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chronique

Comme l'a montré David Ayres, une saison de hockey, c’est comme une boîte de chocolats

Il brandit son bâton de gardien pour saluer la foule.

À 42 ans, David Ayres a inscrit une improbable victoire à titre de gardien d'urgence pour les Hurricanes de la Caroline, à Toronto.

Photo : Reuters / USA Today Sports

BILLET - Si Forrest Gump avait joué au hockey, sa mère aurait sans doute été d’accord pour dire qu’une saison de hockey, c’est comme une boîte de chocolats. Parce qu’on ne sait jamais ce qu’on y découvrira.

Samedi soir, à Toronto, le hockey nous a montré son côté le plus romantique. Le genre de scénario qui, lorsque présenté dans un film, soutire des larmes aux sportifs les plus endurcis.

David Ayres, un gardien de 42 ans dont l’emploi consiste à conduire la surfaceuse lors des matchs du club-école des Maple Leafs de Toronto, a été appelé en renfort en toute urgence au milieu de la deuxième période pour défendre le filet des Hurricanes de la Caroline.

Le gardien partant des Hurricanes, James Reimer, s’était blessé au début du match et son partenaire Petr Mrazek est à son tour tombé au combat en milieu de deuxième quand un joueur des Leafs est entré en contact avec lui.

Se retrouvant soudainement sans gardien, et face à l’une des plus redoutables attaques de la LNH, les Hurricanes n’avaient d’autre option que de confier leur filet (pour un demi-match!) à un gardien de ligue de garage.


Les saisons récentes de la LNH sont remplies d’histoires de gardiens amateurs littéralement recrutés à la dernière minute, à qui on a fait signer un contrat d’un jour et qui se sont assis au bout du banc d’une équipe de la LNH en priant très fort pour que le seul gardien en poste ne soit pas blessé.

À la fin de mars 2018, la note avait été poussée un peu plus loin lorsque Scott Foster, un comptable de 36 ans, avait été appelé à défendre le filet des Blackhawks de Chicago pendant 14 minutes pour clore un match face aux Jets de Winnipeg. Les Blackhawks jouissaient toutefois d’une avance confortable dans cette rencontre, et ils étaient assurés de rater les séries éliminatoires.

Il arrête la rondelle avec ses jambières.

Scott Foster se dresse devant Paul Stastny.

Photo : Associated Press / Kamil Krzaczynski

Il y a quatre ans, j’avais écrit que la loi de Murphy allait un jour finir par s’appliquer et qu’on verrait un employé de bureau, un col bleu ou un comptable, être lancé dans la mêlée dans un match déterminant.

C’est un peu ce qu’a vécu David Ayres samedi soir.

Dans la vie de tous les jours, 28 minutes et 41 secondes peuvent s’écouler très rapidement. Mais quand on est placé dans le demi-cercle du gardien de l’équipe visiteuse sur la patinoire du Scotia Bank Arena et qu’on affronte les Maple Leafs dans un match télédiffusé d’un Atlantique à l’autre, comme disait Claude Ruel, les mêmes 28 minutes et 41 secondes durent sans doute une éternité.

Ayres a donné des buts aux Leafs sur les deux premiers tirs auxquels il a fait face. Alors que la pression montait et que l’avance des Hurricanes avait été raccourcie à 4-3, le quadragénaire a toutefois relevé son niveau de jeu et stoppé (parfois de manière spectaculaire) les huit derniers tirs auxquels il a fait face.

Les Hurricanes et les Maple Leafs sont à deux doigts d’être exclus des séries et les deux équipes se battent férocement pour y conserver leur place. À la fin de la saison, si les Hurricanes se qualifient par un ou deux points et que les Leafs ratent l’objectif d’aussi peu, tout le monde se souviendra qu’ils ont été éliminés par un chauffeur de surfaceuse.


De leur côté, les pauvres Blue Jackets de Columbus se rendent compte qu’une difficile, mais fabuleuse, saison peut rapidement se transformer en cauchemar.

Avant même que le calendrier se mette en branle l’automne dernier, un peu tout le monde considérait les Blue Jackets comme une équipe exclue des séries. Après tout, comment pouvaient-ils se remettre de la perte de leur meilleur attaquant, Artemi Panarin, et de leur gardien numéro un Sergei Bobrovsky, qui avait mis les voiles le 1er juillet à titre de joueurs autonomes?

Envers et contre tous, malgré une attaque limitée, les Blue Jackets ont commencé vers la fin de novembre à former l’une des trois meilleures formations de la LNH.

Entre le 20 novembre et le 8 février, les jeunes joueurs de John Tortorellla ont compilé une fiche de 22-9-5 et amassé 49 points de classement. Plus impressionnant encore, leur moyenne de buts accordés par match (1,97) était la moins élevée de la ligue.


Pourtant, les Blue Jackets ne l’avaient pas eu facile durant cette période.

  • Le 14 décembre, Josh Anderson, l’un des plus efficaces attaquants de puissance de la LNH, a été blessé à une épaule et n’est toujours pas revenu au jeu. Au même moment, le troisième défenseur de l’équipe, Ryan Murray, s’est absenté du jeu en raison d’un mal de dos. Il n’est pas encore revenu au jeu.
  • Cinq jours plus tard, le 19 décembre, leur gardien numéro un Joonas Korpisalo s’est blessé à un genou et a dû passer sous le bistouri. Il n’a pas rejoué depuis. Son retour est prévu sous peu.
  • Puis le 31 décembre, c'était au tour du dynamique attaquant français Alexandre Texier de voir son nom inscrit sur la liste des blessés. Lui non plus n’a toujours pas réintégré la formation.

Malgré la perte de ces joueurs importants, les Blue Jackets ont continué à fonctionner à plein régime. Mais leur saison de rêve a probablement encaissé un coup fatal quand leur défenseur numéro un, Seth Jones, s’est fracturé une cheville le 8 février dernier.

L’intervention chirurgicale qui s’en est suivie vaut à Jones environ 10 semaines d’absence, ce qui signifie que la pièce maîtresse de la défense des Blue Jackets ne pourra revenir au jeu d’ici la fin du calendrier.

Or, depuis la blessure de Jones, Columbus a essuyé sept défaites en sept rencontres. Et durant ce court laps de temps, la moyenne de buts accordés du club a d’ailleurs bondi de près de 1,5 but par match.

Ceci expliquant cela, les Blue Jackets viennent tout juste de glisser à l’extérieur du portrait des séries.

« Nous avons continué à gagner malgré toutes les blessures qui nous ont frappés, mais ce n’est pas la même chose avec celle de Jones. Il jouait 25 minutes par match et c’était lui qui contrôlait le jeu. Nous ne formons pas la même équipe sans lui », disent, en privé, les joueurs des Blue Jackets.

L’hécatombe s’est poursuivie en fin de semaine. Les Blue Jackets ont annoncé que leur meilleur buteur, Oliver Bjorkstrand, s’était aussi fracturé une cheville et que cette blessure lui vaudra aussi 10 semaines de convalescence.

Il y a des limites aux blessures et aux coups durs qu’une équipe de la LNH peut subir. À moins d’un miracle, on vient probablement d’assister à la fin de la plus impressionnante performance offerte par une équipe cette saison.

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