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Yvon Michel définit son rôle devant la RACJ

Il parle dans un micro.

Yvon Michel

Photo : Radio-Canada / André Perron

Jean-François Chabot

Le promoteur Yvon Michel a pris place à la barre des témoins, mardi, au palais de justice de Montréal afin de répondre aux accusations déposées contre lui par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Pendant près de deux heures, le patron et cofondateur de Groupe Yvon Michel (GYM) s’est appliqué à établir une distinction nette entre le rôle de l’organisateur et celui du promoteur dans la mise sur pied de soirées et d’événements de boxe.

Après avoir pris le temps d’établir sa crédibilité et son expertise basées sur ses 40 ans d’expérience dans le domaine de la boxe, il a expliqué son travail en détail.

Accompagné et guidé pour son exposé par son avocat, Me Martin Pichette, il a fourni des explications précises sur son travail d’organisateur et sur les liens qu’il peut avoir avec de multiples promoteurs.

On retiendra qu’un organisateur doit détenir un permis annuel délivré par la RACJ, tandis que le promoteur peut s’allier à un homologue pour un événement donné, et qu’en ce sens, il n’a pas à détenir de permis.

Par contre, un permis dit ponctuel doit être demandé pour la tenue d’un gala de boxe. Cette autorisation de la Régie sera donnée en échange de renseignements précis sur la date, l’heure, le lieu et la nature de l’événement.

Chaque fois, c’est à l’organisateur que revient la responsabilité de demander un permis ponctuel.

Il a expliqué comment Yan Pellerin et sa compagnie New Era ont travaillé comme promoteur et non comme organisateur principal.

Rien à voir avec les motards

En ce qui a trait à la soirée du 20 septembre 2019 présentée au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal, Michel a indiqué avoir tout fait selon les règles, et n'avoir jamais été informé d'un quelconque problème.

Le plan de la salle ayant été approuvé par la Régie, les billets ont été mis en vente au grand public sur le site Ovation et à la billetterie de l’amphithéâtre.

Yvon Michel laissait du coup entendre qu’il n’y était pour rien concernant la présence d’un important groupe de motards criminels à l’intérieur de ce qui aurait dû constituer le périmètre de sécurité autour de l’arène.

Il a nié avoir fréquenté et avoir eu des contacts directs, qu'ils soient d’ordre personnel ou d’affaires, avec des motards criminels.

En réponse aux allégations de la poursuite qui concerne la présence auprès des hôtesses de l'arène d’un homme arborant des tatouages d'appartenance aux Hells Angels, l’avocat d’Yvon Michel avait invité l’individu en question à témoigner.

En l’espace de quelques instants, celui qui pratique le métier d’arpenteur a exhibé ses tatouages aux avant-bras au bénéfice des deux juges administratives qui entendent la cause.

L’émotion a gagné Michel quand il a raconté à quel point les dernières semaines depuis la publication des allégations le mettant en cause avaient eu des impacts négatifs sur sa vie professionnelle et personnelle, jusque dans la cour d’école de ses enfants.

Ultime tentative de la poursuite

En après-midi, Me Joliane Pilon, porte-parole de la RAJC, a procédé au contre-interrogatoire d’Yvon Michel.

S’appuyant sur des coupures de journaux, des enregistrements audio d’une audience précédente devant la RACJ tenue avec le patron de GYM pour la soirée du 25 mai 2019, en collaboration avec Yan Pellerin et New Era, l’avocate a cherché à démontrer qu’il y avait un mélange des rôles dans l’esprit même d’Yvon Michel.

On a eu droit à la présentation durant une quinzaine de minutes d’un extrait d’un balado dans lequel Yan Pellerin présentait sa nouvelle entreprise en décrivant ses visées et ses ambitions futures. Il y était question de sa nouvelle association avec GYM auprès de qui il apprenait les rudiments du métier de promoteur, sans plus.

Toute cette affaire se résume donc à deux choses : d’une part, il y a l’interprétation qui sera donnée à la fonction d’organisateur d’événements de boxe et au rôle distinct qu’y tient le promoteur.

C’est là-dessus que repose l’argumentation d’Yvon Michel pour affirmer qu’il n’a pas servi de prête-nom à un autre organisateur en attente de son permis de la Régie.

D’autre part, pour ce qui est de la responsabilité imputée à Yvon Michel de la présence d’individus liés aux motards criminels, la question est de savoir si les juges accepteront la version voulant que le plan de la salle, et du coup celui des sièges à mettre en vente, ait reçu l’aval de la Régie.

En raison de la non-disponibilité de l’avocate du contentieux de la Régie, l’audience a été levée dès 15 h.

À sa sortie de la salle, Michel s’est dit satisfait du déroulement de la journée et de l’occasion qu’il a eue de répondre aux allégations voulant qu’il ait nui au bon renom de la boxe et du sport.

J’avais des choses à dire. J’ai répondu aux questions. J’ai expliqué quelle était la politique générale qu’on a toujours suivie à la lettre. C’est maintenant entre les mains des juges, et je fais confiance à leur décision.

Yvon Michel

Face à l’importance de distinguer les termes « organisateur » et « promoteur », Michel a insisté.

« Ces mots ont toujours été galvaudés. Les gens, souvent, ne voient pas la différence. Et quand je dis que je suis l’organisateur de boxe, les gens ne comprennent pas. On a tenté de dire que New Era agissait illégalement en signant des contrats avec des boxeurs. Mais ce n’est pas illégal. On n’a pas besoin d’un permis pour ça », a renchéri Michel.

Les parties ont convenu de revenir mardi prochain, le 25 février, pour la présentation des plaidoiries finales.

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