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chronique

Canadien : pour améliorer l’équipe, Weber est le meilleur appât

Il fonce vers la rondelle.

Le capitaine du Canadien Shea Weber.

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

BILLET - Shea Weber est blessé. À court terme, son absence sera lourdement ressentie. Mais c’est peut-être l’occasion de s’y habituer. Le Canadien tutoie l’élimination depuis deux semaines déjà. À la date limite des échanges, Marc Bergevin sera dans le camp des vendeurs. Avec du flair, Weber pourrait lui permettre de réaliser un autre coup fumant, à la Pacioretty.

Je propose quelques avenues (échanges) possibles plus loin dans le texte, mais réglons d’abord l’aspect « sportivo-sentimental ».

Il faut donner pour recevoir

Les partisans se sont attachés à Weber. Il en reste encore plusieurs pour le haïr un peu parce qu’il a coûté P.K. Subban, mais la grande majorité des amateurs a appris à l’apprécier. Et pour cause!

Weber est très bon. C’est un joueur d’équipe. C’est le capitaine. Ses coéquipiers l’estiment. C’est un guerrier. Il a ralenti sur patins, mais il compense largement par d’autres aspects de son jeu, sa force physique et son tir foudroyant notamment.

À la baisse

Weber produit encore. Mais, d’une part, à 34 ans, sa date de péremption approche et sa valeur ira immanquablement en diminuant. Plus il attendra, plus Marc Bergevin devra baisser le prix s’il souhaite l’échanger. D’autre part, même si ses jeunes joueurs se développent bien, le Canadien ne sera vraisemblablement pas une menace avant trois ou même quatre ans. Physiquement, où en sera Weber à ce moment-là?

Par contre, l’équipe qui ferait son acquisition maintenant s’améliorerait en défense et ajouterait un élément important à ses unités spéciales, particulièrement l’avantage numérique.

Comme Pacioretty?

Sur le marché des échanges, la valeur de Weber se compare à celle de Max Pacioretty il y a deux ans. Elle n’est pas identique, mais comparable. Pacioretty était plus jeune, mais au moment où Bergevin l’a échangé, il venait de connaître une saison de 17 buts seulement. Il n’avait plus qu’une année à son contrat. Weber est plus âgé, mais il est sous contrat pour longtemps et ses statistiques sont aussi bonnes qu’à ses meilleures années.

Il se prépare à une mise en jeu.

Max Pacioretty a marqué 17 buts à sa dernière saison à Montréal.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

À court terme, c’est un coup gagnant. S’il négocie bien, Bergevin pourrait obtenir gros.

De l’espace sous le plafond

En le laissant filer, le directeur général dégagerait aussi un espace additionnel de plus de 7 millions de dollars sous le plafond salarial. Or, d’ici 18 mois, le Canadien devra négocier avec Brendan Gallagher, Jeff Petry, Max Domi, Tomas Tatar, Phillip Danault et Joel Armia. Cet espace sous le plafond ne sera pas seulement utile, il sera indispensable.

Quatre clients identifiables

Pour conclure un échange, Marc Bergevin doit trouver un interlocuteur qui répond essentiellement à deux critères :

  1. Il a besoin de Weber;
  2. Il possède la monnaie d’échange requise.

J’ai identifié quatre formations qui ont le profil. Je vous les présente dans le désordre. Je garde la meilleure pour la fin.

Évidemment, chaque échange potentiel devrait être fignolé avec l’ajout de joueurs d’appoint et de choix au repêchage.  

Les Stars de Dallas

Les Stars sont deuxièmes dans la Division centrale. Mais leur attaque vient au 26e rang dans la ligue et leurs défenseurs n’ont marqué que deux buts en avantage numérique cette saison. Weber est taillé pour les aider.

C’est cependant la seule des quatre équipes que j’ai identifiées qui n’a pas de jeune défenseur prometteur à proposer en retour. Le joueur convoité pourrait être le jeune centre Ty Dellandrea, auteur de 60 points en 38 matchs à Flint cette saison et qui s’est signalé avec l’équipe junior canadienne.

Un pépin : les Stars manquent d’espace sous le plafond. Avec Dellandrea, ils tenteront de refiler un joueur actif au CH. Le défenseur John Klingberg pourrait être acceptable et comblerait une partie des minutes de jeu de Weber.

Les Oilers d’Edmonton

Les Oilers ont le meilleur avantage numérique de la Ligue nationale. Qu’est-ce qu’ils feraient de Weber? C’est simple. Ils misent essentiellement sur la virtuosité de leurs attaquants pour obtenir de tels résultats. Imaginez s’ils forçaient l’adversaire à ouvrir la boîte défensive pour couvrir un joueur de pointe.

Weber leur serait très utile en défense. Ses 34 ans seraient un atout à Edmonton. Les trois défenseurs les plus utilisés sont Oscar Klefbom (26 ans) Darnell Nurse (25 ans) et Ethan Bear (22 ans). Avec ses qualités de meneur, les Oilers y gagneraient beaucoup.

Il tire au but.

Evan Bouchard

Photo : usa today sports / USA Today Sports

C’est justement Ethan Bear ou encore Evan Bouchard, un autre jeune défenseur, qui pourrait constituer la base de la demande de Marc Bergevin. Ajoutez aussi un ou des choix au repêchage.

Les Flyers de Philadelphie

Ce sont des rivaux directs. C’est moins agréable. Mais en Philippe Myers, les Flyers ont un défenseur de 23 ans qui trouverait sa place à Montréal. Droitier, il fait 1,96 m et sa fiche de +13 le place loin au premier rang des défenseurs des Flyers. Là aussi, Bergevin pourra demander davantage.

Il vient saluer son gardien après avoir marqué.

Philippe Myers (à droite)

Photo : Associated Press / Matt Slocum

Les Islanders de New York

Les Islanders ont besoin de vendre des billets. Leur chiffre d’assistance moyen est sous la barre des 13 000 spectateurs. Entrer dans les séries et y faire un bout de chemin est primordial pour l’organisation. Leur avantage numérique vient au 19e rang du circuit. Leurs 7 défenseurs totalisent 22 buts. Weber en a 13 à lui seul.

Barry Trotz les dirige. Trotz a dirigé Weber de 2005 à 2014 à Nashville. Les deux hommes ont encore des résidences d’été voisines.  

Les Islanders ont dans leur organisation un jeune défenseur droitier du nom de Noah Dobson. Choix de premier tour de l’organisation en 2018, il mesure 1,93 m, il est mobile, efficace. Et il n’a que 20 ans.

Il enfile un chandail.

Noah Dobson a été le 12e choix du repêchage de 2018

Photo : Associated Press / Michael Ainsworth

Les Islanders ont un coussin de cinq millions de dollars sous le plafond salarial. Il y aurait moyen de construire un échange favorable. Et au risque de me répéter, les Islanders ont intérêt à gagner maintenant. Marc Bergevin devrait peut-être téléphoner directement au propriétaire, Scott Malkin.

Quand Bergevin a acquis Weber contre Subban, dans son esprit, il a sacrifié la jeunesse du second pour les qualités immédiates du premier. Dans la situation actuelle, l’heure est peut-être venue de faire exactement l’inverse.

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