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Ils ont brillé il y a 10 ans à Vancouver : la descente en or d'Alexandre Bilodeau

Drapé du drapeau canadien, il lève le bras en l'air.

Alexandre Bilodeau célèbre sa victoire aux Olympiques de Vancouver en 2010.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Michel Chabot

Pour les 10 ans des Jeux olympiques de Vancouver, Radio-Canada Sports vous fait revivre les performances d’athlètes canadiens qui les ont animés. Alexandre Bilodeau, premier médaillé d’or et premier champion olympique canadien dans des Jeux au Canada, a ouvert le bal dans les bosses, un moment grandiose qu’il n’oubliera jamais.

« C’est plein de beaux souvenirs qui me reviennent en tête. C’étaient mes deuxièmes Olympiques, mais c’est un rêve qui est devenu réalité quand, au Canada, à la maison, j’ai remporté l’or olympique, c’est quelque chose d’exceptionnel que je n’oublierai jamais », raconte-t-il.

Alexandre Bilodeau a maintenant 32 ans et revoit à l'occasion sa descente victorieuse du 14 février 2010, surtout quand il est appelé à prononcer une conférence.

« C’est un moment qui est rempli d’émotions, dit-il. Ça me rappelle tout ce qui est venu avant la médaille, tous les efforts et l’équipe autour de moi qui a travaillé énormément pour me donner la possibilité de remporter l’or cette journée-là. »

On ne domine pas son sport sans être perfectionniste. Et le champion qu’il est s’amuse aujourd’hui à analyser sa descente avec un œil critique.

Je ne vois que mes erreurs. Vancouver, c’était une piste qui n’était pas évidente à cause de la qualité de la neige. Il faisait 5 degrés. Beaucoup de personnes ont eu des difficultés cette journée-là. Donc, c’est sûr que tu ne peux pas faire une descente parfaite. Tu pousses à la limite et souvent, quand tu remportes une course, on y va à l’emporte-pièce, mais on essaie de garder ça beau pour les juges.

Alexandre Bilodeau, médaillé d'or en bosses aux Jeux de Vancouver

« Des fois, je vois la caméra de côté et on voit plus d’erreurs que la caméra de devant et on sait que les juges sont devant, précise-t-il. Mais en même temps, de repousser sa limite de vitesse, sa limite de saut, de technique également. J’ai gardé un bon package pour la vue des juges, mais j’ai réussi à aller beaucoup plus vite et beaucoup plus haut qu’à l’entraînement. »

Le Canada a décroché à Vancouver 14 médailles d’or, un sommet à ces Jeux et le plus haut total de son histoire. Il a fini 3e pour son nombre total de médailles (26).

Dans ses souvenirs, Alexandre Bilodeau voit encore clairement à quel point les jours précédant les Jeux ont été comme des montagnes russes sur le plan émotif.

« La veille, je n’arrivais pas à dormir, se souvient-il. J’ai eu une rencontre avec mon psychologue jusqu’à minuit le soir. Il a réussi à me calmer avec quelques trucs, il me connaissait bien. Il m’a fait réaliser à quel point j’étais bien. Et oui, j’étais prêt, je devais laisser les choses aller. Ça te remet en confiance. »

Il n’était pas au bout de ses peines et le jour de la course, à nouveau, il y a eu des hauts et des bas dont il se souvient avec humour et émotion.

Juste avant la course, j’étais dans le remonte-pente seul, il faisait noir. Il n’y avait que la piste qui était illuminée, je voyais à peine mes skis. Tu te sens seul au monde. C’est le dernier remonte-pente, c’est là que ça se passe, ça fait quatre ans que j’attends. Cette remontée a été longue. J’ai encore eu des montagnes russes. Au deuxième poteau, j’étais déprimé et au cinquième, j’étais motivé. Ç’a vraiment été une vague d’émotions.

Alexandre Bilodeau

« Mais j’étais préparé pour ça, je me recentrais avec les trucs de mon psychologue sportif pour revenir à la tâche qui était importante. »

Cette première médaille a changé sa vie, il l’admet volontiers. Mais à 22 ans, il lui restait un autre cycle olympique à affronter. Quatre autres années avant la médaille d’or qu’il décrochera aussi à Sotchi en 2014.

il croque sa médaille d'or

Alexandre Bilodeau

Photo : La Presse canadienne / Nathan Dennette

« L’important c’était d’être bien entouré pour garder le cap sur la victoire, de continuer à performer, de continuer à remporter des médailles, de continuer à exceller et à pousser. Et j’avais le meilleur entourage que j’aurais pu demander. »

Il y a beaucoup de distractions, de demandes et il faut trouver le bon équilibre entre profiter du moment et rester focalisé sur le travail. Chaque jour, il faut que tu te prouves même si tu es champion olympique. Tout le monde vient te flatter, ‘’tu es le meilleur, tu es le meilleur’’, mais en même temps, rendu sur la piste, tout le monde veut ta place.

Alexandre Bilodeau

Devenu comptable, Alexandre Bilodeau dresse ce parallèle avec le monde des affaires.

« Quand tu es au sommet de ton industrie, tout le monde veut t’arracher des parts de marché. C’est pour ça qu’on ne voit pas beaucoup d’Olympiens remporter la médaille d’or deux Jeux de suite dans la même discipline individuelle. Mais je m’étais assis avec mes entraîneurs pour faire un plan de match, explique-t-il. Certaines personnes m’ont trouvé très intense entre Vancouver et Sotchi. Mais chaque fois que j’étais en piste, à l’entraînement ou en compétition, mon objectif était d’être le meilleur au monde. »

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