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« Je ne veux avoir aucun regret à Tokyo » - Erica Wiebe

Erica Wiebe serre le poing après avoir gagné un combat.

La lutteuse canadienne Erica Wiebe

Photo : Associated Press / Manish Swarup

Radio-Canada

L'Ontarienne Erica Wiebe ne veut rien regretter pendant ses deuxièmes Jeux à Tokyo. Radio-Canada a recueilli ses commentaires.

Le tournoi panaméricain de qualification en lutte a lieu ce week-end à Ottawa, alors que la majorité des événements de ce genre ont déjà été annulés.

Le tournoi est disputé sans public au Centre des congrès de la capitale, mais avec le personnel d'encadrement des athlètes, le personnel médical et les bénévoles pour aider les athlètes.

La championne olympique en titre (76 kg) Erica Wiebe et sa compatriote, et partenaire d'entraînement, Danielle Lappage (68 kg), ont obtenu samedi leur billet pour les Jeux de Tokyo.

La championne du monde en titre (59 kg), l'Ontarienne Linda Morais, a par contre raté sa qualification. Elle pourra en principe se reprendre en juin, si le dernier tournoi de qualification a lieu.

Grâce à une journée sans faux-pas à Ottawa, samedi, Wiebe pourra défendre son titre olympique à Tokyo.

Ça a été un week-end fou, avec tout ce qui se passe autour. Mais Lutte Canada a fait le nécessaire pour qu’on soit en sécurité, a lancé d'entrée Erica Wiebe à Radio-Canada.

Je m’attendais à devoir gérer la pression de combattre devant mon public.

Erica Wiebe écoute la question de la journaliste Kim Vallière.

Erica Wiebe

Photo : Société Radio-Canada

Mais bon, en lutte, tout peut arriver, on est prêtes à tout, et de toute façon, au coup de sifflet, j’ai mon travail à faire. Mais il y avait beaucoup de drapeaux canadiens, et de savoir que j’ai obtenu mon billet ici, à Ottawa, c’est super.

Sur sa performance, Erica Wiebe garde un regard lucide.

Aujourd’hui, je n’ai pas été à mon meilleur, mais j’ai fait ce que j’avais à faire pour obtenir mon billet, a-t-elle admis.

Erica Wiebe saura cette fois à quoi s'attendre dans l'arène olympique, ce qui n'était pas le cas à Rio en 2016.

Personne ne peut m’enlever cette journée à Rio, affirme-t-elle. Je l’ai fait, et j’ai prouvé quel genre de personne je suis, et cette victoire m’a changée.

Erica Wiebe

Erica Wiebe

Photo : Reuters / Toru Hanai

Oui, il y a un peu de pression, admet-elle volontiers. Mais quand il y a de la pression, ça me motive, et je suis juste impatiente de défendre mon titre à Tokyo.

C’est vrai que ce sera différent pour moi, avec tout ce que j’ai vécu depuis Rio. Mais ce sera encore une expérience incroyable. On ne le vit qu’une fois en quatre ans. Je me sens tellement privilégiée de faire encore ce que j’aime, de laisser une trace dans le sport féminin.

Je ne me donne pas comme mission de gagner la médaille d’or, mais d’offrir une bonne performance. Je veux me battre à Tokyo, et n’avoir aucun regret, précise la championne olympique originaire de Stittsville, en banlieue d'Ottawa.

Erica Wiebe a tenu à remercier sa partenaire d'entraînement, Danielle Lappage, qui s’est aussi qualifiée samedi pour les Jeux olympiques.

On a fait notre premier voyage international ensemble, il y a 14 ans, a rappelé Wiebe, et on représente le Canada ensemble depuis ce jour. On s’échauffe ensemble avant chaque combat, et je sais maintenant qu’elle sera à mes côtés à Tokyo, et je sais qu’elle peut gagner l’or olympique.

Lappage en sera à ses deuxièmes Jeux olympiques. Mais à Rio, en 2016, son expérience s'est arrêtée avant même son premier combat, à cause d'un claquage au jarret lors de son échauffement. Une blessure crève-cœur qui l'a privée de son rêve olympique.

