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COVID-19 : les recommandations de l'OMS en vue des Jeux de Tokyo

Le drapeau olympique flotte devant le logo des Jeux de 2020.

Jeux olympiques de Tokyo

Photo : Getty Images / KAZUHIRO NOGI/AFP

Radio-Canada

Le COVID-19 complique grandement la présentation de certaines compétitions sportives. Certaines sont annulées, d'autres reportées en prévention du virus. Les Jeux olympiques de Tokyo, en juillet, sont-ils à leur tour en péril? La question a été posée par Radio-Canada Sports à Fadela Chaib, une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une entrevue de Robert Frosi

Q. - Quels sont les risques de propagation du COVID-19 au cours d'un grand rassemblement sportif?

R. « Le risque zéro n’existe pas! Il est important de rappeler que le risque ne peut jamais être totalement exclu avec un rassemblement de masse. Les organisateurs d’événements et les autorités nationales doivent prendre des décisions proportionnées, factuelles sur ce type de questions.

L'OMS a une très longue tradition de collaboration avec des pays et des organisations internationales qui planifient des rassemblements de masse afin de leur fournir des conseils, des orientations fondées sur des arguments scientifiques en matière de santé publique.

Pour vous donner un exemple, nous sommes très présents lors de grands événements religieux, comme le pèlerinage à La Mecque. J’ai personnellement fait partie des délégations de l'OMS qui vont à La Mecque pour voir comment l'Arabie saoudite prépare ce grand événement qui regroupe de deux à trois millions de pèlerins pour minimiser au maximum les risques de mortalité. »


Q. - Quel est le rôle de l'OMS face à cette crise?

R. « Comme je vous le disais, le risque ne peut jamais être totalement exclu, mais il n'appartient pas à l'OMS d'annuler ou de ne pas annuler un événement qu'il soit sportif ou religieux. Ce qui est important, c'est vraiment que les organisateurs mettent en équilibre les risques et les bénéfices, et surtout se préparent avant, pendant et après cet événement pour minimiser les risques.

On ne peut pas non plus fermer nos portes à tous les événements, à toutes les festivités. Il faut continuer à vivre, à faire ce qu'il faut faire tout en prenant les mesures pour minimiser les risques. Comme je l'ai dit, ce n'est pas à l'OMS de se prononcer pour ou contre la tenue d'un événement. Les pays sont souverains pour prendre les décisions qui sont les meilleures pour leur population et leur pays, et l'OMS se tient toujours à disposition des pays pour les aider à minimiser les risques. »


Q. - Si les Jeux olympiques devaient avoir lieu demain à Tokyo, et compte tenu de la propagation rapide du COVID-19, qui touche de plus en plus de pays, quels conseils donnerait l'OMS?

R. « L'OMS a établi une collaboration durable avec les grandes organisations internationales sportives. Par exemple, nous avons une équipe qui travaille depuis longtemps avec le Comité international olympique (CIO), pas seulement à cause du COVID-19. Mais depuis des décennies nous avons établi des collaborations avec ces grands organismes, dont le CIO.

Alors, que peut-on faire? Tout d'abord, renforcer les messages de prévention, se laver les mains, avoir une hygiène et une éthique respiratoire adéquate, sans oublier la sécurité alimentaire et tous les messages de santé que l'on peut propager avant, pendant et après ces événements pour que les spectateurs puissent savoir ce qui convient de faire et aussi se tenir prêt à détecter des cas de coronavirus ou autres types de maladies, car il n'y a pas que le coronavirus.

On a vu lors de rassemblements sportifs des empoisonnements alimentaires ou autres. On a, par exemple, surveillé à un moment les pèlerins qui venaient d'Afrique lors de l'épidémie du virus Ebola. Nous avons beaucoup d'expertises dans ce domaine. Mais je vous le répète, c'est aux pays de prendre eux-mêmes les décisions d'annuler ou pas les événements sportifs ou autres, et l'OMS se tient à leur disposition pour les orienter. »

Q. - Est-ce que vous pouvez nous confirmer que depuis la crise du COVID-19 vous êtes en contact avec le CIO?

R. « Certainement. Comme je vous l'ai dit, nous avons une collaboration avec les organismes qui organisent des événements sportifs d'envergure, comme les Jeux olympiques. Nous travaillons avec le CIO depuis de très longues années, nous avons même des équipes d'épidémiologistes, des personnes de plusieurs spécialités qui vont sur place.

Par exemple, nous étions aux Jeux olympiques de Rio. Nous avons travaillé avec l'équipe médicale du Carnaval de Rio. Depuis une vingtaine d'années, nous sommes systématiquement présents lors de tous les Jeux olympiques. Notre collaboration est continuelle, COVID-19 ou pas, car ce n'est pas le seul risque sanitaire qui a existé, qui existe ou qui existera.

Donc, le plus important, c'est d'avoir une continuité avec tous ces organisateurs d’événements sportifs et bien sûr les pays qui les accueillent. Le sport, c’est beau, nous sommes pour le sport. Mais encore une fois, c'est au pays de prendre eux-mêmes des décisions que nous espérons proportionnées, factuelles, limitées dans le temps afin que la vie ne s'arrête pas, que les Jeux se poursuivent, mais en prenant les mesures qu'il faut pour minimiser les risques. »

Q - Est-ce que vous ressentez une certaine inquiétude face à tous ces rassemblements sportifs?

R. « Bien sûr, bien sûr! Nous suivons l'actualité, mais nous sommes aussi conscients qu'il y a beaucoup de confusion. Il y a même des gens qui nous appellent et nous questionnent, comme cette personne qui devait partir en voyage de noces et qui nous demandait s'il était préférable d'annuler son voyage.

Il y a beaucoup de questionnements qui sont légitimes. Mais le plus important, c'est de suivre l'information, de se fier aux sources fiables concernant le COVID-19. C'est vrai que c'est un nouveau virus qui fait peur, mais n'oublions pas que le foyer le plus important est la Chine, et que là-bas on a mis en place des mesures drastiques pour pouvoir le contrôler.

Malheureusement, et comme on s'y attendait, le virus a maintenant atteint plus de 33 pays. Et même si le foyer principal reste la Chine, il y a maintenant des cas plus inquiétants en Iran, en Italie, en Corée du Sud. Alors, nous pouvons comprendre tous ces questionnements. Mais l'essentiel est de suivre les informations fiables et que les pays se préparent à mieux riposter à cette épidémie et à informer leur population. »

Écoutez la chronique de Robert Frosi à Midi info ici

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