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La RACJ réclame une suspension de 90 jours contre le Groupe Yvon Michel

Il donne une entrevue.

Yvon Michel

Photo : Radio-Canada

Jean-François Chabot

Si la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) a gain de cause dans sa poursuite contre le Groupe Yvon Michel (GYM), le permis du promoteur pourrait être suspendu pour 90 jours.

Au terme de trois journées d’audience, le Groupe Yvon Michel (GYM) fait maintenant face à la longue attente d’un verdict dans la cause qui l’oppose à la RACJ.

Les dernières représentations légales des avocats des deux parties ont été tenues, mardi, au neuvième étage du palais de justice de Montréal.

D'un côté, la Régie réclame une suspension de permis de 90 jours pour les manquements aux règles reprochés à GYM, tandis que la défense allègue l’absence totale de preuve pouvant soutenir les faits qui sont reprochés à son client.

En matinée, Me Joliane Pilon, procureure de la RACJ, a pendant près d’une heure et demie tenté d’expliquer comment, soit par négligence ou de manière intentionnelle, GYM avait enfreint les règles en matière d’organisation d’événement et avait nui au bon renom du sport.

La poursuite a mis en lumière la présence de motards criminels à l’intérieur du périmètre de sécurité autour du ring lors de la soirée du 20 septembre 2019 tenue au Centre Pierre-Charbonneau.

Elle a souligné à grands traits le recours à des préposés à la sécurité recrutés hors des agences reconnues et la tenue de ce qu’elle a qualifié d’un combat concerté entre Hugo Girard et Patrick Côté, en plus de reprocher à GYM d’avoir servi de prête-nom pour un autre groupe en attente de son permis, en l’occurrence New Era Promotions dirigée par Yan Pellerin.

Dans sa réplique, en après-midi, Me Martin Pichette s’est appliqué à démonter la thèse de la poursuite qu’il a décrite comme étant basée sur des reproches.

Pour celui qui parlait au nom d’Yvon Michel, il est capital que les juges administratives de cette cause s’appuient sur des faits plutôt que sur des conjectures, des questionnements, des impressions ou des idées préconçues.

Un cours d’histoire

Un long préambule historique a été mis de l’avant par Me Pilon pour expliquer la raison d’être de la RACJ et le bien-fondé des actions qu’elle entreprend pour préserver la bonne marche des choses en matière de sports de combat.

Ce à quoi Me Pichette a répliqué que les façons de faire des années 1970 n’avaient rien en commun avec celles d’aujourd’hui et que le passé n’était pas toujours garant de l’avenir.

Pour parler de l’atteinte présumée au bon renom du sport, les deux avocats ont abordé la notion de la perception de la population en général face à ce que la Régie reproche au Groupe Yvon Michel.

Précisant que la crédibilité de la personne ou l’expertise d’Yvon Michel n’étaient pas remises en cause, Me Pilon a souligné ce qu’elle a appelé les manquements de son organisation.

Elle a déclaré que la vaste expérience d’Yvon Michel aurait dû lui permettre de remarquer la présence d’individus non accrédités à l’intérieur du périmètre réservé aux officiels et aux invités de l’organisateur.

Pour Me Pichette, les reproches faits à l’encontre d’Yvon Michel cachent une attaque directe contre l’intégrité de la personne, de l’homme derrière l’entreprise qu’est GYM.

Me Pilon a conclu en demandant une suspension de 90 jours du permis du Groupe Yvon Michel.

À l’inverse, Me Pichette a estimé qu’il n’existe aucune preuve montrant de façon raisonnable que son client avait porté atteinte au bon renom du sport ni exercé son privilège de détenteur de permis au bénéfice d’un tiers, en l’occurrence Yan Pellerin, de New Era Promotions.

À sa sortie de la salle d’audience, c’est un Yvon Michel soulagé, mais aussi visiblement secoué, qui est venu à la rencontre des journalistes.

Disons que je ne recommanderais pas cette expérience à personne. Ce n’est pas très agréable, mais peut-être qu’il fallait passer par là. Je suis vraiment très content de la façon dont nos avocats ont amené les choses. Ils ont démontré que ce que la Régie amenait était vraiment très mince.

Yvon Michel

Yvon Michel a poursuivi en affirmant qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il ne s’attendait pas à être suspendu.

Je suis convaincu que ça n’ira pas jusque-là. S’il fallait que l’on vive une suspension de 90 jours, on passerait au travers. Mais ce serait pénaliser l’industrie et des boxeurs de chez nous, a-t-il ajouté.

Yvon Michel a conclu qu’advenant une condamnation, il perdrait beaucoup de respect envers la Régie, une institution pour laquelle il a œuvré lors de sa fondation et a participé à des tables de travail pour l’établissement de ses règles.

Si le jugement devait tomber avant le 31 mars, la RAJC souhaite l’annulation du permis et une période de 90 jours sans qu’Yvon Michel puisse déposer une nouvelle demande de permis.

Advenant que la décision tombe après le 31 mars, la RACJ recommande une suspension de 90 jours.

Elle affirme qu’une pénalité plus courte n’aurait que peu d’effet sur les activités de GYM, qui sont souvent réduites durant la période estivale.

Les juges administratives, Me Louise Marchand et Me France Thériault, ont pris la cause en délibéré et rendront leur décision au plus tard dans 90 jours, soit le 25 mai.

Arrangement pour le renouvellement du permis

La journée a commencé avec une requête de la Régie pour que la décision soit rendue plus rapidement étant donné l’échéance du permis actuel détenu par GYM.

Comme tous les permis annuels délivrés par la RAJC, celui de GYM s’étale à date fixe du 1er avril au 31 mars. Or, le 31 mars prochain, Yvon Michel se trouvera encore en attente d’une décision du tribunal et ne pourrait, selon les règles en vigueur, demander un renouvellement.

Habituellement, une personne ayant une cause en cours devant la Régie ne peut procéder à une demande de renouvellement.

C’est pour lui permettre d’opérer normalement jusqu’à la décision du tribunal administratif que les parties se sont entendues pour que GYM dépose une demande de renouvellement hâtif qui n’entrera en vigueur que le 1er avril.

GYM pourra ainsi vaquer à ses opérations et travailler normalement à l’organisation des galas prévus le 21 mars, au Casino de Montréal, et le 28 mars, au Centre Vidéotron de Québec.

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