•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Canadien : la faute des arbitres, vraiment?

Il a les yeux fermés.

Carey Price regarde en l'air après avoir accordé un but aux Stars de Dallas.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Alexandre Gascon

Il y avait une devise dans le vestiaire du Canadien il y a quelques années qui stipulait en toutes lettres « pas d’excuses ». Il faudrait peut-être songer à la remettre.

Péremptoire comme jugement, d’accord.

À leur décharge, tous les joueurs rencontrés dans le vestiaire après ce quatrième revers d’affilée, celui-là aux mains des Stars, tenaient le bon discours.

C’était à nous de faire le travail, on ne peut pas laisser filer une avance de 3-0, a fait valoir Nick Suzuki.

Il faut être meilleurs, a dit simplement Marco Scandella, lui-même auteur d’un très vilain revirement qui a mené au premier but du match des visiteurs.

Claude Julien ne s’est pas retenu et n’a jamais eu l’intention de le faire. Il est tombé à bras raccourcis sur les arbitres.

C’est très gênant honnêtement, a-t-il lancé en commentant le travail des officiels.

À un moment donné, tu te frustres parce qu’il n’y a rien qui fonctionne. Éventuellement, ils marquent le deuxième but sur la punition à (Joel) Armia. C’est assez évident qu’on aurait dû avoir des avantages numériques. Il y a des gens qui auraient des comptes à rendre après ce match-ci. C’est une soirée où il aurait fallu battre deux équipes, a-t-il ajouté.

Mazette, diraient les cousins français. Le genre de propos qui pourraient bien lui valoir une petite réprimande pécuniaire. Mais l’entraîneur du CH n’en avait cure. Il a poursuivi.

Il n’était pas question de parler à l’arbitre, il criait après nos joueurs. Il envoyait promener les joueurs. Il a démontré de la frustration. Je n’ai pas discuté avec l’arbitre, je n’ai pas dit un mot. La seule chose que j’ai dite proche du banc c’est : "J’espère que vous prenez le temps de regarder vos matchs vous aussi." Il m’a envoyé promener.

Les arbitres ont-ils eu leur mot à dire dans cette défaite du Canadien? Évidemment.

Julien a fait une longue et méthodique énumération des cas litigieux qui regorgeaient par ailleurs.

Au sol, il fait face à son filet, la rondelle à ses côtés.

Carey Price cherche la rondelle lors d'une mêlée au tour de son filet contre les Stars de Dallas.

Photo : Reuters / USA Today Sports

Ilya Kovalchuk se fait fracasser son outil en deux par Tyler Seguin. Pas de punition. Max Domi reçoit deux bâtons au visage, un en fin de troisième période l’autre en prolongation, le sang dégoutte carrément de son menton lorsqu’il affronte les journalistes, pas de punition.

À l’inverse, Joel Armia a été chassé pour accrochage après un geste plutôt inoffensif et les Stars en ont profité pour réduire l’écart à 3-2. Le même Armia s’attendait à ce que Dallas soit puni en prolongation quand il a été victime d’un coup similaire. Mais non.

Et là, c’en était trop. Brendan Gallagher a explosé une fois le match terminé et a déversé sa frustration sur l’arbitre Dean Morton, lui-même particulièrement sanguin et plutôt disgracieux dans sa réponse à l’attaquant du CH, captée par les micros de TVA Sports. À une certaine époque, ses supérieurs auraient lavé la bouche de Morton avec du savon.

Impossible de nier l’impact des décisions hasardeuses des arbitres dans cette rencontre. De là à dire que le Tricolore a perdu à cause d’eux? Certainement pas.

Claude Julien s’est vidé le cœur sachant très bien ce qu’il faisait, parfaitement au parfum des conséquences qui l’attendront peut-être. Ça ressemblait à un exutoire. Une séance de thérapie pour toutes ces blessures qui ont compliqué sa vie cette année, pour ce virus tenace qui a assommé la moitié de ses joueurs tour à tour pendant qu’ils luttaient pour leur survie. Pour ces deux séquences de huit défaites de suite, bref, pour tout ce qui a tourné au vinaigre.

Sauf qu’une avance de 3-0 à mi-chemin dans la rencontre, contre la 25e attaque de la LNH, devrait normalement être suffisante. Dès que Mattias Janmark a porté le score à 3-1, on a senti l’équipe fléchir les genoux, encaisser le coup. Et pourtant.

Aucune équipe dans la ligue n’obtient plus de chances de marquer de grande qualité que le Canadien cette saison selon Natural Stat Trick. Montréal vient au troisième rang du circuit pour la possession de la rondelle. Des chiffres assez révélateurs de l’intensité, du travail acharné, du système bien appliqué d’une formation.

Or, c’est le nombre de buts marqués qui quantifie quelque chose comme la finition, le succès sous la pression, le talent.

Et même des arbitres confus le temps d’une soirée, en défaveur ou à l’avantage du Bleu-blanc-rouge, n’y changeront strictement rien.

En rafale

Jonathan Drouin n’a pas disputé la rencontre bien qu’il ait patiné pendant la période d’échauffement. Le Québécois a subi une entorse à la cheville à Boston mercredi dernier et a donc joué blessé contre les Penguins vendredi.

Il a essayé à l’échauffement et ne se sentait pas à l’aise pour jouer, a dit l’entraîneur.

À une semaine de la date limite des échanges, le Tricolore quittera Montréal pour un voyage de trois matchs à Détroit, Washington et Ottawa.

Malgré les quatre défaites d’affilée, Jordan Weal a réitéré que l’équipe s’accroche toujours à son rêve, aussi chimérique soit-il, de participer aux séries éliminatoires.

On n’abandonne pas. Peu importe toutes les malchances qu’on a eues cette année, à quel point on travaille fort même si on n’obtient pas de résultats, il y a trop de caractère ici pour qu’on abandonne. Il y a beaucoup de joueurs ici qui n’ont jamais rien reçu en cadeau, ils ont travaillé pour tout ce qu’ils ont. Ça forge le caractère et ça paraît dans ce vestiaire. On croit encore en cette équipe. On a tellement un bon groupe. On va continuer à essayer et la chance va tourner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports