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Cette Canadienne qui ouvre la porte aux femmes dans la NFL

Elle tient un ballon en souriant.

La Canadienne Samantha Rapoport

Photo : NFL / Eric Espino

Les femmes suivent plus que jamais les activités de la NFL. La Canadienne Samantha Rapoport y est pour quelque chose. Son dur labeur entamé il y a près de deux décennies rapporte des dividendes.

La Ligue nationale de football a annoncé au début de mars, peu avant la Journée internationale des droits des femmes, que 47 % de ses adeptes sont des femmes, pour un total de 88 millions de supportrices, du jamais-vu.

La popularité grandissante du football américain auprès des femmes se traduit notamment par une présence accrue dans la NFL, qui plus est dans des postes névralgiques d'opérations sportives.

Plus de femmes ont visionné le Super Bowl LIV que les dernières cérémonies des Emmy, des Grammy et des Oscars combinées.

Samantha Rapoport, directrice principale à la diversité et à l’inclusion de la NFL, a défriché le terrain pour des pionnières : les entraîneuses Kathryn Smith, Katie Sowers et Jennifer Welter, de même que l’arbitre Sarah Thomas, pour ne nommer que celles-là. Une grande satisfaction pour elle, mais le travail est loin d’être achevé.

Je pense que les entraîneuses et les recruteuses, qui sont sur le terrain, sont celles qui brisent les barrières et sont les vrais modèles. Il y a aussi plusieurs femmes qui occupent un poste de direction dans des équipes et qui tentent de placer ces entraîneuses et ces recruteuses dans une position favorable pour réussir, dit-elle, ravie.

Elle fait entre autres référence à Kim Pegula, copropriétaire des Bills de Buffalo aux côtés de son mari Terry. L'organisation est réputée dans la NFL pour ouvrir ses portes à la gent féminine et pour jouer un rôle de précurseur à ce chapitre.

Parmi les sept femmes qui ont jusqu'ici obtenu un emploi à temps plein dans un groupe d'instructeurs, près de la moitié ont eu leur première chance avec les Bills : Kathryn Smith (contrôle de la qualité des unités spéciales) en 2016, Phoebe Schecter (entraîneuse adjointe des ailiers rapprochés) en 2018 et Callie Brownson (entraîneuse adjointe de l'attaque) en 2019.

Ils sont assis dans des fauteuils.

Steve Wyche, Bruce Arians, John Harbaugh, Sean McDermott et Ron Rivera ont pris la parole lors de l'événement Women’s Careers in Football Forum, en 2019, qui s'est tenu à Indianapolis pendant le camp d'évaluation de la NFL.

Photo : Twitter/Sam Rapoport

L'entraîneur-chef Bruce Arians a fait beaucoup pour les femmes dans la NFL.

Le double lauréat au titre d'entraîneur de l'année a accueilli Jennifer Welter (stagiaire comme assistante à l'entraîneur) avec les Cardinals de l'Arizona en 2015, ainsi que Lori Locust (entraîneuse adjointe de la ligne défensive) et Maral Javadifar (entraîneuse adjointe au conditionnement physique) avec les Buccaneers de Tampa Bay en 2019.

Une embauche féminine, tant dans la NFL que dans les autres circuits majeurs nord-américains, attitre toujours l'attention. C'est une arme à double tranchant, selon Rapoport.

Nous essayons de minimiser les projecteurs qui se tournent vers elles pour simplement les laisser faire leur travail, s’intégrer et contribuer à l’équipe, dit-elle. Mais la ligne est mince puisque l’attention qu’on leur porte inspire d’autres ligues, d'autres équipes à engager des femmes.

Concrètement, la tâche première de la Vancouvéroise, qui a grandi à Ottawa, est de s’assurer que les femmes et les personnes issues des minorités visibles ne se cognent pas le nez sur une porte close lorsqu’elles postulent pour un emploi.

Et cela passe par la création d’un bassin de femmes disposées à travailler dans la NFL pour ultimement qu'elles accèdent à des postes qui appartiennent traditionnellement à des hommes, ajoute-t-elle.

Ledit bassin est en constante expansion, et le déménagement de Rapoport vers New York, où se trouvent les bureaux de la ligue, en 2003 n’est pas étranger à cette croissance.

Le sport se rattrape pour ce qui est d'engager la meilleure personne disponible pour un emploi. De plus en plus, les ligues sportives se rendent compte qu’auparavant, elles ne considéraient que la moitié de la population, et pas les personnes issues des minorités visibles ni les femmes. Si l’ensemble n’est pas envisagé, il n’y a aucun moyen d’être les meilleurs.

Samantha Rapoport, directrice principale à la diversité et à l’inclusion de la NFL

La place des femmes dans la NFL en 2019 (Nouvelle fenêtre) :

  • Dans les bureaux de la ligue : 36,8 % (346), +1,8 % par rapport à 2018;
  • Vice-présidente : 20,7 % (76), +2,5 %;
  • PDG ou présidente : 4,9 % (2), +1,9 %;
  • Entraîneuse adjointe : 0,3 % (2);
  • Arbitre : 0,8 % (1);
  • Entraîneuse-chef, DG ou directrice du personnel des joueurs : 0 %.
Elle assiste à une conférence.

