•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Canadien coincé entre l’arbre et l’écorce

Les joueurs écoutent leur entraîneur.

Claude Julien s'adresse à ses joueurs à l'entraînement.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Charest

Alexandre Gascon

Officieusement, le Canadien est éliminé. Officiellement, l’organisation n’est pas prête à l’admettre. Ce fossé empêche pour le moment Claude Julien d’enseigner en fonction de l’année prochaine.

La LNH n’est pas une ligue de développement, entend-on souvent, à juste titre. C’est rigoureusement exact, sauf en de rares exceptions. Une élimination prématurée fait partie de ces cas de figure.

Les entraîneurs de la Ligue nationale ont très rarement l’occasion de prioriser les intérêts individuels et le développement personnalisé par rapport au succès collectif. Ce mois de mars représente une de ces occasions pour Julien.

Il est encore parfaitement normal d’entendre Shea Weber affirmer « on n’est pas morts »; il en va de la responsabilité du capitaine, qu’il prend d’ailleurs très au sérieux en ne ménageant aucun effort à l’entraînement, bien qu’il soit encore handicapé par son entorse à la cheville.

C’est le message véhiculé par l’équipe. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et « tant qu’il y a de l’espoir, on va coacher pour gagner », a résumé simplement l’entraîneur.

Julien répondait alors à une question concernant l’utilisation de ses gardiens. Carey Price a amorcé 16 des 17 derniers départs du club et à entendre son patron, il n’a pas terminé sa lancée. Diriger pour gagner exige donc, à ses yeux, de ne pas utiliser son gardien auxiliaire. Léger problème.

Price serait probablement le premier bénéficiaire de quelques soirées de congé, pas seulement pour ses performances cette saison, mais surtout pour celles à venir, son contrat s’étirant, rappelons-le, jusqu’en 2026.

Une tâche allégée permettrait à Charlie Lindgren, le pauvre, de voir un peu d’action ou peut-être même à Cayden Primeau d’être rappelé, puisque participer aux séries éliminatoires dans la Ligue américaine n’est clairement pas apparu comme une priorité lors du point de presse de Marc Bergevin, lundi.

Jake Evans maintenant. Il vient tout juste de débarquer pour son deuxième séjour à Montréal. Impressionné par le jeune homme lors de son premier passage, Julien ne cache pas son respect pour son intelligence du jeu et pour sa maturité.

Mardi soir face aux Canucks, Evans a eu droit à tout près de 10 minutes de glace, mais pas une seule seconde en désavantage numérique, département duquel il doit devenir spécialiste pour s’ancrer dans la LNH. Vrai qu’il n’y a eu que 99 secondes de jeu en infériorité, mais si Julien dirigeait uniquement en fonction de l’avenir, il aurait eu le choix. Dans ce contexte, il n’en avait pas.

« (Jouer dans la LNH), c’est une occasion pour lui d’acquérir de l’expérience et la seule façon de faire ça, c’est de jouer. J’essaie de faire ça, mais j’essaie aussi de gagner des matchs. Aussi longtemps qu’on voit un peu d’espoir, on va continuer à faire ça. À un moment donné, s’il n’y a plus d’espoir, on le verra sûrement dans plus de situations », a expliqué le pilote du Tricolore.

De son côté, Nick Suzuki est parvenu à réconcilier développement et performance cette saison. Il a amorcé sa carrière à l’aile droite du quatrième trio et est parvenu à se hisser au centre du deuxième en quatre mois à peine.

Il reçoit les félicitations de ses coéquipiers au banc.

Nick Suzuki (centre)

Photo : Reuters / Eric Bolte

Le temps de glace est le baromètre ultime de la confiance d’un entraîneur envers un joueur et Julien, comme tous les entraîneurs de la ligue, récompense ses poulains méritants de cette façon.

Le Franco-Ontarien a longtemps eu la réputation d’un entraîneur malhabile avec les jeunes, ce que réfute d’un souffle Suzuki.

« Il a été bon pour moi. Chaque fois que je jouais bien, il m’a fait confiance pour faire le travail. Quand j’avais une mauvaise soirée, il était vraiment intelligent avec moi et toujours en train d’essayer de me montrer le bon exemple. Il m’a placé à côté de Phil (Danault) dans le vestiaire et j’ai appris de lui et d’autres en les regardant faire », a expliqué l’Ontarien de 20 ans mercredi.

« Au début de l’année oui (j’avais peur de faire des erreurs). J’essayais juste de trouver ma place et comprendre comment je pouvais aider cette équipe. Ma confiance était basse. Quand j’ai compté mon premier but, ç'a changé [...] J’ai joué dans des situations incroyables cette année. Deuxième trio, avantage numérique, désavantage numérique. Il m’a donné des tas d’occasions pour avoir du succès et lui montrer que je peux faire le travail », a-t-il raconté.

Du 29 décembre au 10 février, Suzuki jouait en moyenne 18 min 5 s par rencontre, soit le quatrième temps d’utilisation parmi les attaquants du Canadien. La recrue a inscrit 15 points en 20 matchs durant cette séquence, le plus haut total après les 19 de Tomas Tatar.

L’on a toutefois senti un ralentissement, prévisible, au cours des deux dernières semaines. Son temps de glace a chuté à 15 min 47 s au cours des huit derniers matchs. Il a commis quelques bévues, dont une, magistrale, contre les Red Wings, qui a peut-être coûté un point ou deux à son équipe.

Le genre de gaffes sur lesquelles un entraîneur passe l’éponge lorsqu’il pense à l’avenir, mais resserre l’étau lorsqu’il veut gagner à tout prix.

Plus vite l’organisation reconnaîtra son échec au-delà de la très faible chance mathématique qui lui reste, mieux s’en porteront ses jeunes joueurs.

En rafale

Le Canadien de Montréal a annoncé mercredi que Victor Mete ne sera pas de retour au jeu avant la fin de la saison. Le défenseur est aux prises avec une fracture au pied gauche.

Il tient son bâton dans la main droite et patine.

Victor Mete

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Mete a subi cette blessure le 18 février dernier contre les Red Wings à Détroit. L'arrière gaucher de 21 ans a amassé 4 buts et 7 passes en 51 matchs à sa troisième campagne dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Il a connu la meilleure saison offensive de sa carrière professionnelle lors de la campagne 2018-2019 avec une récolte de 13 points, uniquement des passes.

Mete a trouvé le fond du filet pour une première fois dans la LNH le 17 octobre dernier contre le Wild du Minnesota au Centre Bell.

Par ailleurs, Max Domi et Jonathan Drouin ont profité d'une journée de traitements et se sont absentés de l'entraînement. Julien n'a pas pu confirmer si ses deux attaquants allaient être disponibles pour affronter les Rangers jeudi soir.

À lire aussi :

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports