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La soupe chaude et les pee-wee

Claude Julien se pince les lèvres.

On ne compte plus les fois cette saison où Claude Julien a simplement avoué ne plus avoir d’explications pour la tenue de son club.

Photo : Radio-Canada

Alexandre Gascon

Claude Julien, exaspéré, à bout de réponses, livide, a explosé en conférence de presse après la défaite contre les Rangers, au point où il serait étonnant que sa sainte colère ne laisse aucune trace.

Carey Price est-il fatigué, a suggéré un journaliste à l’entraîneur? Question légitime lorsque votre gardien, qui est le plus utilisé de la LNH, obtenait un 11e départ d’affilée et un 17e lors des 18 derniers matchs.

La réponse est tombée, cinglante.

« Je ne vais même pas aller là. […] Posez des questions qui ont du sens. Il a eu une journée de congé entre chaque match et il ne patine pas le matin du match. Il a fait des arrêts incroyables ce soir. On va regarder un but qui l’a traversé et on va se demander : "Est-il fatigué"? Qu’est-ce qu’on fait des arrêts qu’il a faits. Come on, les gars », a lancé Julien.

De multiples raisons expliquent l’agacement du patron devant cette question. Le fait qu’elle ait été posée après une prestation presque sans faille du gardien vedette, coupable d’une seule défaillance malheureusement survenue sur le but gagnant, a probablement décuplé sa frustration.

La soupape de sécurité a sauté. Bon, ça arrive, surtout dans une saison de misère comme celle que vit le Canadien. À ce moment, Julien défendait son joueur en plus. Mais deux minutes plus tôt, il avait dit ceci : « On ne peut pas jouer pour les joueurs. Il faut que la décision vienne d’eux. D’arrêter de dire qu’ils manquent de confiance et de commencer à jouer de la bonne façon. Il n’y a rien d’autre que je peux dire », a-t-il laissé tomber.

Un aveu d’impuissance, une critique de l’engagement de sa troupe. Le genre de chose qui ne passe pas inaperçue, surtout lorsque c’est récurrent.

Bien honnêtement, le CH n’a donné aucun signe de capitulation jusqu’à présent. Il se bat avec ses maigres moyens, clairement pas à la hauteur de ses ambitions cela dit, mais il lutte malgré tout. Voilà le signe d’une équipe qui appuie son entraîneur, qui croit toujours en lui. Ça ne semble pas réciproque présentement.

Perdre patience

Le 18 février, à Détroit, après une autre avance de deux buts échappée contre la pire formation de la ligue, Julien avait déjà dit une première fois : « Je ne peux pas mettre mes patins et jouer à leur place. »

« On recherche une équipe qui va jouer de la même façon pendant 60 minutes, mais on ne semble pas capables de le faire. C’est affreux », avait-il dit.

Le 7 janvier, après un autre séjour perdant dans le fief de Steve Yzerman, il s’en était pris au niveau d’engagement des joueurs.

Lorsqu’on lui a demandé de préciser sa pensée, il s’est emporté. « Tu connais le hockey? Tu sais c’est quoi un engagement? C’est aussi simple que ça », avait-il répondu.

Et on ne compte plus les fois cette saison où Julien a simplement avoué ne plus avoir d’explications pour la tenue de son club. Combien de fois un entraîneur peut-il perdre patience envers ses joueurs en public? Possible qu’on soit sur le point de le vérifier.

Personne dans un vestiaire de la ligue nationale ne prendra ombrage d’une bonne vieille colère lancée au visage des journalistes. Ça devient plus épineux si les joueurs sont directement critiqués. Ce l’est davantage encore lorsque l’entraîneur s’exclut du problème, ce que fait Julien actuellement.

ILS ne comprennent pas ce que JE demande. Julien sait parfaitement que ce jeu est dangereux. Il y joue quand même.

Son équipe a perdu 13 matchs après avoir mené par deux buts. Elle s’est inclinée dix fois lorsqu’elle menait après 40 minutes de jeu (18-6-4), un sommet dans la ligue. Le message a beau être martelé, visiblement les joueurs y sont imperméables, ou simplement incapables de corriger le tir, et la patience de l’entraîneur a atteint ses limites.

À ses yeux, cette « petite peur en arrière de [leurs] têtes », comme l’a illustré Phillip Danault, ne justifie plus les déboires pourtant maintes fois identifiés et les nombreuses tentatives inefficaces pour y remédier.

« On ne peut pas avoir peur chaque fois avec l’avance, sinon ils sont aussi bien de scorer le premier but », a laissé tomber Danault.

Price est surutilisé

Carey Price

Carey Price se tient debout derrière le banc des joueurs après avoir été retiré du match au profit d'un sixième patineur en fin de troisième période, contre les Rangers de New York

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« Nous ne devrions pas y penser. Nous devrions continuer à jouer de la même façon. Depuis le niveau pee-wee, nous apprenons à jouer comme si le pointage était de 0 à 0 même quand nous menons par quelques buts », s’est exclamé Price.

Difficile de dire à qui s’adressait ce message exactement. Ses coéquipiers? L’entraîneur? Les deux?

Price est simplement épuisé de perdre. Voilà belle lurette qu’il ne semble plus prendre aucun plaisir à cette morne campagne. Le gardien est surutilisé.

Ce 11e départ de suite, contre les Rangers, est la plus longue séquence du genre cette saison. Aucun portier n’a passé autant de temps sur la glace et, bien qu’il soit spectaculaire par moments, on dénote quelques petits écarts de concentration à l’occasion.

Dans ses 7 derniers matchs, il présente une fiche de 2-3-2, une moyenne de 3,12 et une efficacité de ,894.

Il ne le dira jamais, mais peut-être trouve-t-il ridicule de devoir disputer tous les matchs, à 32 ans, dans ce qui est clairement une cause perdue.

À la fin de la dernière saison, Price avait rappelé qu’il lui restait moins de temps devant lui et ne voulait pas devenir ce joueur incapable de ne serait-ce que s’approcher de la Coupe Stanley.

Onze mois ont passé et il en est plus loin que jamais. Au-delà de ses colères du juste, c’est peut-être ce qui a de moins rassurant pour l’avenir de l’entraîneur.

En rafale

Charles Hudon est arrivé à Montréal jeudi matin pour y disputer son premier match dans la LNH depuis le 6 décembre.

Le Québécois a confié qu’il était particulièrement nerveux avant la rencontre, plus qu’à l’habitude, au point où il a appelé sa famille pour essayer de comprendre ce qui se passait.

Il devait partir de Belleville mercredi soir, mais le chauffeur n’a pas voulu prendre la route de nuit et le Canadien a dû lui envoyer une autre voiture en soirée qui l’a ramené le lendemain.

Sa première présence sur la glace a eu lieu en supériorité numérique, où il a obtenu une belle occasion de lancer à la réception, mais a simplement fendu l’air.

Au bout du compte, Hudon a joué pendant 11 min 42 s, n’a pas tiré au filet et termine la soirée avec un différentiel de -1.

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