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Le hockey féminin à la croisée des chemins

Certaines sont près de la bande.

Des joueuses s'entraînent sous le regard de Danièle Sauvageau et de Marie-Phillip Poulin (à droite)

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Michel Chabot

Il n’y a plus de ligue professionnelle de hockey féminin au Canada, mais l’Association des joueuses, créée après la dissolution de la Ligue canadienne en mai 2019, continue de s’accrocher au rêve de jours meilleurs.

Entre-temps, 34 d'entre elles disputeront deux matchs au cours de la fin de semaine qui approche : samedi, à l’Université de Montréal, et le lendemain, à l’Université Bishop's, à Sherbrooke.

Ce sont deux équipes de 17 joueuses qui font ou ont fait partie des équipes nationales américaines et canadiennes qui seront à l’œuvre.

En gros, le groupe de Montréal, avec les Marie-Phillip Poulin, Mélodie Daoust et autres Anne-Sophie Bettez, affrontera une formation de joueuses issues des groupes qui s’entraînent à Calgary, au Minnesota et à Boston.

Poulin dit n’avoir joué que 15 ou 20 matchs cette saison, mais elle se réjouit que certains commanditaires mettent la main à la pâte pour que des rencontres soient organisées, comme celles du prochain week-end ou de la tournée Dream Gap qui s’est arrêtée à Toronto et à Chicago.

Au début, c’est dur de voir que la ligue ferme ses portes. Tu ne sais pas quel est l’avenir du hockey féminin. Mais quand nous avons créé cette association-là, avec 200 joueuses, nous savions qu’il fallait nous serrer les coudes. On sait qu’il ne faut pas abandonner.

Marie-Phillip Poulin

Il faudra faire preuve de patience avant la création d’une nouvelle ligue qui ne pourrait voir le jour qu’en 2022. Beaucoup de joueuses universitaires se posent donc de sérieuses questions quant à leur avenir dans le hockey.

Il y a de plus en plus de femmes qui jouent au hockey, dit Danièle Sauvageau, organisatrice des matchs de la fin de semaine qui vient. Maintenant, elles font quoi après avoir reçu leur diplôme de l’université […] On leur offre quoi comme structure? Rien actuellement.

Sauvageau ne baisse pas les bras pour autant. Elle travaille dans le but d’offrir de bonnes conditions au groupe montréalais afin que les joueuses s’entraînent au moins trois fois par semaine, comme à l’époque de la défunte Ligue canadienne.

L’objectif principal, explique-t-elle, c’est que les joueuses continuent de s’entraîner au plus haut niveau dans le meilleur environnement possible donc il faut jouer. C’est une chose de s’entraîner, mais on doit jouer des matchs compétitifs.

Elle se dit tout de même impatiente que les choses débloquent, que plus de commanditaires se joignent à l’aventure et que la Ligue nationale de hockey joue son rôle de marraine.

Si on m’avait demandé il y a 5, 10 ou 15 ans où en serait le hockey féminin en 2020, je suis convaincue que je vous aurais dit qu’on serait beaucoup plus avancé que nous ne le sommes actuellement.

Danièle Sauvageau

Meilleure visibilité

La LNH a offert une vitrine exceptionnelle aux femmes en leur permettant de disputer un match à trois contre trois lors du récent match des étoiles à Saint Louis.

Ç’a vraiment été une belle plateforme, une belle fin de semaine pour le hockey féminin et le hockey en général, dit Marie-Phillip Poulin. Nous avons eu beaucoup de réactions positives. C’était plaisant de savoir par la Ligue nationale que ç'avait été l’un des événements les plus regardés.

On a fait des ravages sur les réseaux sociaux. Pour une fois, nous étions mises à l’avant-plan, à des heures adéquates à la télévision quand tous les partisans de la Ligue nationale étaient à l’écoute. Je crois que ç’a ouvert les yeux de beaucoup de gens.

Mélodie Daoust

Daoust admet tout de même que son état d’esprit oscille entre l’espoir et le découragement. Elle se sait néanmoins privilégiée comparativement à plusieurs autres hockeyeuses qu’elle côtoie.

Il y a les filles qui font partie des équipes olympiques et celles qui ne faisaient partie que de la ligue professionnelle. Celles-là, leur seul salaire, c’était 2000 $. Oui, ces filles-là doivent travailler 40 heures. De notre côté, nous sommes choyées. Hockey Canada est derrière nous, nous avons notre brevet et nos commanditaires qui nous appuient.

Nous sommes moins touchées sur le plan salarial, mais nous voulons que cet écart qui existe entre ces deux groupes de femmes se resserre pour qu'on soit sur le même piédestal. Comme ça, au lieu d’être juste neuf femmes sur la glace, il y aurait l’équipe au complet. Malheureusement, ce n’est pas la réalité parce que les autres sont au travail en ce moment.

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