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Début des audiences de GYM devant la RACJ

Il porte sa main droite à sa bouche.

Yvon Michel

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Jean-François Chabot

C'est flanqué de ses avocats que le promoteur Yvon Michel s'est présenté au palais de justice de Montréal, mardi, pour un premier round avec la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Le patron du Groupe Yvon Michel (GYM) doit répondre à des accusations de non-respect de la réglementation en matière de sports de combat, d'avoir porté atteinte au renom de la boxe, d'avoir organisé une soirée de boxe en tant que prête-nom pour un autre groupe en attente d'un permis de promoteur et d'avoir organisé un combat concerté.

Durant une bonne portion de l'avant-midi, Me Martin Pichette s'est appliqué à interroger le principal témoin de la poursuite, Mario Lacroix, directeur général adjoint de la Régie pour la boxe et les sports de combat.

Face aux prétentions de la RACJ voulant que GYM ait organisé la soirée du 25 septembre 2019 pour la firme New Era, dirigée par Yan Pellerin, l'avocat de Michel a fait valoir que tout avait été fait dans les normes.

Quant à la présence d'individus liés aux motards criminels dans le périmètre habituellement réservé aux officiels, aux médias et aux invités du promoteur, la défense a fait valoir que le plan de salle avait été préalablement approuvé par Mario Lacroix lui-même.

Ce dernier a reconnu que cette approbation avait constitué une erreur de la Régie et que rien n'avait été fait pour corriger la situation avant la tenue de l'événement, au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal.

M. Lacroix a notamment évoqué la présence que lui avait rapportée Michel Hamelin, sous-contractant de la RACJ dans la supervision de l'application de ses règles, à l'effet que l'homme qui assurait la protection des hôtesses de l'arène arborait un tatouage associé aux motards criminels.

Enfin, la Régie a tenté d’expliquer que le combat d'exhibition entre l'homme fort Hugo Girard et le spécialiste des arts martiaux mixtes Patrick Côté constituait une violation des règles.

La présentation de combats amateurs ou entre des combattants non licenciés, sans la supervision d'au moins une fédération sportive reconnue par le gouvernement du Québec, est interdite.

La défense a répondu en démontrant que ce duel pour amasser des fonds pour un organisme caritatif avait été présenté après le gala au moment où tous les officiels de la Régie avaient déjà quitté l'enceinte.

Me Pichette a ensuite cité en exemple une autre soirée organisée par GYM, le 28 août 2012, où la RACJ n'avait pas cru bon intervenir face à la tenue d'un autre duel caritatif opposant deux sommeliers.

Enfin, la défense a tenté de prouver que le rôle de New Era dans la soirée du 20 septembre 2019 n'était pas différent de celui jouer par les Cataractes de Shawinigan ou l'Océanic de Rimouski dans l'organisation de galas mis sur pied par Eye of the Tiger Management et le promoteur Camille Estephan.

Les observations de la police

En après-midi, l’avocate de la poursuite, Me Joliane Pilon, a fait témoigner les sergents-détectives Stéphan Clavet et Érick Moffett du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ces deux spécialistes du service de renseignements en matière de crime organisé relié aux bandes de motards criminalisés sont venus nommer les individus qui avaient été vus près de l'arène au soir du 20 septembre 2019.

M. Clavet a notamment raconté comment lui et sept autres policiers s’étaient rendus au Centre Pierre-Charbonneau où ils ont croisé un bon nombre de membres en règle et de sympathisants des Hells Angels.

Cependant, durant son témoignage, il a contredit celui de Mario Lacroix, qui affirmait n’avoir contacté le SPVM que le soir même du gala, en affirmant avoir reçu une demande du poste 23, deux jours avant la tenue de la soirée de boxe.

Pour sa part, M. Moffett, invité à titre de témoin expert, a tracé un portrait détaillé du passé et des actifs criminels des individus qui avaient été vus ce soir-là. Il a aussi offert un cours condensé sur les grades et sur le système de promotion en vigueur au sein des Hells Angels.

Un peu plus tôt, Ian Labrecque, inspecteur de la RACJ, est venu dire qu’il était celui qui avait remarqué le tatouage apparemment relié aux Hells Angels sur l’avant-bras de l’homme qui assurait la sécurité des hôtesses.

Là encore, ni l’un ni l’autre des sergents-détectives n’a pu confirmer ces dires.

Le reste de l’audience ajournée peu après 15 h (HNE) et qui doit reprendre mercredi dès 9 h a été consacrée au dépôt de la preuve documentaire (articles de journaux et factures) visant à démontrer que GYM a servi d’écran pour New Era, promoteur non reconnu par la Régie.

Rencontré à sa sortie de la salle d’audience, Yvon Michel n’a pas caché son incrédulité.

Je trouve que leur preuve et leur argumentation sont très, très minces. Je pense qu’ils (la RACJ) ne sont pas conscients de la réalité dans laquelle on est. Il y a un manque de connexion entre les opérations terrain dirigées par Michel Hamelin et l’administration. Demain, je vais leur expliquer exactement comment ça fonctionne et leur faire comprendre leurs propres règlements.

Yvon Michel, promoteur de boxe

Il a insisté pour dire qu’il avait agi, pour le 20 septembre 2019, de la même manière qu’il l’a toujours fait pour les 208 autres événements qu’il a organisés.

Il est évident que l’on essaie d’atteindre à ma réputation et à ma crédibilité, a poursuivi Michel avant de préciser que les billets que se sont procuré les motards étaient disponibles pour la vente au grand public par le site Ovation et à la billetterie du Centre Pierre-Charbonneau et que n’importe qui pouvait se les procurer.

Yvon Michel sera à la barre des témoins mercredi matin. Après les plaidoiries finales, les juges administratives, Me Louise Marchand et Me France Thériault, prendront la cause en délibéré.

Un jugement sera rendu à une date ultérieure.

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