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chronique

Midget AAA : finie la discrimination envers les hockeyeurs du réseau scolaire

Des joueurs en blanc

Le Phénix du Collège Esther-Blondin est l'une des deux équipes de Laurentides Lanaudière dans la Ligue. midget AAA

Photo : Phénix du Collège Esther-Blondin : Laurent Corbeil

BILLET - Les dirigeants de Hockey Laurentides Lanaudière ne pourront plus exercer de discrimination envers les étudiants-hockeyeurs qui souhaitent se tailler une place au sein de la Ligue midget AAA.

La Ligue de hockey midget AAA constitue le sommet de la pyramide de développement du hockey mineur au Québec. On y retrouve en principe les 300 meilleurs joueurs de 15 et 16 ans de la province. Mais en août dernier, à leur grand déplaisir, les dirigeants de la ligue ont appris que les dirigeants de Hockey Laurentides Lanaudière faisaient dévier le Phénix du Collège Esther-Blondin et les Vikings de Saint-Eustache de leur mission d’excellence.

Dans ce texte, qui avait suscité de vives réactions partout au Québec, on apprenait que Hockey Laurentides Lanaudière demandait aux sélectionneurs du Phénix et des Vikings de retrancher systématiquement les joueurs qui provenaient de programmes de hockey scolaire, sauf ceux jugés capables de faire partie des cinq meilleurs joueurs de la formation.

Concrètement, cette discrimination avait pour effet de limiter le nombre de joueurs issus des programmes scolaires à environ deux par équipe. On favorisait ainsi grandement les joueurs ayant cheminé au sein de la structure civile (la Ligue d’excellence) de Hockey Québec. Et ce, même si les joueurs provenant du hockey scolaire déboursaient la même somme de 850 $ que les autres pour participer au camp!

C’est notre façon de voir les choses et elle est juste et équitable pour tout parent [...]. C’est un compromis que nous faisons, avait alors soutenu le directeur de la structure du Phénix et représentant de Hockey Laurentides Lanaudière, Pierre Vachon.

À talent égal, il est normal de privilégier les joueurs que nous avons développés et évalués 15 fois depuis plusieurs années. Si un joueur provenant du hockey scolaire n’est pas un incontournable capable de changer la dynamique de l’équipe, nous préférons qu’il aille jouer ailleurs. On se dit qu’on lui a donné la chance de se faire voir et d’être vu par une autre équipe de la Ligue midget AAA, avait aussi plaidé M. Vachon.


Clairement, les propos du représentant de Hockey Laurentides Lanaudière démontraient que dans cette région, les politicailleries et la protection du système de hockey civil prévalaient sur les objectifs de développement de la Ligue midget AAA.

Laurentides Lanaudière est l’une des régions administratives où l’on retrouve le plus de hockeyeurs au Québec. Mais en même temps, il s’agit de la région où sont établis le plus grand nombre de programmes de hockey scolaire. Ces critères de sélection discriminatoires avaient donc des effets néfastes.

Naguère l’un des programmes les plus performants de la Ligue midget AAA, le Phénix du Collège Esther-Blondin présente cette saison une fiche de 9 victoires et 27 revers. En 36 rencontres, cette équipe n’a marqué que 73 buts, le plus faible total parmi les 15 équipes de la ligue.

En août dernier, à titre d’exemple, l’un des derniers joueurs retranchés au camp du Phénix était l’attaquant Justin Veilleux, qui provenait de l’équipe scolaire du Collège Saint-Sacrement de Terrebonne. Or Veilleux est présentement le meilleur marqueur au Québec (22-37-59 en 26 matchs) au hockey juvénile scolaire! Il est certainement permis de croire qu’il aurait pu aider le Phénix cette saison. Comment peut-on prétendre faire du sport d’excellence en imposant des balises aussi absurdes?


En voyant ce qui s’était produit en août dernier, les dirigeants de la Ligue midget AAA s’étaient juré de casser cette situation malsaine. Et ces préoccupations ont aussitôt été abordées lors des négociations d’un nouveau protocole liant la Ligue midget AAA et Hockey Québec, dont la signature a été annoncée jeudi (Nouvelle fenêtre).

Ce protocole prévoit notamment que la Ligue s’engage à accorder la priorité aux trois-cents (300) meilleurs joueurs d’âge midget disponibles lors de la formation de ses équipes. Les parties conviennent également de tout mettre en œuvre afin que ces joueurs évoluent au sein de la Ligue.

Mais surtout, le protocole conclu entre HQ et la Ligue midget AAA aura pour effet de clarifier l’identité des propriétaires de chacune des 15 équipes de la Ligue midget AAA. La seule situation confuse qui persiste au Québec de ce côté-là est celle de la région Laurentides Lanaudière.

D’un côté, Hockey Laurentides Lanaudière prétend posséder les Vikings et le Phénix et estime en conséquence pouvoir imposer la sélection des joueurs de son choix. Mais de l’autre côté, les gérants des Vikings (François Gaudette) et du Phénix (le Collège Esther-Blondin) se disent les véritables propriétaires de ces équipes et rejettent toute ingérence de la part des représentants régionaux.

Une simple vérification au registre des entreprises du Québec corrobore la version de François Gaudette et des dirigeants du Collège Esther-Blondin. Jusqu’à présent, selon plusieurs sources, Hockey Laurentides Lanaudière n’a pas été en mesure de fournir de documents appuyant ses prétentions.


Un comité conjoint réglera définitivement cette question d’ici le début mai. Et nous ne sommes pas inquiets quant aux éventuelles conclusions, affirme-t-on du côté de la Ligue midget AAA. Je ne veux plus jamais qu’une telle situation se reproduise! Nous voulons que les 300 meilleurs joueurs au Québec aient leur place dans la Ligue midget AAA. Peu importe qu’ils proviennent du hockey scolaire ou civil, les 20 meilleurs joueurs d’une région doivent faire partie de notre ligue, soutient le président de la Ligue midget AAA, Yanick Lévesque.

Des gens ont peut-être oublié que la mission première de Ligue midget AAA consiste à développer et à préparer des joueurs pour les paliers supérieurs. C’est la porte d’entrée vers les niveaux de très haute compétition comme la LHJMQ. Si nous ne faisons pas notre travail, toute la structure s’en ressentira et ça ne marchera pas. Nous devons remplir notre mandat, ajoute-t-il.

À la fin des émissions, semble-t-il, les représentants de Hockey Laurentides Lanaudière n’auront plus de pouvoir décisionnel chez le Phénix et les Vikings. Leur rôle sera collaboratif. Le protocole conclu jeudi prévoit d’ailleurs que la Ligue s’engage à ce que les équipes invitent un délégué provenant de la structure intégrée ou de la région administrative à titre d’observateur, s’ils ne sont pas déjà membres du conseil d’administration, lors des réunions de leur conseil d’administration.

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