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L'histoire d'amour entre les sportifs et le sirop d'érable

Vasek Pospisil

Vasek Pospisil

Photo : Getty Images / Pascal Guyot

Radio-Canada

Les acériculteurs ne pouvaient rêver d’un meilleur ambassadeur pour le sirop d’érable que le joueur de tennis Vasek Pospisil.

Un texte de Josie-Anne Taillon

Dimanche, lors d'un match contre le Français Gaël Monfils en finale du tournoi de Montpellier, le Canadien a bu à même le goulot une gorgée de sirop d’érable. Le tout a été capté par les caméras sur le terrain.

Son compatriote et ami Félix Auger-Aliassime n’a pas tardé à partager la vidéo sur les réseaux sociaux, tout comme de nombreuses autres personnes. Pospisil ne s’en est pas formalisé, et a même vanté le lendemain les mérites du sirop d’érable.

Il a continué au cours des derniers jours à plaisanter sur le sujet. Mercredi, après son étonnante victoire contre le Russe Daniil Medvedev au tournoi de Rotterdam, il a expliqué qu’il a dû boire du sirop d’érable en finale à Montpellier parce qu’il n’avait plus de gel énergétique.

Sa physiothérapeute lui a alors suggéré de prendre du sirop d’érable puisque le jeune homme en a toujours dans ses bagages et qu’il adore le goût.

Le sport et le sirop d'érable

C’est un coup de publicité auquel les producteurs de sirop d’érable n’auraient pas osé rêver. Depuis 2012, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) consacrent beaucoup d’efforts à vanter les vertus du sirop d’érable dans le cadre de la performance sportive.

« Depuis 2015, le sirop d’érable est la source d’énergie officielle de la Fédération québécoise des sports cyclistes, et nous commanditons trois athlètes de haut niveau  », explique Mylène Denicolaï, directrice, promotion et développement des marchés à la PPAQ.

« Nous sommes présents à plusieurs événements sportifs avec des nutritionnistes pour présenter les produits et des recettes. Les premières années, les athlètes, qui ont des régimes très stricts, n'osaient pas goûter l'eau d'érable. Maintenant, après deux heures, le kiosque est vide. »

Le marché de la nutrition sportive est en plein essor. Selon un rapport de Zion Market Research, ce marché mondial représentait plus de 28 milliards de dollars en 2016 et devrait dépasser les 45 milliards en 2022. Et c’est l’Amérique du Nord qui détenait la plus grosse part du marché en 2016, avec 38 %.

Plusieurs petits sachets de gel énergétique au sirop d'érable

Les gels de la compagnie Brix

Photo : Radio-Canada / Cécile Gladel

Plusieurs entrepreneurs québécois l'ont compris. Les produits pour sportifs à base d’érable se multiplient : sirops ou gels énergétiques, électrolytes ou recettes de boissons désaltérantes n’en sont que quelques exemples. « On a fait une veille dernièrement [pour la PPQA], et on a compté une vingtaine de produits québécois différents à base d'érable pur destinés aux sportifs, alors qu'au départ, il n'y en avait aucun. On sent vraiment un engouement », mentionne Mylène Denicolaï.

Le sirop d’érable, c’est du sucre

Avant de boire au goulot votre sirop d’érable, soyons clairs, c’est du sucre. Avec les effets néfastes que ça comporte si l’on en consomme trop. Toutefois, la consommation de glucides en sport d'endurance est une pratique commune.

Du sirop

Photo : iStockphoto

Quant à l'effet du sirop d'érable sur les performances sportives, l'intérêt des chercheurs est plus récent. Jonathan Tremblay, professeur agrégé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, a comparé l’effet des boissons pour sportifs commerciales à l’utilisation d’eau d’érable ou de sirop d’érable lors d’une activité d’endurance.

Un jeune homme porte une boisson jaune à ses lèvres.

Les boissons pour le sport permettent une réhydratation rapide, mais elles contiennent une grande quantité de sucre.

Photo : iStock

Le résultat : à glucides égaux, les deux boissons se valent. « L'argument qui est intéressant, c'est qu'au lieu d'utiliser une boisson commerciale, on pourrait se faire soi-même une boisson à partir de sirop d'érable. Quelque chose qui devient, entre guillemets, plus naturel et plus accessible ».

Le professeur souligne que, pour le moment, il n'y a pas assez d'études pour affirmer que les éléments chimiques présents dans le sirop d'érable ont un effet sur la performance sportive. Une chose qui est bien connue, toutefois, c'est la rapidité d’absorption du sirop ou de l'eau d'érable. « Le sirop contient du saccharose, c'est une disaccharide, comme ce que l'on retrouve dans les boissons commerciales. Ce saccharose est mieux absorbé par le tube digestif et est plus disponible pour faire l’exercice. C'est intéressant du sirop d'érable, comparativement à d'autres sucres, comme le miel, par exemple », ajoute Jonathan Tremblay.

Quant à Vasek Pospisil, il semble convaincu. Les producteurs et productrices acéricoles du Québec affirment avoir déjà contacté son agent. Peut-être pour lui envoyer une cargaison de sirop d'érable? Qui sait.

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