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Les tendances de Bergevin, le désir de Kovalchuk

Marc Bergevin gesticule en point de presse

Marc Bergevin en point de presse

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Alexandre Gascon

OTTAWA - Chaque date limite des échanges que l’hiver a amenée depuis le début de son règne, Marc Bergevin a toujours choisi son camp rapidement. Le classement de son équipe et le confort de son siège dictaient à quelle enseigne il allait loger.

Or, on n’a aucune difficulté à l’imaginer hésitant sur le pas de la porte cette année, en dépit de ce que ses sauts de puce aux États-Unis semblent indiquer.

Marc Bergevin navigue en eaux inconnues. Après huit ans à la barre de l’équipe, il a bien peu à se mettre sous la dent et un bilan mitigé à défendre devant son patron. Son plan de réinitialisation a pris l’eau cette saison.

Le CH est 22e du classement général à 8 points d’une place en séries éliminatoires avec plus de matchs joués que tous ses rivaux. On ne vous apprend rien, et en dépit du leitmotiv que psalmodient les joueurs les lèvres pincées, les yeux fermés, pour essayer de se convaincre, la saison est terminée.

Dans un marché aussi favorable à ceux qui ont des surplus à écouler, il serait logique de croire que Marc Bergevin ne regardera pas passer la parade. Mais le patron souhaite redresser la barre en pleine tempête, redonner du lustre à son équipe dès l’an prochain; son emploi est probablement en jeu sur cette question.

Pas facile de concilier l’avenir d’une équipe pleine de promesses avec le présent de vétérans de plus en plus impatients. Comment échanger Jeff Petry ou Tomas Tatar dans un tel contexte?

Comme le disent les descendants de Mark Twain, le meilleur indicateur du comportement futur de quelqu’un est l’étude de son comportement antérieur.

Procédons donc.

Coup d’œil aux tendances du DG

Premier constat : Bergevin est actif à la date limite.

Il a effectué 26 transactions à ses 7 premières saisons à la tête du club, soit 3,7 en moyenne par année, en excluant les échanges mineurs de Ligue américaine comme celui de Riley Barber et Phil Varone par exemple.

Quatre fois, il a magasiné pour améliorer ses chances en séries, deux fois, il a liquidé ses stocks et une autre fois encore, l’an dernier, il a préféré une sorte de quasi statu quo pour ne pas compromettre l’avenir même si son équipe avait un coup à jouer.

Ainsi se sont amenés Dale Weise, Christian Folin, Nate Thompson et Jordan Weal. Il se serait trouvé des dieux pour refuser pareille offrande.

Deuxième constat : tandis que bien des DG jouent leur va-tout à la date limite et s’en mordent les doigts une fois la bise venue, Bergevin se trompe très peu.

Il y a bien eu ce triste 1er mars 2017 où Dwight King, Andreas Martinsen et Steve Ott ont tous débarqué en « renfort ». Mais ç’aura coûté en tout et pour tout Sven Andrighetto et des choix de 4e et 6e tour. Pas de quoi avoir peur des matins amers, sans couleurs, chantait Julie Masse.

Exception faite des grands partisans de Jonathan Racine, Tomas Fleischmann et David Schlemko, il s’en trouve peu pour critiquer les manœuvres de Bergevin à la date limite des échanges.

Au bout du compte, il a donné 12 choix au repêchage dont seulement 2 étaient plus élevés que le 4e tour. Dans le premier cas, un choix de 2e tour et Sebastian Collberg lui ont permis d’acquérir Thomas Vanek et dans le deuxième, un choix de 2e tour et un autre conditionnel lui ont valu Jeff Petry.

Dans le camp des vendeurs en 2016, Bergevin a obtenu Phillip Danault et un choix de 2e tour, devenu Alexander Romanov, contre Fleischmann et Weise.

Troisième constat : il est patient et méthodique.

Il y est allé de deux coups d’éclat en sept ans : Petry et Vanek. Les deux fois où son équipe était déjà condamnée, il s’est contenté de déplacer quelques pierres sans toucher à la structure de l’édifice, ce qui lui a permis de mettre la main sur Danault en 2016 et d’obtenir un choix de 2e tour (Jacob Olofsson) et de 4e tour (devenu Frederik Dichow) en 2018.

Bergevin l’a répété ad nauseam, il ne compte pas chambouler son plan de match à long terme. Carey Price et Shea Weber n’iront nulle part. Comment leur vendre l’idée d’une équipe compétitive à long terme si les vétérans les plus productifs sont échangés? À moins d’une offre mirobolante, les gros poissons resteront dans leur aquarium québécois.

Que reste-t-il?

Des grenailles. Et Ilya Kovalchuk.

L’influent analyste de TSN Darren Dreger rapportait plus tôt cette semaine que l’agent du Russe, J.P. Barry, et le DG du Tricolore auraient amorcé les pourparlers en vue de s’entendre sur une prolongation de contrat. Dreger avançait même des détails pécuniaires, laissant croire que l’affaire est sérieuse.

