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chronique

Révolution dans la LHJMQ : un vote sur l’abolition des bagarres aura lieu

Ils se battent sur la glace.

Jordan Lepage (no 5) et Thomas Ethier (no 17)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

BILLET - La LHJMQ tiendra la semaine prochaine une réunion qui pourrait marquer l’histoire. Les propriétaires et présidents des 18 équipes du circuit Courteau seront appelés à se prononcer sur l’adoption de règles pour abolir les bagarres à compter de la saison 2020-2021.

Si ces modifications réglementaires étaient entérinées par les deux tiers des membres, la LHJMQ deviendrait ainsi le premier circuit junior majeur canadien à systématiquement expulser des matchs les joueurs qui décideraient de jeter les gants et de se battre. Les trois ligues juniors majeures canadiennes (Ouest, Ontario et Québec) sont composées de joueurs de 16 à 20 ans.

En un demi-siècle d’histoire du circuit québécois, ce sera vraisemblablement la première fois qu’une telle proposition sera formellement soumise à un vote. 

En plus de l’adoption de cette mesure importante, des règles accessoires qui existent déjà et qui visent à abaisser le nombre de bagarres seraient dorénavant plus sévères. Par exemple, la règle actuelle prévoit que deux joueurs qui se battent dans les cinq dernières minutes d’un match écopent systématiquement d’une suspension d’une rencontre. Cette suspension pourrait dorénavant être portée à deux matchs ou plus.

« Il est difficile de prévoir exactement quel sera le bouquet de mesures adopté par les membres de la ligue parce que cette proposition n’a pas encore été secondée et que le débat n’a pas encore eu lieu. Mais je crois qu’il y a clairement un appétit au sein de la ligue afin que les bagarres soient sanctionnées plus sévèrement », explique le copropriétaire du Phoenix de Sherbrooke, Ronald Thibault.

Depuis cinq ans, ce dernier est aussi président de l’assemblée des membres de la LHJMQ (autrefois le bureau des gouverneurs).

« En tous les cas, je peux vous dire que le Phoenix de Sherbrooke est totalement en faveur de l’abolition des bagarres. Nous les considérons aussi inacceptables que n’importe quel autre coup porté à la tête », fait valoir M. Thibault.

***

En 2008, la LHJMQ n’avait pas retenu une proposition d’un comité consultatif présidé par Jacques Tellier et Danièle Sauvageau qui visait à imposer 15 minutes de pénalité (5 minutes pour s’être battu et 10 minutes d’inconduite) aux joueurs impliqués de leur plein gré dans une bagarre. Le commissaire Gilles Courteau avait alors argué que le nombre de bagarres diminuait constamment au sein de la LHJMQ et qu’elles ne constituaient pas un problème.

Au fil des ans, afin de réduire la fréquence des combats, la ligue s’était plutôt attaquée aux bagarres planifiées, aux agresseurs et aux joueurs qui engageaient le combat lorsqu’une autre altercation était déjà en cours sur la patinoire.

Vers la fin des années 2000, les statistiques avancées par la ligue faisaient effectivement état d’une constante diminution du nombre de combats. On était passé d’une moyenne de 2,4 bagarres par rencontre en 1993-1994 à une moyenne de 0,9 bagarre en 2007-2008. Cette saison, la moyenne se situerait à 0,26 par match.

Un important changement de culture est donc clairement survenu.

Cependant, en discutant avec divers intervenants, on se rend compte que certaines réticences subsistent encore par rapport à l’abolition des bagarres. On ne veut pas que les joueurs les plus talentueux deviennent soudainement la cible de joueurs salauds ou particulièrement narquois qui se sentiront protégés par les nouvelles règles.

« C’est clair que notre organisation votera en faveur de l’abolition des bagarres. Nous sommes rendus à cette étape. Ça n’a pas de bon sens de se battre sur une patinoire », soutient le président d’une équipe.

« En même temps, je n’ose pas m’aventurer et prédire le résultat du vote. Je sais qu’il y aura un bon débat et qu’il s’agit d’une question délicate. L’adoption d’une telle règle exigera un excellent jugement et une vigilance accrue de la part de nos arbitres. Si tous les joueurs de quatrième trio se mettent à picosser impunément des joueurs comme Alexis Lafrenière, la ligue et les amateurs en seront perdants », croit-il.

***

Signe des temps, outre ce vote historique qui sera suivi à la grandeur du pays, les membres représentant les 18 formations de la LHJMQ seront aussi appelés à se prononcer sur deux scénarios de diminution du nombre de matchs au calendrier.

On vise particulièrement à biffer des rencontres disputées du lundi au jeudi. Cette mesure favorisera notamment les études des joueurs.

Au tournant des années 2000, le calendrier de la LHJMQ comptait 72 matchs. Il avait été réduit à 70 en 2003, puis à 68 en 2008.

Or, la semaine prochaine, les dirigeants d’équipes seront appelés à se prononcer sur des scénarios de calendrier de 64 et de 60 matchs.

Une firme externe a été mandatée afin d’aider les équipes à bien mesurer les impacts économiques et sportifs de telles mesures. Plus de 400 personnes (notamment les joueurs, des parents et des agents) ont été consultées, et les membres de la ligue pourront s’appuyer sur les conclusions d’un volumineux rapport pour prendre leur décision.

« Je crois que le scénario de calendrier de 64 matchs sera adopté par les membres de la ligue. Une réduction à 60 matchs me semble trop drastique à ce moment-ci. Je crois préférable d’y aller par étape », fait valoir le président d’une équipe.

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