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Le retour au jeu réussi de Byron met en lumière celui pénible de Drouin

Domi crie.

Paul Byron et Max Domi célèbrent l'un des buts du Canadien contre les Sénateurs d'Ottawa.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Alexandre Gascon

OTTAWA – Il y a une statistique vraiment étrange qui concerne Paul Byron. Longtemps considérée comme une simple anomalie, peut-être faudra-t-il lui prêter davantage attention.

Quand Paul Byron joue, le Canadien gagne. Quand il est absent, il perd. C’est une tendance qui remonte à l’année dernière, ironiquement la saison de tous les désastres pour l’Ontarien qui s’est blessé quatre fois, et qui perdure depuis.

En 2018-2019, le CH a maintenu un taux de succès de ,630 (32-18-4) avec le numéro 41. Un taux qui chutait à ,478 (9-10-4) en son absence.

Rebelote cette année avec un écart plus accentué encore de ,659 (13-6-3) par rapport à ,440 (16-21-5). Pas besoin d’un lauréat du prix Abel (le mathématicien, pas la plongeuse) pour saisir la portée de cette divergence statistique.

Byron s’est blessé le 15 novembre, le même jour que Jonathan Drouin, et la dégringolade qui s’en est suivie est certainement davantage attribuable au manque de profondeur de l’équipe à l’avant qu’à l’absence soudaine de monstres sacrés capables de porter à eux seuls une équipe frêle sur leurs épaules.

Le Tricolore a eu son lot de blessures à des joueurs importants depuis – Brendan Gallagher, Shea Weber, Joel Armia – ce qui n’a certes pas aidé. Tranquillement, tout le monde est revenu au jeu. Drouin aussi, mais l'équipe a continué de perdre, s’inclinant lors des cinq premiers matchs après le retour au jeu du Québécois.

Puis, le 18 février, Byron a sauté dans la mêlée à son tour et le Canadien a remporté deux matchs sur trois, dont un à Washington. Intrigant.

De quoi appuyer les dires de Max Domi lorsqu’il affirme que « quand on l’a dans notre formation, on est une équipe de hockey complètement différente ».

« C’est le genre de gars avec lequel tu gagnes », a-t-il ajouté.

Des déclarations à prendre avec des pincettes en temps normal, Domi étant doué pour une certaine enflure verbale, mais difficile de le contredire sur ce coup.

Encore plus que la fiche reluisante du CH avec Byron, c’est la qualité du jeu du petit attaquant qui laisse une forte impression actuellement. Avant son opération au genou le 19 novembre, Byron offrait probablement son pire rendement depuis que Montréal l’a réclamé au ballottage en octobre 2015.

À 30 ans, après de multiples blessures, dont une violente commotion cérébrale assénée par Mackenzie Weegar dans un règlement de comptes digne de l’époque de l’amour courtois au Moyen-Âge, Byron donnait des signes de ralentissement.

Et la perte de vitesse chez ce joueur signifie presque automatiquement la perte de son efficacité.

S’en est suivi une opération à un genou et une convalescence qui s’est étirée sur trois mois, 42 matchs d’affilée sur la touche. Et pourtant, l’attaquant paraît revigoré.

Byron réussit ce tour de force alors que les adversaires atteignent leur apogée, qu’ils se battent bec et ongles pour les derniers postes disponibles en séries, que le rythme des rencontres s’accélère.

C’est particulièrement pénible de revenir dans de telles conditions. Jonathan Drouin l’apprend à ses dépens. En 7 matchs, le buteur des Laurentides a été blanchi de la feuille de pointage et présente un différentiel de -9.

Deux joueurs de hockey

Jonathan Drouin et Josh Norris bataillent pour la possession de la rondelle lors du match entre les Sénateurs et le Canadien, samedi soir, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Vendredi, Claude Julien offrait cette analyse.

« Je vois une différence entre lui et Paul Byron. Paul Byron est arrivé et c’est comme s’il n’avait pas manqué de temps. Dans le cas de Jonathan, ça semble lui prendre un peu plus de temps. Il a deux différentes blessures. Il semble y avoir toujours un peu d’inquiétudes. On l’a vu jouer en début de saison, on sait qu’il est capable de plus. Quand un gars manque trois mois, tu ne peux pas être impatient avec quelques matchs. On sait ce qu’il peut apporter, on espère qu’il va pouvoir le faire le plus tôt possible », a expliqué l’entraîneur.

Après la victoire contre les Sénateurs, il a ajouté qu’il trouvait la prestation de Byron, auteur d’un but et une passe, « très impressionnante ».

« Il a manqué autant de temps, il revient et il a un impact aussi rapidement. Il faut lui rendre crédit. Quand il est sur la glace, il semble rendre tous ses coéquipiers meilleurs », a-t-il renchéri.

Byron a réussi quelques belles percées à ses deux premiers duels, mais l’effort était plus constant samedi soir. Dès ses premières présences avec Ilya Kovalchuk et Domi, il a pris de court la défense poreuse des Sénateurs pour créer des chances de marquer, dont ce premier filet inscrit par le fils de Tie. Il a inscrit son premier filet depuis son retour en fonçant dans l’enclave sans hésitation.

Le numéro 41 n’a jamais eu froid aux yeux, mais après six blessures en 16 mois, on aurait pu comprendre s’il avait toujours eu une certaine crainte, comme l’avait d’ailleurs admis Drouin la semaine dernière.

« Je me sens bien. La rouille s’en va. Chaque présence, je me sens un peu mieux. Les deux joueurs avec qui je joue rendent ça facile. J’essaie juste de travailler de mon plus fort et jouer simplement », a laissé tomber Byron.

Les derniers mois ont été un grand défi pour Byron. Jusqu’à présent, il l’a relevé haut la main. Un beau message à ceux qui le considéraient désormais comme du menu fretin ces derniers mois.

En rafale

Carey Price a signé son quatrième blanchissage de la saison. Le gardien est à égalité au 2e rang dans la LNH en compagnie de Marc-André Fleury et Connor Hellebuyck et derrière Elvis Merzlikins (5).

Brady Tkachuk, en voie de devenir le premier joueur à obtenir 300 lancers et 300 mises en échec en une saison, a joué son rôle de petit diable admirablement toute la soirée. Il s’en est pris à Brendan Gallagher qui venait de frapper Thomas Chabot. Ce dernier s’est blessé et n’est pas revenu au jeu. Il a passé une bonne partie de sa soirée devant Carey Price, s’est chamaillé avec Ben Chiarot, Nick Cousins et a terminé sa soirée avec neuf mises en échec.

Si bien que Price a décidé de se faire justice et de lui laver les dents avec sa mitaine en deuxième période.

« J’avais du plaisir sur la glace. Il est un joueur qui aime foncer au filet. J’ai juste décidé de lui offrir une accolade », a dit le gardien vedette.

Avec deux buts, Max Domi totalise 247 points dans la LNH et a dépassé son père Tie par deux longueurs. Le premier l’a fait en 368 matchs, le second en 1020.

N’empêche, « il me reste encore beaucoup de route à faire. Il a joué plus de 1000 matchs, plus de 100 matchs de séries. Il place la barre haut », a lancé le rejeton.

Il aurait pu aussi parler des 3515 minutes de punition du paternel. Près de deux jours et demi de sa vie assis au cachot que Tie ne reverra jamais.

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