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Chronique

La fougue du CH, la fiche de Drouin et la surutilisation de Price

Quatre joueurs se sautent dans les bras.

L'ailier du Canadien llya Kovalchuk reçoit les accolades de ses coéquipiers après son but en prolongation contre les Maple Leafs de Toronto, samedi.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

BILLET - Sur papier, le Canadien n’est pas un vilain club de hockey. Sans plus. Cette équipe, toutefois, possède des qualités qui ne sont pas aussi courantes qu’on le croit dans le merveilleux monde du sport professionnel : elle travaille sans relâche et elle n’abandonne jamais.

Après la saison 2017-2018, Marc Bergevin avait fortement dénoncé la « mauvaise attitude » qui s’était installée dans le vestiaire de son équipe. Ce constat avait par la suite entraîné certains mouvements de personnel (les départs d’Alex Galchenyuk et de Max Pacioretty; l’arrivée de Max Domi, Tomas Tatar et Nick Suzuki, entre autres) ainsi que la nomination de Shea Weber à titre capitaine.

Depuis ce coup de barre, il faut le reconnaître, le Tricolore forme une équipe tissée très serrée et qui vend chèrement sa peau.

Les 96 points récoltés la saison dernière et une course aux séries qui s’est prolongée jusqu’à l’avant-dernière semaine du calendrier ont surpris tout le monde.

Et cette saison? Il aurait été extrêmement facile de tout remballer après avoir connu deux séries de huit défaites consécutives, après s’être façonné l’une des pires fiches de la LNH à domicile, après avoir vu disparaître le flanc droit de l’attaque sur la liste des blessés, et après s’être rendu compte que, finalement, il n’y avait pas de deuxième gardien dans le vestiaire.

Or, les hommes de Claude Julien continuent de se battre.

Les lecteurs de cette chronique savent que je n’ai pas l’habitude d’écrire en agitant des pompons. Mais cette séquence de 9 victoires en 12 matchs que le CH a complétée samedi en battant les Maple Leafs de Toronto en prolongation vaut certainement la peine d’être soulignée à grands traits.

Pas moins de 28 joueurs, dont 7 provenaient du Rocket de Laval, ont pris part à ces 12 derniers matchs lorsque le vestiaire était aux prises avec un virus et que des blessés manquaient toujours à l’appel. Et malgré tout, le Tricolore est parvenu à maintenir une étonnante cohésion et a continué de se battre pour éviter d’être exclu des séries.

Nous venons certainement d’assister à la séquence la plus impressionnante de la saison.

***

En ce qui concerne une éventuelle participation au tournoi printanier, toutefois, il faut se garder une petite réserve.

Les Hurricanes de la Caroline, qui détiennent le dernier rang donnant accès aux séries, maintiennent jusqu’à présent le rythme d’une saison de 99 points. Même chose pour les Flyers de Philadelphie, qui occupent le 9e rang.

Pour boucler la saison avec 100 points (ce qui serait ahurissant après avoir connu deux séries de huit revers consécutifs), le CH devrait empocher 39 points sur les 50 qui lui restent à disputer d’ici la fin du calendrier. On parle d’une ronflante moyenne de ,780. Ce n’est pas une petite commande.

***

Croyez-vous aux coïncidences ou pas?

Le 15 novembre dernier, le CH présentait une fiche de 11-5-3 (,657) et venait de signer à Washington son meilleur match des trois dernières années quand Jonathan Drouin et Paul Byron ont été inscrits sur la liste des blessés.

Durant leur absence (Drouin est revenu au jeu samedi contre les Leafs), l'équipe n’a pu faire mieux qu’un dossier de 16-18-4 (,473).

Jonathan Drouin

Jonathan Drouin

Photo : Getty Images / Christian Petersen

La saison passée, Paul Byron avait eu le même genre d’ascendant sur les résultats du Tricolore. Voici une note qui apparaissait dans mon calepin au printemps 2019 alors qu’il ne restait que cinq matchs à disputer au calendrier  : « Le Canadien avec Paul Byron : 32-18-4 (,630); le Canadien sans Paul Byron : 9-10-4 (,478). »

Byron, lorsqu’il est en santé, est l’un des joueurs les plus efficaces de la LNH à cinq contre cinq. Mais il n’est pas une supervedette. Le manque de profondeur, faut-il constater, peut donc faire très mal à une équipe de hockey. C’est une des raisons expliquant pourquoi l’ajout d’Ilya Kovalchuk a autant d’impact sur l'équipe.

***

Le CH présente une fiche de 25-23-7 (,535) cette saison. Les joueurs qui ont endossé l’uniforme à tous les matchs ont donc cette moyenne de ,535 collée à la peau. Mais qu’en est-il des joueurs qui, pour diverses raisons, ont parfois été exclus de la formation?

Ceux qui surpassent nettement la moyenne de l’équipe :

  • Drouin (12-5-3) ,675
  • Byron (11-5-3) ,657
  • Armia (24-14-6) ,614
  • Kovalchuk (9-6-0) ,600

Ceux qui se situent nettement sous la moyenne de l’équipe :

  • Kotkaniemi (11-19-6) ,389
  • Weal (14-19-6) ,435

***

Pour terminer, une petite réflexion concernant l’utilisation de Carey Price.

Le gardien du CH est celui qui a disputé le plus de minutes de jeu dans la LNH cette saison. Il a déjà obtenu 46 départs et défendu son filet durant près de 2722 minutes. Si la tendance se maintient, Price sera lancé dans la mêlée 66 fois cette saison.

L’an passé, il avait enregistré 64 départs et avait aussi été le gardien le plus utilisé de la ligue.

Carey Price et Jeff Petry

Carey Price (no 31) et Jeff Petry (no 26)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Tout le monde voit ce qui se passe. Il se passe en fait exactement la même chose que la saison dernière. Le CH n’a pas de gardien réserviste digne de confiance, l’équipe lutte pour sa survie et on presse le citron au maximum dans l’espoir de participer aux séries.

Est-ce que c’est viable?

Plusieurs gardiens ont disputé autour de 65 matchs au cours des 15 dernières années et aucun n’en est mort. Mais lorsqu’on regarde la tendance actuelle dans la LNH, on constate que parmi les duos de gardiens compilant les 10 meilleurs taux d’efficacité, neuf fonctionnent avec une répartition du travail plus équilibrée. Certains confient les deux tiers des départs à leur gardien numéro un, tandis que d’autres se rapprochent davantage d’un partage moitié-moitié.

Price figure parmi les cinq meilleurs gardiens de la ligue depuis le 1er décembre avec un taux d’efficacité de ,925. Il est tout simplement excellent!

En pressant le citron de la sorte et en ne réglant pas son sempiternel problème de deuxième gardien, le Tricolore ne court-il pas le risque, au bout du compte, d’hypothéquer le rendement et la longévité de son plus haut salarié?

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