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Coronavirus : de lourdes pertes à essuyer sur la scène sportive

Le Capital One Arena, domicile des Capitals de Washington

Photo : The Associated Press / Nick Wass

Radio-Canada

Le monde du sport est maintenant paralysé par la crise de la COVID-19. En Amérique du Nord, quatre ligues professionnelles (LNH, NBA, MLS et MLB) sont à l'arrêt. Il y a lieu de se demander quelle sera l’étendue des pertes encourues pour cette lucrative industrie.

Selon le spécialiste en marketing sportif Jean Gosselin, les équipes perdront énormément d’argent. Pour l’instant, le manque à gagner est difficile à chiffrer.

Il y a un organisme français qui conseille le gouvernement en matière économique et qui évalue l’industrie du sport à 2 % du PIB mondial, a fait valoir M. Gosselin à l’antenne de RDI. Deux pour cent, ce n’est pas beaucoup, mais on évalue le PIB mondial à des milliers de milliards [118 000 milliards en 2018, NDLR]. Comment s’en sortir? Évidemment, la réponse n’est pas facile parce qu’on ne connaît pas encore la durée.

Ce sera d’assumer des pertes qui s’en viennent. Je suis persuadé que beaucoup d’avocats et de gens dans les compagnies d’assurances travaillent fort par les temps qui courent. Il faudra voir comment les plus faibles vont s’en sortir. Parce que dans le monde du sport, ce n’est pas tout le monde qui est la NFL.

Jean Gosselin, spécialiste en marketing sportif

Cette situation suscite énormément de questionnements parce que c’est du jamais vu pour toutes les parties impliquées.

On a vu à l’occasion soit un lock-out qui affecte un sport ou une ligue en particulier ou encore des problèmes dans une région du monde. Mais là, c’est le monde, point à la ligne, a souligné Jean Gosselin.

Le stratège en communications est bien placé pour évaluer la façon dont les ligues et organisations sportives ont géré la crise jusqu’ici. Et selon lui, elles s’en sont toutes bien tirées.

Dans le cas de la NBA, ce qui les a frappés de plein fouet, c’est quand un joueur a été touché directement, a-t-il rappelé. À ce moment-là, c’était la sonnette d’alarme la plus importante. À partir de là, c’est l’effet domino. Dans le cas des autres ligues, on est allé morceau par morceau. Le monde du sport est très conservateur. Il y a beaucoup de sous en ligne, il y a les droits de télévision, les commanditaires. Dans l’ensemble, ils s’en sortent plutôt bien parce qu’une fois l’annonce de la NBA faite, ça s’est mis à débouler.

À court terme, la LNH et la NBA sont des ligues qui souffriront particulièrement puisqu’elles pourraient être privées des revenus générés durant les séries éliminatoires.

Dans la Ligue nationale de hockey, c’est une business qui compte énormément sur les revenus de la billetterie. Je doute qu’une finale de la Coupe Stanley ait lieu en plein milieu du mois de juillet… Tout le monde est touché, tout le monde a un impact. C’est peut-être les plus petites organisations, les plus petites ligues qui vont souffrir.

Les joueurs pas épargnés

L'économiste Philip Merrigan abonde dans le même sens que son collègue Jean Gosselin.

Les revenus des séries sont fondamentaux, ils font la différence entre une bonne et une mauvaise année, a-t-il ajouté. Les équipes établies dans de petits marchés seront beaucoup plus touchées en matière de proportion, tandis que des équipes comme Toronto perdront beaucoup plus d’argent.

Le professeur au département des sciences économiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) note que la poire sera coupée en deux entre les joueurs et les propriétaires de la LNH et de la NBA puisque les revenus « vont beaucoup baisser ».

Selon la convention collective, à la fin, ça doit être 50-50, à cause de la fameuse fiducie, a indiqué Merrigan. Les joueurs mettent de l’argent en fiducie, mais cette fois-ci, probablement, ils devront en remettre beaucoup aux propriétaires. En tout, ce sera des pertes de plusieurs centaines de millions [de dollars].

Il faut que ça finisse 50-50, donc si jamais il y a une perte de 500 millions ou d’un milliard [de dollars] d’ici la fin de l’année, ce sera séparé en deux entre les joueurs et les propriétaires. C’est dans la convention [collective], ils ne peuvent pas se sortir de ça, à moins qu’il y ait des clauses extrêmement particulières. C’est la même chose au basketball.

Philip Merrigan, professeur au département des sciences économiques à l'UQAM

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