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À flanc de montagne, en toute liberté

Un planchiste fait une saut durant une descente de la Coupe du monde de freeride.

Un planchiste durant une descente de la Coupe du monde de freeride

Photo : You Tube / Freeride world tour

La station de ski Kicking Horse, en Colombie-Britannique, accueille depuis jeudi – et jusqu'à mercredi – la deuxième étape de la Coupe du monde de ski et de surf des neiges libres (Freeride World Tour), la seule en Amérique du Nord.

Il s'agit de la 11e Coupe du monde, qui parcourt la planète, du Japon à la Principauté d'Andorre en passant par l’Autriche et la Suisse.

Tout a commencé à Verbier, en Suisse, et aujourd’hui, les étapes du Freeride World Tour sont l’occasion de voir à l’œuvre les meilleurs athlètes du monde dans quatre catégories : ski (hommes et femmes) et planche (hommes et femmes).

Deux Québécois font partie de l’organisation : Laurent Gauthier, l'un des cinq juges, et Émile Lavoie, qui est chargé des retransmissions télévisuelles et des communications internationales.

Les compétitions se déroulent en terrain naturel. Afin d’obtenir la meilleure météo possible, les organisateurs se donnent une fenêtre d’une semaine pour choisir la meilleure journée.

Trouver le bon jour

C’est pour cette raison que l’épreuve de Kicking Horse a lieu du 6 au 12 février. Les athlètes sont prévenus deux jours à l’avance, voire la veille du jour de la compétition.

« On choisit toujours une journée "fair" [juste], explique Laurent Gauthier, lui-même ancien athlète de ski libre, c’est-à-dire une journée où les conditions resteront à peu près les mêmes pour les trois à quatre heures que dure la compétition.

Une montagne enneigée

La porte de départ en haut de la montagne, et tout en bas à gauche l'arrivée

Photo : You Tube / Freeride world tour

« Notre priorité, c’est la sécurité des athlètes. Ensuite, il faut aussi s’assurer que les juges pourront bien voir les athlètes et qu'on pourra filmer correctement les athlètes, notamment avec un hélicoptère, car ça va vite. Deux jours avant la fenêtre météo, ils reçoivent leur dossard et peuvent préparer leur trajectoire. »

Il n’y a en effet aucun parcours préétabli. Il existe une porte de départ et une porte d’arrivée, et, entre les deux, à chaque athlète de choisir sa ligne à travers les corniches, les falaises et les couloirs. Et tout se joue sur une seule descente, qui dure entre une et trois minutes.

« Les faces peuvent faire jusqu'à 600 mètres de dénivelé, et il peut y avoir des sections très raides, à 55 degrés, précise Émile Lavoie. Il n’y a pas de reconnaissance sur la face même; seule une reconnaissance visuelle est autorisée. La lecture du terrain est primordiale pour s’en sortir. Il faut savoir comprendre la neige afin d’être constant sur ses skis malgré les différents types de neiges. »

Il prend des notes sur une feuille avec un crayon à mine.

Laurent Gauthier, juge, Freeride World Tour

Photo : Antoine Caron Cabana

« Il y a en moyenne trois juges, un juge en chef qui vérifie les notes de chacun et un juge vidéo, explique Laurent Gauthier. Nous sommes tous d’anciens athlètes de ski libre. Concrètement, nous sommes situés sur une face opposée à la montagne et nous suivons les athlètes avec des jumelles. »

« On évalue cinq critères : la fluidité; le choix de la ligne et sa difficulté; la maîtrise; les sauts et le style; et enfin la technique », précise-t-il.

Les cinq étapes de la Coupe du monde offrent aux participants des montagnes différentes et, donc, des pentes et des descentes différentes.

« Plus la face est raide, comme au Japon, plus les athlètes au style traditionnel sont avantagés, c’est-à-dire ceux qui privilégient la vitesse et les sauts, affirme Laurent Gauthier. Sur une face moins raide, comme en Autriche ou en Suisse, les athlètes plus jeunes peuvent plus s’exprimer avec des flips et des spins. »

Pas de chrono, mais pas de pause

Une fois la porte de départ – une grande plateforme métallique – franchie, les athlètes doivent garder leur rythme. Pas question d’hésiter.

Il sourit pour un égoportrait.

Émile Lavoie, responsable des retransmissions télévisées et des communications internationales, Freeride World Tour

Photo : Instagram / Émile Lavoie

« Ils doivent avoir une vision 3D, se voir skier d’avance, explique Émile Lavoie. Les athlètes doivent faire attention à ne pas perdre leur ligne, car ils ne doivent pas s’arrêter.

« Même si les descentes ne sont pas chronométrées, précise-t-il, comme la fluidité est l'un des critères jugés, les arrêts et les hésitations pénalisent les concurrents. S’ils perdent leur ligne, ils doivent improviser et continuer. »

L’épreuve de Kicking Horse est très appréciée des athlètes.

« La température est sèche, car c’est collé à l’Alberta; il n’y a pas beaucoup d’arbres, et sur les trois ou quatre crêtes disponibles, il y a plus de 100 couloirs. C’est un terrain digne des Alpes ou de l’Alaska, compare Émile Lavoie. On appelle Kicking Horse la "Champagne Powder Capital of Canada" tellement elle est légère. » (capitale de la poudreuse champagne du Canada)

NDLR: La compétition a eu lieu dimanche 10 février. En ski, chez les hommes, le Suédois Kristofer Turdell l'a emporté. Le Canadien Tom Peiffer a fini 7e. Chez les femmes, c'est la Néo-Zélandaise Jessica Hotter qui a gagné l'épreuve.

Les étapes de la Coupe du monde sont très suivies en Europe grâce à un dispositif technologique impressionnant. De nombreuses caméras placées stratégiquement, dans un hélicoptère, suivent les descentes des athlètes.

Des points sur une montagne

Le nombre et la position des caméras sur la face de la montagne

Photo : You Tube / Freeride world tour

« On fait de la captation web en direct. Une centaine de pays reprennent nos émissions et nos résumés, indique Émile Lavoie. Les plus friands sont l’Italie, la France et les pays scandinaves, mais aussi les États-Unis et le Canada. Sur le digital [numérique], c’est 100 millions de vues vidéo. Il y a de la captation en coulisses pour des sites spécialisés. On a aussi une très bonne couverture [de la] presse. »

Le Freeride World Tour est financé par de nombreux commanditaires, principalement le constructeur automobile Audi. Les frais engendrés par les athlètes de haut niveau en compétition sont couverts par leurs commanditaires respectifs.

La porte vers les Jeux olympiques

Grâce à une telle visibilité, le ski libre pourrait éventuellement intéresser le Comité international olympique (CIO), qui cherche à diversifier et à dynamiser le programme olympique.

« On en a déjà discuté à l’interne. Notre siège social est à Lausanne, près du CIO, et notre grand patron connaît bien le président du CIO, révèle M. Lavoie. On pourrait envisager cette voie, même si rien n’a été entamé. On a fait des compétitions en Russie, au Japon, en Colombie-Britannique et dans les Alpes, où il y a déjà eu des Jeux olympiques (JO). »

« Mais on ne veut pas dénaturer notre sport, prévient Émile Lavoie. A-t-on les mêmes valeurs? La porte n’est pas fermée. On le voit avec la portion freestyle [figures libres] aux JO; c’est bien de voir que le programme des Jeux olympiques d’hiver est prêt à taper dans des sports plus jeunes, qui se développent. »

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