Sa qualification, samedi, est en quelque sorte une revanche sur le mauvais sort.

C’est un grand moment pour moi, a-t-elle lancé d'entrée à Radio-Canada. Je savais que je me qualifierais aujourd’hui, et c’est bien de ne plus avoir à y penser.

À Rio, je m’étais blessée à l’échauffement, et je n’avais pas pu disputer un seul combat, a rappelé Lappage. Là, je veux montrer au monde ce dont je suis capable. Je veux aller sur le tapis, exécuter mes mouvements et faire du mieux possible le jour J.

En attendant la décision du CIO

La possibilité que les Jeux soient reportés ou annulés ne semble pas les perturber tant que ça. Il y a la routine des entraînements qui, elle, ne change pas.

Il faut garder bien en tête notre plan de match, dit Danielle Lappage. Nous ne contrôlons pas la situation, alors continuons à faire ce qu’on faisait avant l’apparition du virus, dans l’espoir que ça va passer.

Le plus important, c’est la santé de chacun, affirme Lappage. Il y a des gens intelligents qui vont prendre les décisions qui s’imposent, alors faisons-leur confiance.

Ce que nous pouvons contrôler, c’est notre entraînement, alors il faut poursuivre le travail, conclut la lutteuse.

De son côté, Erica Wiebe rappelle sa philosophie de travail.

J’aime le principe de maîtriser un peu plus mon sport chaque jour à l’entraînement, a-t-elle expliqué. Les Jeux sont une occasion de montrer ce dont je suis capable dans un événement planétaire.

Alors, mes entraînements seront les mêmes, c’est ce que je fais depuis 15, 20 ans. Je sais que le CIO et le COC feront tout pour garantir notre sécurité quand nous devrons nous rendre à Tokyo, s'ils ont lieu et quand ils auront lieu, précise Wiebe, qui n'écarte pas la possibilité qu'ils soient reportés.

Tout ce que nous pouvons faire, nous les athlètes, c’est de nous entraîner et de pratiquer notre sport, et d'en tirer du plaisir, a conclu la championne olympique. Et c’est tout ce qui compte pour moi.

Si Erica Wiebe et Danielle Lappage sont soulagées de pouvoir se concentrer sur leur préparation olympique, ce n'est pas le cas de Linda Morais.

La championne du monde en titre (59 kg) n'a pas droit à un billet automatique pour Tokyo, car elle a obtenu son titre dans une catégorie non olympique. Elle doit donc passer par le supplice des épreuves de qualification.

Et samedi à Ottawa, elle a fait trop d'erreurs pour réussir à obtenir un billet. Elle a été battue en demi-finale.

Je ne me suis pas qualifiée pour les Jeux, et ça fait vraiment mal, a-t-elle avoué au micro de Radio-Canada. Et ça va faire mal pour longtemps.

Linda Morais répond aux questions de Radio-Canada.

Linda Morais

Photo : Société Radio-Canada

J’ai fait plusieurs erreurs qui m’ont coûté des points. Alors, quand je vais retourner à Montréal, je vais vraiment me concentrer sur ces techniques-là. Je vais essayer de les corriger pour ne plus que ce soit une faiblesse. On apprend beaucoup de nos faiblesses, rappelle Morais.

Je ne vais pas oublier ce qui s’est passé aujourd’hui, affirme la championne du monde. Je vais utiliser ça comme un apprentissage, comme pour devenir plus forte.

J’ai quand même une autre chance. Je vais mettre tous mes efforts pour les prochains mois.

Le dernier tournoi de qualification prévu à Sofia, en Bulgarie, en avril, a été retardé au courant du mois de juin.

C’est sûr à 100 % que Linda y sera, a expliqué l'entraîneur canadien David Zilberman. On va devoir s’asseoir au cours des prochains jours, et élaborer un plan. Il y a toujours des choses à travailler, et on va se préparer pour ce tournoi.

Ont également raté leur qualification :  Jessie MacDonald, Samantha Stewart et Michelle Fazzari ont perdu en demi-finale.

Avec les informations de Kim Vallière.

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