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Elles ont brillé il y a 10 ans à Vancouver : l'or et le respect pour les hockeyeuses

Les joueuses et l'entourage de l'équipe posent pour la postérité.

La photo d'équipe des Canadiennes, championnes du tournoi des Jeux olympiques de Vancouver.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Michel Chabot

Pour les 10 ans des Jeux olympiques de Vancouver, Radio-Canada Sports vous fait revivre les performances d’athlètes canadiens qui les ont animés. Avec un sans-faute contre les États-Unis en finale, les hockeyeuses ont gagné l'or, mais aussi du respect, se souvient Caroline Ouellette.

Caroline Ouellette n'oubliera jamais Vancouver. L’événement a été marquant, non seulement pour cette médaille d’or, mais aussi en raison de l’atmosphère qui régnait dans la ville.

« Plus on gagnait de médailles, plus les gens étaient habillés en Canada de la tête aux pieds, se remémore-t-elle. On avait l’impression de faire partie d’une grande fête. La foule aux matchs, c’était quelque chose d’extraordinaire. C’était tellement bruyant, ça criait : "Canada, Canada!". »

Jouer devant une foule partisane peut être une arme à double tranchant. Les Canadiennes voulaient donner un bon spectacle, mais espéraient surtout répondre aux attentes et atteindre leur but.

Pour nous, c’est sûr qu’il y avait beaucoup de pression d’être joueuses de hockey dans notre propre pays, mais d’un autre côté, comme athlète, c’est le plus grand rêve d’aller aux Jeux olympiques dans ton pays. Et depuis le début, nous avions choisi de voir ça comme la plus belle occasion que nous aurions dans nos carrières de jouer au Canada.

Caroline Ouellette, médaillée d'or en hockey aux Jeux de Vancouver
Les partisans encouragent leurs favorites.

Les Canadiennes jouaient devant une foule partisane pendant les Jeux de Vancouver en 2010.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

En route vers la finale, les joueuses de l’entraîneuse Melody Davidson s’étaient préparées avec dévouement et détermination. Elles avaient joué une soixantaine de matchs et avaient battu les Américaines six fois de suite.

« Nous étions confiantes, rappelle Ouellette. Pour moi, le souvenir de ce match-là, c’est un plan exécuté à la perfection. Gagner, c’est une chose, mais gagner quand tu sens que tu as mérité de le faire du début à la fin, c’est un sentiment incroyable. »

Au centre de Meaghan Agosta et de Jayna Hefford, Caroline Ouellette, alors âgée de 30 ans, a connu un tournoi grandiose avec 2 buts et 9 passes pour un total de 11 points. Mais elle préfère parler de l’équipe plutôt que de sa fiche personnelle. D’ailleurs, cette formation était tissée serrée, comme l’illustre cette anecdote : « Kim St-Pierre et Shannon Szabados avaient été nommées gardiennes 1 et 2, mais on ne savait pas qui allait garder les buts en finale à ce moment-là. Mais dans le match contre la Suède, Kim était devant le filet et après la deuxième période, elle est allée voir l’entraîneur-chef pour lui demander de donner l’occasion à Charline Labonté de jouer une période aux Olympiques.

Sans ce geste-là, Charline n’aurait jamais joué aux Jeux, elle aurait été en uniforme, mais c’est tout. Quand on pense à ses coéquipières avant soi, pour moi, c’est l’un des beaux gestes que j’ai vus aux Jeux olympiques. Je me souviens que nous avions toutes été inspirées et ça nous avait encore plus rassemblées.

Caroline Ouellette

Les grandes sœurs

Un autre épisode de solidarité et d’entraide, pour mieux intégrer la jeune Marie-Philip Poulin, aura jalonné la conquête vers l’or. Mais celui-là est survenu durant l’été précédent les Jeux. « Nous allions déménager à Calgary le 1er août et nous allions nous entraîner à temps plein ensemble, se souvient Caroline Ouellette. J’allais habiter avec mes grandes amies Kim (St-Pierre) et Charline (Labonté) et nous avons dû nous battre, moi la première, la plus loquace, pour que Hockey Canada accepte de nous confier la plus jeune de l’équipe, Marie-Philip. On l’adorait toutes comme une petite sœur et nous voulions l’aider dans sa première expérience olympique. Entre athlètes du Québec, ça nous rapprochait et nous savions que c’était une jeune joueuse qui promettait de devenir une des meilleures au monde.

