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Les athlètes ne sont pas à l’abri de malaises cardiaques

Il patine avec la rondelle.

Jay Bouwmeester

Photo : Getty Images / Rich Lam

Radio-Canada

Le défenseur des Blues de St. Louis Jay Bouwmeester n’est pas le premier athlète à subir un malaise cardiaque en pratiquant son sport.

Un texte de Josie-Anne Taillon

Un autre affrontement de la Ligue nationale de hockey (LNH) avait dû être reporté en 2014 après que Rich Perverley, des Stars de Dallas, s'est effondré au banc des joueurs, comme Bouwmeester mardi.

Jacob De La Rose, ancien du Canadien du Montréal, a subi un épisode d’arythmie lors d'un match en mars dernier.

On se souviendra aussi de Jiri Fischer, joueur des Red Wings de Détroit victime d'un arrêt cardiaque au banc des siens en novembre 2005. Il était cliniquement mort avant d'être sauvé par des secouristes.

On pourrait penser aussi à la mort d'un coureur de 24 ans au dernier marathon de Montréal et à celle d'un autre jeune homme dans un demi-marathon à Ottawa en septembre dernier.

Ces événements nous rappellent que personne n’est à l’abri d'un malaise cardiaque. Radio-Canada Sports en a parlé avec le Dr Jocelyn Barriault, professeur adjoint à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chef du département de médecine d’urgence au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Les causes

Selon le Dr Barriault, la plupart des cas de malaise cardiaque et, ultimement, de mort subite chez les athlètes sont causés par trois conditions : l’anomalie électrique du cœur, l’anomalie congénitale, comme une malformation des parois du cœur ou d’une valve, et la maladie coronarienne.

Chez les athlètes de moins de 35 ans, l’anomalie est la cause la plus fréquente.

« Chez ces athlètes, la plupart du temps, ça va être associé à des problèmes électriques, des malformations du système électrique du cœur, souligne-t-il. Dans le cas d'arythmie électrique, le système est complètement bousillé et le cœur peut se mettre à battre de façon anarchique et ne plus avoir de circulation, il y a alors arrêt cardiaque et le patient s’effondre. »

Ils regardent vers le banc.

Les joueurs des Blues et des Ducks se réunissent près du banc où Jay Bouwmeester a perdu connaissance.

Photo : La Presse canadienne / Mark J. Terrill

Pour ce qui est des malformations cardiaques, il s’agit habituellement de personnes qui ignorent leur condition et qui subissent un malaise en faisant un effort. Il faut souligner que l’incidence de décès pour les athlètes de moins de 35 ans est plutôt basse, soit de 1 par année sur 50 000 cas en ce qui concerne les anomalies du système électrique du cœur et de 1 sur 100 000 pour les anomalies congénitales.

Et pour le Dr Barriault, il n’est pas fréquent qu’un athlète de haut niveau n’ait eu aucun signe précurseur.

[Un athlète] avec une anomalie congénitale ne passerait probablement pas toutes ces années à jouer au hockey sans avoir eu d’événement préalablement. Mais des fois, avec l’entraînement, l’exercice, chez certains patients prédisposés, il peut arriver qu’ils développent un problème, soit au niveau électrique soit au niveau structural du cœur ou une maladie coronarienne.

Dr Jocelyn Barriault, chef du département de médecine d’urgence au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

La maladie coronarienne

Chez les athlètes de plus de 35 ans qui subissent des malaises, la maladie coronarienne est plus souvent en cause. Des artères qui se bouchent et un effort physique plus intense qu’à l’habitude peuvent mener à l’infarctus.

Ça peut sembler étonnant dans le cas des athlètes professionnels dans la mesure où ils sont surveillés par une équipe médicale aguerrie. Mais les examens médicaux ne révèlent pas tout, rappelle le Dr Barriault.

« Je vous donne un exemple parallèle : un homme de 50 ans qui passe une épreuve à l’effort, on le met sur tapis roulant et on le teste jusqu’à 90-95 % de ses capacités. Ça n’élimine pas à 100 % le risque de maladie coronarienne. Il a quand même 2 % de risque de faire un événement coronarien dans l’année qui suit. »

Elle marche.

Une personne sur un tapis roulant

Photo : iStock

D'autres facteurs

On ne connaîtra probablement pas les détails du dossier de Jay Bouwmeester, mais le Dr Barriault croit qu’il peut y avoir d’autres pistes pour expliquer les malaises dont sont victimes des athlètes d’élite.

Il peut arriver d’autres circonstances. Le joueur avait joué avant, est-ce qu’il était assez hydraté? Assez reposé? Est-ce qu’il avait pris des stimulants comme des boissons énergétiques? C’est une autre donnée. Mais tout ce qui est stimulant et dopage, comme la pseudoéphédrine, ça a l’air de rien, mais ce n’est pas sans risque. Ça augmente la décharge adrénergique sur le cœur et ça peut mener à un malaise.

Dr Jocelyn Barriault, chef du département de médecine d’urgence au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Un athlète professionnel qui s’effondre lors d’une partie est une image qui frappe. Le Dr Barriault ne veut pas effrayer les gens qui pratiquent une activité physique. Il invite plutôt les athlètes de tous les niveaux à écouter leur corps s’il leur envoie des signes inquiétants et à avoir une bonne hygiène de vie.

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