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Nicholas Latifi en F1 chez Williams : « Il me restait ce saut à faire »

Nicholas Latifi

Nicholas Latifi

Photo : Williams F1

Le pilote torontois Nicholas Latifi a pris le temps entre deux séances de travail avec l'équipe Williams au circuit de Barcelone de discuter au micro de Radio-Canada Sports de sa titularisation et de la présence du Canada en F1.

Âgé de 24 ans, Nicholas Latifi accède enfin à la F1 après avoir patiemment fait ses classes en GP2 puis F2 dans l'équipe Dams pendant quatre ans.

Radio-Canada Sports l'a joint à Barcelone alors qu'il fait cette semaine ses premiers pas comme pilote de course chez Williams en vue de la saison 2020.

Latifi a disputé en 2019 une excellente saison en F2 (trois victoires), se battant pour le titre, et terminant vice-champion. De quoi lui permettre de remplacer Robert Kubica comme pilote de course en 2020.

« Évidemment, j’ai eu une bonne saison en F2 puisque je me suis battu pour le titre, mais depuis 2016, je travaille aussi avec les équipes de F1 comme pilote de réserve et d’essais », rappelle le Montréalais de naissance.

« J’ai eu plusieurs occasions de piloter des F1 durant les week-ends de course lors des essais libres (FP1) ou dans des séances d’essais. J’ai passé beaucoup de temps dans des simulateurs aussi », mentionne-t-il.

Latifi travaille avec des équipes de F1 depuis 2016, année où l'équipe Renault l'a engagé comme pilote d'essais. Il a gardé ce rôle jusqu'à cette année.

Le pilote torontois Nicholas Latifi

Le pilote torontois Nicholas Latifi

Photo : Radio-Canada / Sylvain Charest

De Renault (en 2016 et 2017), il est passé chez Force India (en 2018), puis Williams (en 2019).

« Donc, j’étais prêt à faire le saut, affirme-t-il, car j’avais fait le tour de tout ce que je pouvais faire (comme pilote d'essais), mais il me restait ce saut à faire. C’était le moment parfait, et la meilleure occasion pour moi, et j’ai juste hâte de voir comment ça va se dérouler. »

Bien qu'il connaisse l'environnement de la F1, il a été surpris cet hiver de voir à quel point sa titularisation lui a donné une toute nouvelle dimension.

« Physiquement, tout va bien, je n'ai pas eu à changer mes habitudes. C’est dans la préparation à l’usine que ça change beaucoup. Depuis que l’équipe Williams a confirmé que je devenais pilote de course, on s’occupe beaucoup plus de moi... (rires) »

Claire Williams regarde Nicholas Latifi lors d'une rencontre de presse.

Claire Williams et Nicholas Latifi lors d'une rencontre de presse.

Photo : Getty Images / Charles Coates

Bien appuyé par l'équipe Williams, il a pu travailler plus étroitement au développement de la FW43.

« Pour que la voiture soit parfaitement adaptée à ma morphologie, à mon style et à mes besoins. J'ai pu donner mon avis », précise-t-il.

En dehors du pilotage proprement dit, Latifi a dû aussi apprendre à connaître les membres clé de l'équipe Williams, notamment son ingénieur de course.

« Mon ingénieur s'appelle Gaëtan Jego. Il est arrivé dans l’équipe à la fin de l’année dernière, alors on a beaucoup de travail à faire tous les deux pour que tout se passe bien, car nous sommes tous les deux des débutants dans nos rôles respectifs », note-t-il en riant.

« En passant, c’est amusant qu’après avoir passé plusieurs années chez Renault, j’arrive dans une équipe britannique, et on me donne un ingénieur français, lance-t-il. On a beaucoup travaillé en simulateur pour tenter de développer notre relation de travail, et on part de là. »

Nicholas Latifi au volant de la Williams FW43 à Barcelone

Nicholas Latifi au volant de la Williams FW43 à Barcelone

Photo : Twitter / Nicholas Latifi

En analysant le travail réalisé par l'équipe Williams mercredi au circuit de Barcelone, force est de constater que le travail a été fructueux. Latifi a fait le 12e chrono au terme de ses 63 tours.

C'était sa première sortie officielle de pilote de course.

