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Le casse-tête de la LNH

Un amphithéâtre plein

Centre Bell à Montréal

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Alexandre Gascon

Bien des experts estiment que la crise liée à la COVID-19 n’en est qu’à ses balbutiements. La « pause » décrétée par la LNH pourrait fort bien se prolonger pendant plusieurs mois. Quelles options s’offriront alors à la ligue?

Tout cela est encore fort embryonnaire et essentiellement théorique, mais la LNH souhaite toujours mener sa saison jusqu'au bout et décerner la Coupe Stanley, selon le communiqué émis jeudi après-midi.

Dans l’histoire, le trophée a été décerné le 24 juin par deux fois, après des arrêts de travail partiels en 1994-1995 et en 2012-2013, faisant de la fête nationale québécoise la date la plus tardive du couronnement des champions.

Or la LNH a déjà demandé aux gestionnaires des amphithéâtres de lui fournir une liste de disponibilités jusqu’à la fin du mois de juillet. Ce scénario soulève quantité de questions auxquelles personne n’a la réponse pour le moment. De nombreux contrats arrivent à échéance le 1er juillet et les prolonger, ne serait-ce que de quelques semaines, pour terminer les séries éliminatoires, pourrait poser problème auprès des assureurs.

Les agents et joueurs contactés n’avaient pas de pistes de réponse à offrir ou n’ont simplement pas donné de nouvelles. Une source proche de l’Association des joueurs s’attend toutefois à ce que les deux parties s’entendent d’ici une semaine sur les principaux cas de figure et développent une stratégie en conséquence.

En entrevue avec le site spécialisé The Athletic, le commissaire adjoint Bill Daly a laissé toutes les portes ouvertes. La saison pourrait être menée jusqu'au bout, ou non, le format des séries pourrait être modifié, ou non, selon la propagation du virus dans les prochaines semaines. Il n’est pas exclu que les activités reprennent à huis clos également. Sans compter l'annulation pure et simple.

Contrairement à la NBA ou à la MLS, qui ont spécifié un arrêt de travail d’au moins 30 jours, la LNH ne s’est pas imposé de durée minimale. La ligue n’a toujours aucun cas de coronavirus de confirmé et ne prévoit pas de tester tous ses joueurs et employés. Vendredi, Gary Bettman les a toutefois encouragés à demeurer en isolement volontaire pour une période de 14 jours.

Bref, on nage en eaux troubles et inconnues.

Il y a évidemment des enjeux, comme le salaire des employés des amphithéâtres, bien plus importants que le montant que les joueurs pourraient devoir verser en fiducie, les revenus à la baisse d’une ligue milliardaire ou le format que pourraient prendre les séries.

Cela dit, pour l’amateur de hockey tapi en nous, examinons quelques scénarios.

Différentes options

Si jamais la LNH reprenait ses activités d’ici la mi-avril, disons, elle serait probablement en mesure de terminer sa saison et son championnat en resserrant un peu le calendrier. Scénario qui apparaît de plus en plus improbable. Ne retenez pas votre souffle. Passons.

Si la crise tarde à se résorber, Gary Bettman pourrait lancer d’emblée le tournoi éliminatoire. Comme les équipes ont joué entre 68 et 71 parties, soit environ 85 % de leur saison, le classement devrait être remodelé en fonction du pourcentage de points par match de chacune des équipes.

Deux formations actuellement en séries, les Blue Jackets dans l’Est et les Jets dans l’Ouest, se feraient doubler par les Islanders et les Canucks respectivement. Querelle potentielle à prévoir dans ce cas puisqu’un meilleur pourcentage de points accumulé lorsqu’on a disputé moins de matchs que l’adversaire est loin d’être une garantie s’il faut véritablement jouer ces rencontres.

Le format des séries pourrait aussi être comprimé au meilleur des cinq matchs (plutôt que sept).

Et puisqu’on est dans le sport-fiction, voici une autre possibilité. Peu importe la suite des choses, la LNH perdra une part importante de ses revenus, qui se chiffrent annuellement à 5 milliards de dollars environ. Afin de renflouer ses coffres une fois les interdictions levées, pourquoi ne pas inclure toutes les équipes en séries (sauf une, question de nombre pair, désolé Détroit)?

Dans un mini-format de matchs aller-retour par exemple, avec quelques laissez-passer pour les équipes les mieux classées, toutes les villes pourraient participer à la relance. Des marchés de hockey populaires et lucratifs comme Montréal et New York seraient de l’aventure et l’engouement serait au rendez-vous.

Il y aurait de la résistance, forcément. Jeter aux orties le dur labeur de quelque cinq mois ne serait pas nécessairement du goût de certains, tels les Bruins, installés au sommet de la ligue, et leur influent propriétaire Jeremy Jacobs. Mais d’un autre côté, l’argument pécuniaire se fraie souvent un chemin jusqu’aux oreilles des puissants. On l’a bien vu avec la valse-hésitation de la LNH avant de reconnaître l’urgence de la crise de la COVID-19 dans les derniers jours.

Le repêchage

Il faudra probablement se faire à l’idée que le repêchage 2020 se déroulera dans des circonstances exceptionnelles. Dommage pour les amateurs, puisqu’il s’agit de la cuvée Alexis Lafrenière et qu’il aura lieu à Montréal.

Après le lockout en 2004-2005 et l’annulation complète de la saison, la ligue avait tenu son encan à Ottawa à la fin du mois de juillet.

De 1963 à 1979 inclusivement, les repêchages se déroulaient à Montréal, au Reine Elizabeth ou aux bureaux de la ligue, et n’était pas ouverts au public. Avec les moyens contemporains, rien de plus facile que de tenir un repêchage en ligne. Le véritable casse-tête de ce côté se retrouve entre les mains des recruteurs, soudainement privés de précieux mois de dépistage de talent.

La saison prochaine

Il y aura du hockey l’an prochain. Bill Daly a déclaré à The Athletic que le début de la prochaine campagne ne serait pas décalé, même si la saison 2019-2020 devait prendre fin quelque part au mois de juillet.

En 1918, la première éclosion de grippe espagnole avait ralenti pendant l’été. Au cours de la belle saison par contre, le virus avait muté et était revenu en force à l’automne. Finalement, c’est la Coupe Stanley de 1919 qui n’a jamais été attribuée, la seule fois de l’histoire pour des circonstances autres qu’un conflit de travail.

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