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L’émergence de Jordan Harris ne passe pas inaperçue

Il manie la rondelle.

Jordan Harris

Photo : Les Huskies de l'Université Northeastern

Alexandre Gascon

Anonyme choix de troisième tour du Canadien en 2018, Jordan Harris s’établit aujourd’hui comme l’un des espoirs les plus prometteurs de l’organisation à une position névralgique pour l’équipe.

Vous l’aurez deviné, Harris est un défenseur gaucher et un habile patineur, une denrée rare pour le CH, qui aurait probablement eu plus de facilité à localiser le Saint-Graal ces dernières années.

Montréal a mis l’accent sur cette position au cours des deux derniers repêchages en réclamant pas moins de sept défenseurs gauchers. Harris n’était qu’un nom parmi tant d’autres au début de l’année, loin derrière Alexander Romanov au classement des espoirs.

Or, récemment, de nombreux spécialistes du repêchage et des jeunes espoirs l’ont classé parmi les pépites du Tricolore. Scott Wheeler, du site spécialisé Athlétique, l’a même placé devant Romanov sur sa liste, 2e seulement derrière Cole Caufield.

Avec les Huskies de l'Université Northeastern, Harris vient de remporter le tournoi du Beanpot, compétition qui regroupe les quatre universités de la région de Boston. Il a aussi participé au Championnat du monde junior avec les États-Unis il y a quelques semaines.

Son but gagnant en deuxième période de prolongation en finale du Beanpot a fait le tour des réseaux sociaux. En l’espace de quelques mois, l’Américain de 19 ans a fait des pas de géant, et son entraîneur Jim Madigan ne tarit pas d’éloges à l'endroit du défenseur, auteur de 19 points en 27 rencontres.

Il célèbre la victoire avec des coéquipiers.

Jordan Harris (à droite)

Photo : Getty Images / Maddie Meyer

« Il joue dans toutes les situations : avantage numérique, cinq contre cinq, en désavantage. Sa confiance a augmenté. Sa production et son efficacité sur la glace ont aussi augmenté », raconte Madigan au téléphone.

« Il est très équilibré comme personne. Il ne s’emporte pas et ne se laisse pas abattre non plus. Il a atteint un bel équilibre. J’aime ça. Il est calme et ne se laisse pas ébranler. Quand il voit l’occasion de faire un jeu, il n’a pas peur de la saisir, comme en finale du tournoi Beanpot, où il a pris son lancer au filet. Ça en dit beaucoup sur lui et comment il se prépare pour ses matchs », ajoute-t-il.

Harris joue souvent près de 28 ou 29 minutes par match, selon son entraîneur. Un temps d’utilisation qui a grimpé passablement par rapport à la vingtaine de minutes qu’il obtenait à sa première année, d’ailleurs déjà impressionnant pour une recrue de 18 ans dans un monde de jeunes hommes.

Ressortir du lot

Une brève discussion avec Harris, joint au téléphone vendredi dernier, suffit pour vous donner une impression d’assurance. Clairement, on a affaire à un joueur qui croit en ses moyens, comme il le confirmera rapidement.

« Je me sens bien par rapport à tout le travail que j’ai fait. Je me fais confiance comme joueur. Je sais que le Canadien a beaucoup de bons espoirs. Pour se démarquer, ça commence avec le travail. De la vidéo, le travail au gymnase l’été, des choses du genre », fait valoir Harris.

Les études aussi. Peut-être moins pour se démarquer au hockey, mais toujours une bonne idée pour continuer de grandir comme personne.

Son entraîneur a vanté sa maturité, ses excellents résultats scolaires, son désir d’implication dans la vie universitaire. Le jeune homme de Haverhill, dans le Massachusetts, siège également à deux conseils étudiants à Northeastern.

Visiblement, le jeune Harris a une tête bien faite.

« C’est important pour moi, pour ma famille. Juste au cas, tu ne sais jamais, les blessures et tout. Ça te prend un plan B », estime-t-il. 

Cependant, ses qualités athlétiques demeurent ce qui charme le plus Madigan, natif du quartier Notre-Dame-de-Grâce.

Il le décrit comme un « patineur élite, déjà de calibre de la Ligue nationale », tout en spécifiant que les autres aspects de son jeu restent à peaufiner. 

« Il est tellement un bon patineur que, par moments, il peut s’en remettre à ses qualités physiques.

Il faut qu’il apprenne à dominer avec régularité chaque soir. Quand je dis dominer, je ne parle pas de buts et de passes, je parle de dominer en faisant tout bien : très étanche dans ta zone défensivement, bon en transition et contribuer à l'attaque. C’est de ça qu'on parle. Il comprend. Il a tellement un grand potentiel qu’on a des standards plus élevés avec lui qu’avec d’autres.

Jim Madigan, entraîneur-chef de l'équipe de hockey des Huskies de l'Université Northeastern

Pas d’urgence

Jordan Harris l’a dit d’emblée, il n’est pas pressé de quitter l’université, même s'il envoie des signaux contradictoires. 

L’étudiant en administration ajoute au détour de la conversation qu’il n’est « pas pressé d’obtenir son diplôme ».

« Tu as toute la vie pour aller chercher ça », ajoute-t-il.

Il convient toutefois de faire preuve de patience dans le cas du 71e choix au total du repêchage 2018.

Pour l’entraîneur Madigan, pas de doute, il le voit « comme un futur joueur de la LNH », à moyen ou à long terme.

« On a eu la chance d’avoir dans notre programme au cours des dernières années quelques défenseurs qui ont atteint la LNH : Josh Manson, Matt Benning, Anthony Bitetto, Jamie Oleksiak. Ce jeune homme a les mêmes atouts. D'abord, il est capable de patiner. Il comprend le jeu. Pour un jeune homme de 1,80 m (5 pi 11 po) et 84 kg (185 lb), il joue dur. Il bouge bien la rondelle. Il sera un relanceur dans la LNH qui peut défendre et revenir dans sa zone rapidement. »

Dans son cas comme dans celui de bien d’autres espoirs du Canadien, il faudra s’armer de patience, à l’image de cette lente agonie de la saison à Montréal. 

En rafale

Un autre espoir du Tricolore en défense, Jayden Struble, arpente les murs de l’Université Northeastern, sauf qu’il le fait en béquille depuis quelques jours. Il est blessé au bas du corps, et sa saison est maintenant terminée.

Struble a connu un début de campagne difficile après une première blessure subie au camp de développement du CH au mois de juin dernier. Il avait raté tout le camp d’entraînement des Huskies, ainsi que les quatre premiers matchs de la saison. 

« C’est difficile pour un joueur de première année de ne pas pouvoir apprendre le système au camp d’entraînement […] Quand il est revenu, ça lui a pris trois ou quatre matchs pour s’ajuster. Dommage qu’il se soit blessé parce qu’il jouait bien. Ce que tu vois de lui, c’est qu’il est physique, fort et compétitif. Ce que les gens voient moins, c’est qu’il est aussi un bon manieur de rondelles », estime Madigan. 

Struble a récolté 10 points en 21 matchs cette saison.

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