« Pour être honnête, je n’ai rien ressenti de particulier en entrant en piste hier, admet-il en riant J’avais eu une réunion technique avec les ingénieurs. C’était une séance de travail comme j’en ai déjà eu plusieurs l’an dernier. Mais peut-être que ce sera différent quand je serai sur la grille de départ de mon premier Grand Prix. »

Contrairement à 2019, l'équipe Williams a cette fois fait correctement ses devoirs, et la voiture était prête pour le premier jour des essais. Les deux pilotes Williams ont fait à eux deux 136 tours. Soit plus de deux fois la distance sur Grand Prix d'Espagne, disputé sur ce même circuit (66 tours).

« Je peux dire qu’à l’intérieur du cockpit, j’ai trouvé que tout s’était bien passé, c’était positif, surtout en comparaison de ce qui s’est passé l’an dernier », rappelle-t-il.

Nicholas Latifi au volant de la Williams FW43

Nicholas Latifi au volant de la Williams FW43

Photo : Twitter / Williams F1

« On a fait un grand pas en avant. Déjà, en commençant ces essais à temps, on a fait des progrès, lance-t-il en riant. C’était important pour nous de sortir du garage dès mardi matin, psychologiquement, nous voulions que la première voiture en piste soit une Williams, et c’est ce qui s’est passé. »

La fiabilité est le premier objectif que l'équipe doit atteindre. Avant de penser à la performance.

« À Barcelone, nous devons faire le maximum de kilomètres possible, et nous n’avons que six jours, c’est deux de moins que l’an dernier. Moi, je ne peux pas gaspiller du temps et des kilomètres.

« Nous devons trouver quelles sont les plus belles qualités de l’auto, ses plus grandes faiblesses. Moi, je dois trouver ce qui me convient dans l’auto pour que je puisse me concentrer à 100 % sur mon pilotage, pour éviter de penser pendant que je pilote à ce qui pourrait me déconcentrer », note-t-il.

Nicholas Latifi, casqué, dans la Williams FW43

Nicholas Latifi dans la Williams FW43

Photo : Twitter / Williams F1

Le casque de Nicholas Latifi arbore le nom de Sofina. C'est l'entreprise familiale installée à Markham en Ontario et qui emploie 5000 personnes.

Michael Latifi fait partie des actionnaires minoritaires (10 %) du groupe McLaren, ayant investi 350 millions de dollars canadiens dans l'entreprise britannique en 2018. Un investissement n'ayant aucun lien avec le carrière de son fils.

Williams a annoncé le 7 janvier dernier que l'entreprise Sofina devenait un des commanditaires majeurs de l'équipe, et que Lavazza s'ajoutait à la liste des autres commanditaires.

Tout comme Lance Stroll, Nicholas Latifi vient d'une famille canadienne qui a fait fortune dans les affaires, et qui lui a permis de lui ouvrir des portes en course automobile.

« La course automobile coûte cher, et depuis que j’ai commencé à 14 ans, j’ai été chanceux de pouvoir compter sur trois commanditaires fidèles, Sofina, Lavazza et La Banque Royale du Canada (RBC). Ils m’ont suivi jusqu’à maintenant, et sont avec moi cette année. C’est un soutien pour moi et pour l’équipe », dit-il sans vouloir donner plus de détails.

Il faut dire que la marque italienne de café Lavazza est distribuée au Canada par Aliments Sofina Inc.

Nicholas Latifi en F2 avec l'équipe Dams

Nicholas Latifi en F2 avec l'équipe Dams

Photo : FIA Formula 2 Championship

Si le nom Sofina n’apparaît pas sur la Williams F1 qui tourne à Barcelone, il aura une place de choix sur la FW43 à Melbourne lors du premier grand prix de la saison. Tout comme il apparaissait en gros sur la F2 de l'équipe Dams.

Pour la première fois depuis les frères Gilles et Jacques Villeneuve en 1981, on retrouvera deux pilotes canadiens en F1 cette saison. Grâce aux familles Stroll et Latifi, la F1 peut aussi compter sur des investissements canadiens importants.

« C’est super, lance Latifi. La F1 est populaire chez nous. Le Grand Prix du Canada est un des grands moments de la saison, et je ne dis pas ça parce que je suis Canadien, beaucoup de pilotes le disent.

« D’un point de vue affaires, le Canada est un marché important pour la F1, alors d’avoir Lance (Stroll) et moi sur les grilles de départ, c’est une bonne chose pour la F1, et nous, on est très contents d’être là », a-t-il conclu dans un grand éclat de rire.

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