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Départager l'essentiel du superflu

Il pousse un adversaire.

Tyler Toffoli (à gauche) a marqué le filet vainqueur.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Alexandre Gascon

Rien ne change, disait Ben Chiarot mardi matin. Il avait raison. L’effort, le désir de vaincre, l’acharnement du Canadien n’a pas changé. Le résultat non plus.

Des vétérans, des joueurs utiles venaient de quitter l’équipe, d’autres allaient les remplacer et Chiarot rappelait que le CH se rapprochait des Maple Leafs et n’abandonnerait jamais.

Quelques heures plus tard, sa bande a gaspillé deux avances contre les Canucks de Vancouver. C’était la quatrième fois en février seulement que le Tricolore laissait un avantage considérable lui filer entre les doigts pour s’incliner devant ses rivaux : deux fois en temps réglementaire, deux fois en prolongation.

Il se réveille mercredi à sept points des Leafs et du 3e rang de la Division atlantique. Il aurait pu ajouter six points à sa récolte en remportant chacun de ses matchs perdus, on le répète, uniquement au mois de février. Faites le calcul.

D’autres chiffres? Les hommes de Claude Julien forment la pire équipe de la ligue lorsqu’ils mènent après deux périodes. Ils ont baissé pavillon à neuf occasions (0-5-4).

Voilà la marque d’une équipe fragile qui comptait pourtant sur tout son noyau contre les Canucks. Ce noyau en qui Marc Bergevin a réitéré sa confiance, mais à qui, visiblement, il faudra greffer quelques atomes, crochus de préférence.

Pourquoi tous ces retournements de situation pendant la saison?

« Si on avait la formule, on l’aurait appliquée depuis longtemps », s’est exclamé Jordan Weal.

« C’est difficile, c’est frustrant, je suis sûr que les partisans sont frustrés. On veut tellement gagner, on a tellement de gars qui veulent gagner. On essaie aussi fort qu’on peut, on a des avances… C’est dur, c’est vraiment dur », a ajouté l’attaquant.

Soit Julien et ses joueurs sont à court d’explications depuis un moment, soit ils ne peuvent tout simplement pas dévoiler ces causes publiquement.

« La défaite est arrivée pour certaines raisons. Que ce soit des erreurs ou peu importe. L’attitude était bonne. L’effort a quand même été là. »

Voilà, résumé en quelques mots, ce à quoi il faudra s’attendre pour les 17 matchs restants. La qualité de l’effort, car il ne sert à rien de faire grand cas du résultat.

Cela dit, si le sort de l’équipe est scellé, ce n’est pas le cas pour tous ceux qui la composent.

La démonstration de Domi

Le cœur du noyau de Bergevin est facile à déterminer : Shea Weber, Carey Price et potentiellement Brendan Gallagher et Nick Suzuki. Dans une moindre mesure, vous retrouvez Phillip Danault et Jeff Petry. Peut-être Paul Byron.

Alors, qu’en est-il de Jonathan Drouin, qui, soit dit en passant, a l’air d’un bien triste sire ces jours-ci autant quand on le croise dans le vestiaire qu’à le voir aller sur la glace?

Il enjambe son adversaire.

Max Domi a donné une solide mise en échec à Quinn Hughes en début de rencontre.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Et qu’en est-il de Max Domi? Depuis deux matchs, le numéro 13 excelle dans pratiquement toutes les facettes du jeu et s’est avéré une menace constante pour l’adversaire tout en amassant deux buts et deux passes.

Or, l’émergence de Nick Suzuki l’a repoussé pour le moment au centre du troisième trio, bien qu’on ne le protège pas pour autant. Son trio, avec Paul Byron et Jordan Weal, a principalement affronté celui de Bo Horvat et le duo Quinn Hughes-Chris Tanev en défense.

Le Canadien a contrôlé 89 % des tirs au but lorsque Domi affrontait Hughes. Son trio a réussi deux buts et n’en a accordé aucun si l’on fait abstraction du trois contre trois en prolongation.

Son efficacité au centre, la position qu’il convoite, qu’il souhaite conserver, mais que l’organigramme du CH ne lui permet pas d’espérer, n’est plus à prouver. Domi est beaucoup plus productif dans l’axe que sur l’aile.

Pire, plus tôt cette saison, il a boudé quand Julien l’a placé à l'aile. Son entraîneur ne comprenait pas pourquoi, et il n’avait pas hésité à confier son étonnement aux journalistes. Le fils de Tie ne parvenait pas à utiliser son principal atout, sa vitesse, à l’aile gauche. Normalement, délesté de certaines responsabilités en défense, cela aurait dû lui être encore plus naturel. Mais ça ne s’est pas produit.

Weal, qui a beaucoup d’expérience dans le changement de position, a offert une réflexion intéressante sur la question.

« À l’aile, tu n’as pas aussi souvent la rondelle. Comme joueur de centre, tu arrives de l’arrière. Tu vois tout. Comme ailier, tu as des gars en avant et en arrière de toi, alors tu dois t’occuper des deux. Comme joueur de centre, tu arrives de plus bas et tu vois tout devant toi. J’ai joué toute ma carrière junior et toute ma carrière dans la Ligue américaine, 700 matchs, comme centre. Dans la LNH, en allant sur l’aile, j’ai fini par comprendre les nuances », a-t-il expliqué.

Domi ne les a pas encore comprises ou ne souhaite pas les comprendre. C’est à se demander s’il y parviendra un jour. La réponse à cette question pourrait lui permettre de se greffer aux joueurs irremplaçables de cette formation, même si ça apparaît de plus en plus improbable.

Au bout du compte, seul Bergevin est au courant des issues possibles. On le saura bien assez tôt.

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