre.

Bien sûr, la déception a été vive chaque fois qu’il s’est approché du soulèvement d’un premier trophée. Il est rendu à cinq finales perdues. Sur le coup, c’est dur, mais Auger-Aliassime parvient à relativiser le tout. 

Il y a bien sûr une déception normale, nécessaire, mais éphémère sur le moment, philosophe-t-il. Je dois simplement passer au niveau de jeu supérieur quand je suis en finale. Gaël Monfils, à Rotterdam, et Stefanos Tsitsipas, à Marseille, ont mieux joué que moi, tout simplement. Ça me dit que j’ai encore des choses à améliorer pour passer cette étape.

Quand son compatriote Denis Shapovalov a remporté son premier titre au mois d’octobre, à Stockholm, l’Ontarien avait admis que c’était un gros poids de moins sur ses épaules. Bien sûr, Auger-Aliassime aimerait l’imiter, mais il n’en fait pas une obsession. Chaque chose en son temps. Surtout en 2020…

C’est sûr que ça m’a beaucoup travaillé sur le moment; je me suis demandé pourquoi je n’y arrivais pas. Après, il y a une forme d’acceptation. Il ne faut pas être dans la frustration en se demandant pourquoi d’autres joueurs de mon âge y arrivent. C’est juste une étape de ma carrière, et je continue à construire mon parcours. Avec le recul, je les vois différemment, ces finales. Ce n’est pas quelque chose qui me tracasse. C’est quand même magnifique, ce que je suis capable de faire au début de ma carrière. C’est un apprentissage.

Félix Auger-Aliassime
Les deux athlètes reçoivent leurs trophées.

Félix Auger-Aliassime s'est incliné contre Gaël Monfils, champion en titre, en finale du tournoi de Rotterdam.

Photo : Reuters / Eva Plevier

Le compteur pour le Togo en arrêt temporaire

Puisque Félix Auger-Aliassime se trouve en arrêt forcé, son compteur de points et de dollars l’est aussi.

Plus tôt cet hiver, le Québécois avait annoncé la mise sur pied d’une initiative visant à amasser de l’argent pour des organismes humanitaires au Togo, pays d’origine de son père, que le jeune homme a visité en 2013. 

Pour chaque échange remporté depuis le début de l’année, Auger-Aliassime a versé cinq dollars au programme #FAAPOINTFORCHANGE.

La banque française BNP Paribas, partenaire dans le projet, s’est engagée à tripler le montant versé par le tennisman, pour un total qui s'élève à 20 $ par point remporté. Le compteur est immobilisé à 1699 points gagnés et 33 980 $. 

Bien que pour l’instant tout soit à l’arrêt, Auger-Aliassime assure que ce n’est que le début. 

Je me suis toujours dit que, dès que ma carrière me le permettrait, je voudrais redonner aux gens du Togo qui sont près de mon cœur et près de ma famille. Ça s’est fait naturellement, et j’ai l’impression que ça ouvre une nouvelle dimension à ma carrière, a-t-il mentionné.

Ce n’est vraiment que le début, et ça ne s’arrêtera pas. J’ai commencé à redonner à la nouvelle génération au Togo, mais aussi à l’académie de tennis de mon père à Québec.

Inconsciemment, son initiative l’aide même parfois sur le terrain. Durant un match, il investit bien sûr toute sa concentration à vaincre l’adversaire, mais à l’entraînement, quand la fatigue touche son moral, il se rappelle qu’il a aussi cette cause à cœur, au-delà de la victoire. 

J’ai le privilège de jouer au tennis pour gagner ma vie, de toujours me battre, alors c’est la moindre des choses que je puisse faire. Quand je suis fatigué, je me dis toujours qu’il y a du monde qui souffre pas mal plus que moi. Donc, oui, je dirais que ça m’a aidé à ne rien lâcher depuis le début de la saison, parce que j’ai toujours ça en tête.

Félix Auger-Aliassime

Maintenant, il ne lui reste qu’à aiguiser sa patience. Nul ne sait quand les activités sportives reprendront sur la planète. 

Sur son compte Twitter cette semaine, le jeune homme a écrit : Le monde entier traverse un moment difficile… Je suis évidemment déçu de cette pause forcée, mais nous devons tous contribuer à protéger les personnes plus vulnérables. Prenez soin de vous.

Tout ce qu’il peut faire, pour l’instant, comme nous tous d’ailleurs, c’est attendre chez lui.

Félix Auger-Aliassime défait Grec Stefanos Tsitsipas en quarts de finale.

Félix Auger-Aliassime défait Grec Stefanos Tsitsipas en quarts de finale.

Photo : Getty Images / Alex Pantling

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