« Une année olympique, ce n’est jamais facile. C’est six jours par semaine, beaucoup de volume d’entraînement. On veut en faire le plus possible pour atteindre la meilleure forme possible en février. Alors, nous croyions vraiment pouvoir l’aider et finalement, Hockey Canada avait accepté alors qu’au début, ils voulaient la placer en famille d’accueil.

Nous avons eu tellement de plaisir ensemble. C’était vraiment une belle équipe, un super mélange de vétéranes et de jeunes joueuses. D’ailleurs, Marie-Philip Poulin avait marqué nos deux buts en jouant au sein du quatrième trio. Ça prouve que tout le monde peut trouver une façon de contribuer.

Caroline Ouellette
Poulin saute dans les bras de Ouellette.

Marie-Philip Poulin et Caroline Ouellette célèbrent après un but.

Photo : The Associated Press / Matt Slocum

Le Canada a décroché à Vancouver 14 médailles d’or, un sommet à ces Jeux, et le plus haut total de son histoire. Il a fini 3e pour le nombre total de médailles avec 26.

Un triomphe mémorable

Cette victoire de 2-0 sur les États-Unis en finale se situe en haut de la liste de ses plus beaux souvenirs de hockey. « Jouer en finale olympique au Canada… je n’oublierai jamais cette foule-là. Et quelques jours plus tard, de voir l’équipe masculine faire de même, je vais toujours m’en souvenir. Faire partie d’un moment qui a marqué l’histoire du sport au Canada. C’est vraiment spécial. Ç’a certainement été l’une de mes plus belles saisons à vie. »

Cette conquête d’un troisième titre olympique de suite a apporté à Caroline Ouellette une grande satisfaction et elle a encore bien vives dans sa mémoire les émotions ressenties après l’ultime sirène.

« Une fierté incroyable, une joie indescriptible de célébrer avec tes coéquipières, avec la foule et tout le personnel qui a aidé l’équipe durant toute la saison, raconte-t-elle. Tu sens aussi que tu as accompli ton devoir et atteint ton objectif fixé depuis des années et des années. C’est une finale olympique aux quatre ans et celle-là était plus importante que les autres parce que depuis 2003, nous savions que nous serions le pays hôte. Depuis ce temps-là, nous voulions être en finale contre les Américaines et remporter l’or olympique contre elles. »

Ouellette s'apprête à prendre une photo de ses coéquipières.

Caroline Ouellette, Tessa Bonhomme, Megan Agosta, Gillian Apps et Jayna Hefford après leur victoire en finale en 2010.

Photo : The Canadian Press / Scott Gardner

Caroline Ouellette aura eu un parcours immaculé aux Jeux Olympiques. Elle a aussi participé à la conquête de l’or à Sotchi quatre ans plus tard. Mais elle insiste : 2010 a été un tournant pour le hockey féminin.

Avant Vancouver, les gens se moquaient encore du hockey féminin, de ce qu’on faisait et de la place des femmes dans le hockey. Et après les Jeux, ça a fait un virage à 180 degrés. À l’aréna, les gens, les petits garçons autant que les filles, venaient nous voir pour avoir des autographes. Et avec les Canadiennes de Montréal, on jouait à Étienne-Desmarteau. Et j’ai eu le grand honneur, après Vancouver, que la Ville de Montréal renomme l’aréna en mon nom.

Caroline Ouellette

« Et c’était très rare que j’y aille sans me faire arrêter pour prendre une photo, bien souvent avec des équipes masculines. C’est l’héritage que ces Olympiques ont laissé, c’est des milliers de jeunes filles et garçon qui rêvent des Jeux et qui respectent les athlètes féminines au même titre que les athlètes masculins. »

Les joueuses célèbrent près du filet.

Les réjouissances qui ont suivi la victoire de 2-0 sur les Américaines en finale des Jeux olympiques de Vancouver en 2010.

Photo : The Associated Press / Chris O'Meara

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