De son côté, Kovalchuk « se prépare pour demain soir, c’est tout ce que je contrôle. Le reste, c’est le futur, on va voir », a-t-il répondu après l’entraînement facultatif des siens, vendredi.

Ilya Kovalchuk

Ilya Kovalchuk célèbre le but de la victoire contre les Maple Leafs

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

A-t-il parlé avec Marc Bergevin de l’avenir?

« Vous devriez lui demander, c’est entre nous. Je ne suis pas J.P. (Barry) ou Marc. Je veux juste jouer demain, on verra ce qui va arriver. Comme j’ai dit plusieurs fois, j’ai tout ici, c’est un bon endroit où jouer », a répété la vedette.

Le Canadien mise déjà sur 12 choix en vue du prochain repêchage dont trois au deuxième tour. La stratégie de croissance de Bergevin est essentiellement basée sur le repêchage désormais et pourquoi ne pas en ajouter un 13e n’est-ce pas? Si le Russe aime vraiment Montréal et ses petits accents européens, personne ne l’empêchera de revenir à l’été.

Kovalchuk traverse d’ailleurs sa première période houleuse depuis son arrivée. Il a été blanchi à ses 6 derniers matchs et son temps de glace a diminué de quelque 20 minutes par match à 16 environ au cours des quatre dernières rencontres.

Claude Julien ne s’est pas mis martel en tête avec cette baisse de production.

« Il a quand même ses chances de marquer, même hier sur l’avantage numérique, une bonne passe de Domi, il a eu ses chances. Son éthique de travail, son repli défensif, il s’implique beaucoup dans d’autres aspects du jeu. Les gens doutaient de son intention de bien jouer sans la rondelle, mais depuis qu’il est ici, il a tous les atouts d’un bon vétéran : éthique de travail, exemple, etc. S’il ne marque pas, il apporte quelque chose d’autre », l’a encensé l’entraîneur.

Quand on lui a fait remarquer qu’il obtient malgré tout un temps d’utilisation honorable, Kovalchuk a esquissé un petit sourire en coin.

« C’est correct. Je suis sûr que si je commence à marquer ou faire des points, je vais avoir plus de temps de glace, c’est comme ça que ça marche », a-t-il lancé.

Il veut jouer. Beaucoup. Une équipe aspirante au titre n’aura pas ce luxe d’une vingtaine de minutes à lui offrir par match, mais l’attrait de la Coupe Stanley pourrait apaiser son orgueil. De toute façon, ce sera à Bergevin de trancher.

Mais Kovalchuk aime jouer à Montréal. Et ce n’est pas le cas de tous.

En rafale

Claude Julien a confirmé vendredi que les défenseurs Victor Mete et Xavier Ouellet avaient été retournés à Montréal afin d'être réévalués par l'équipe médicale.

C’est confirmé, une fois sa carrière terminée, Artturi Lehkonen ne se transformera pas en mentor personnel ou en animateur de foules.

Homme de peu de mots, le Finlandais n’avait pas l’envie de s’étendre sur les raisons de son retrait de la formation face aux Capitals, une première pour lui dans la LNH, se contentant de souligner qu’il ne s’y attendait pas et qu’il doit mieux jouer.

« Je n’ai pas posé de questions. C’est juste : ok, je dois aller de l’avant. Je ne peux pas changer le passé. Je dois focaliser sur ce qui arrive maintenant et dans le futur », a indiqué Lehkonen.

On l’a aussi vu en longue conversation sur la glace avec Kirk Muller. Essentiellement le même message que celui de Julien, selon Lehkonen. Le CH aimerait un peu plus d’offensive de sa part, lui qui a récolté un but et une passe à ses 13 derniers matchs.

Il a également été question de Jonathan Drouin vendredi matin. Le Québécois n’est que l’ombre de lui-même depuis son retour au jeu après une absence de trois mois en raison d’une opération au poignet gauche.

Drouin s’est aussi blessé à l’aine récemment et est toujours blanchi en six matchs, en plus d’avoir accumulé un ronflant différentiel de -9.

Un peu hésitant sur la glace selon son entraîneur, Julien prône la patience dans son cas.

« Je vois une différence entre lui et Paul Byron. Paul Byron est arrivé et c’est comme s’il n’avait pas manqué de temps. Dans le cas de Jonathan ça semble lui prendre un peu plus de temps. Il a deux différentes blessures. Il semble y avoir toujours un peu d’inquiétudes. On l’a vu jouer en début de saison, on sait qu’il est capable de plus. Quand un gars manque trois mois, tu ne peux pas être impatient avec quelques matchs. On sait ce qu’il peut apporter, on espère qu’il va pouvoir le faire le plus tôt possible », a fait valoir le pilote du CH.

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