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Violences sexuelles : démission du patron du patinage français

Didier Gailhaguet

Didier Gailhaguet

Photo : Reuters / Charles Platiau

Radio-Canada

Le long règne de Didier Gailhaguet à la tête du patinage français est terminé. Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a pris la porte samedi, contraint à la démission par le vaste scandale de violences sexuelles qui touche son association.

Moins d'une semaine après l'appel à la démission de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, et face à l'inquiétude de plus en plus forte des clubs de patinage, Didier Gailhaguet a mis un terme à une gouvernance quasi continue depuis 1998, mais interrompue par son rôle dans le scandale qui avait failli coûter aux Canadiens Jamie Salé et David Pelletier leur médaille d'or, à Salt Lake City.

« Dans un souci d'apaisement, j'ai pris avec philosophie, dignité, mais sans amertume la sage décision de démissionner », a-t-il annoncé aux journalistes à la sortie d'un conseil fédéral extraordinaire. La présidente du conseil fédéral, Maryvonne Del Torchio, qui a demandé à rencontrer Roxana Maracineanu, assurera l’intérim.

Gailhaguet a dénoncé « la dictature ministérielle et notamment la honteuse menace d'un retrait de l'agrément » de la fédération brandi par la ministre des Sports.

C'est une page qui se tourne dans l'univers des institutions sportives. L'homme de 66 ans avait dirigé la fédération presque sans interruption avec une parenthèse entre 2004 et 2007. Déjà, il avait dû démissionner sur fond de problèmes de gestion, avant d'être réélu. Il a cette fois été emporté par le scandale de violences sexuelles qui plonge depuis 10 jours le sport français dans une crise sans précédent.

Plusieurs anciennes patineuses ont accusé trois entraîneurs d'avoir abusé d'elles entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, quand elles étaient adolescentes. Parmi elles, Sarah Abitbol a indiqué dans son livre Un si long silence, paru le 30 janvier, que son entraîneur Gilles Beyer l'avait violée lorsqu'elle avait de 15 à 17 ans, dans les années 1990-1992.

Si l'ancienne patineuse n'a brisé le silence que 30 ans plus tard, la ministre des Sports a pointé le rôle de Gailhaguet dans le maintien de Beyer dans le circuit du patinage, malgré des soupçons remontant à 2000. À l'époque, un courrier de parents dénonçant ses attitudes inappropriées avait déclenché une enquête administrative qui avait conduit le ministère des Sports à mettre fin aux fonctions de Beyer le 31 mars 2001. Mais l'entraîneur avait réintégré le club parisien des Français volants, avait coordonné dans les années 2010 des tournées de gala de l'équipe de France et figurait dans l'encadrement des Bleus aux Championnats du monde juniors en 2011.

Roxana Maracineanu avait dénoncé un « dysfonctionnement général » et mis en cause la « responsabilité morale et personnelle » de Gailhaguet. D'autres voix s'étaient jointes à l'appel de la ministre, et l'inquiétude a rapidement augmenté dans les clubs de patinage, sur tout le territoire.

L'inamovible patron du patinage français s'est déjà sorti de périlleuses ornières. Éclaboussé par l'épisode Jamie Salé-David Pelletier, une affaire de tricherie aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, il avait été interdit de toute fonction dans le patinage international pendant trois ans.

Avec les informations de Agence France-Presse

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