Samantha Rapoport

Photo : LCF / Matt Twohig/Cultivator Lab

À New York

Samantha Rapoport a dû faire preuve d’innovation dans sa façon de se présenter dans son curriculum vitae afin de susciter l’intérêt du comité d'embauches de la NFL.

Après un rejet en 2002, j’ai essayé d’être la plus créative possible avec ma demande de stage suivante, se remémore-t-elle. Je savais que je devais ressortir du lot parce que je ne connaissais personne dans ce secteur d’activités. Je suis Canadienne, il y avait plusieurs barrières à surmonter.

Comment procéder? Avec l'équivalent d'une passe « Hail Mary ».

Afin de maximiser ses chances d'obtenir un stage en marketing dans la NFL, Samantha Rapoport a joint à son C. V. un ballon de football où elle y avait inscrit : Quel autre quart-arrière peut lancer avec précision un ballon de football sur 386 milles?

Touché! L’attention de la NFL a été captée, et la voie que Rapoport voulait emprunter dès le début de l’adolescence s’est ouverte devant elle.

J’ai vraiment su que le sport faisait partie intégrante de ma vie à un jeune âge, quand j’avais à peu près 12 ans. Ma passion pour la NFL était si grande, je savais déjà que c’était la seule chose que je voulais faire dans ma carrière professionnelle : travailler dans le monde du football, indique-t-elle.

Rapoport n’avait pas oublié de faire mention, dans sa demande de stage, de son expérience dans les trois branches du sport le plus suivi aux États-Unis, soit le football drapeau, le football-toucher et le football avec plaqués.

D’abord receveuse de passes, elle a été mutée à la position de quart-arrière. Un poste qui lui sied à merveille.

J’aime tous les aspects de ce sport, le leadership qu’un quart doit exercer, la confiance que cela me procure, explique-t-elle. Toutes mes dissertations au secondaire traitaient du football, les murs de ma chambre étaient tapissés de football. Ce sentiment est toujours bien ancré chez moi, j’estime que c’est le sport d’équipe par excellence.

La diversité est bien présente dans une équipe, on n’a qu’à regarder les différentes positions, tous les caractères distincts qu’il faut avoir dans une formation pour qu’elle atteigne le succès, enchaîne Rapoport. C’est l’un des éléments que j’adore dans le football.

Elle pose devant un présentoir de trophées.

Samantha Rapoport

Photo : NFL

Montréal, lieu d’apprentissage

Ses années vécues à Montréal, où elle a décroché un baccalauréat en kinésiologie à l'Université McGill, l'ont aidée à se joindre à la NFL.

Il y a une longue histoire entre la famille de Rapoport et la prestigieuse institution anglophone. La présence d’une équipe de football drapeau intramural a conforté son choix et a contribué à son ascension dans les hautes sphères de la NFL.

C’est comme ça que j’ai pu être engagée dans une équipe professionnelle de football. Le propriétaire du Blitz [de Montréal] est venu faire du recrutement à l’Université McGill, il m’a vue jouer et j’ai obtenu un essai avant d’intégrer l’équipe. Cette expérience m’a grandement aidé à décrocher un emploi dans la NFL. Je ne crois pas que je me serais détachée de la compétition si je n’avais pas joué au football avec contacts.

Samantha Rapoport

Lorsque j’ai commencé à jouer pour le Blitz de Montréal, j’ai dû apprendre le football en français, ce qui a été très intéressant. J’étais la quart-arrière et devais donc communiquer avec mes coéquipières. Une grande part des joueuses ne parlaient pratiquement pas l’anglais.

Son premier séjour dans les bureaux de la Ligue nationale de football s’est terminé en 2010, sept ans après son embauche, lorsqu’elle a accepté le défi que lui proposait USA Football (USAF).

Rapoport s’est ainsi attelée au développement de jeunes adeptes du football. Elle a supervisé divers projets et a mis sur pied un programme féminin de football drapeau affilié entre l’USAF et la NFL, lui valant la distinction annuelle du commissaire Roger Goodell en matière d’innovation.

Plus outillée au terme de cette expérience formatrice, Samantha Rapoport a retrouvé la NFL en 2016. Elle continue depuis à travailler à la croissance au féminin de son sport.

Et l'inspiration, elle, émane parfois du Canada, notamment du côté de Catherine Raîche, directrice du personnel et des opérations football des Eagles de Philadelphie. Rapoport aime bien la citer en exemple.

Catherine et moi sommes en contact constant depuis maintenant trois années. Elle avait su inspirer tant de femmes lors d’une conférence qu’elle a donnée il y a deux ans dans le cadre d’un événement d’intégration à la NFL [Women’s Careers in Football Forum, NDLR], affirme-t-elle avec fierté.

Nombre de femmes se sont inspirées d’elle au Canada. Et maintenant, elle en fait de même [aux États-Unis] avec les Eagles. Son avenir dans le football est exceptionnellement brillant. Plusieurs collègues des Eagles ont mentionné qu’il s’agit d’une addition remarquable.

Samantha Rapoport
Elle parle dans un micro.

Samantha Rapoport

Photo : La Presse canadienne / AJ Mast

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