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Quel effet la victoire de Laurent Duvernay-Tardif aura-t-elle sur le football québécois?

Le quart des Chiefs Patrick Mahomes et le garde québécois Laurent Duvernay-Tardif se frayent un chemin à travers les photographes après leur victoire au Super Bowl LIV.

Photo : Reuters / Shannon Stapleton

Radio-Canada

Le petit monde du football québécois a suivi avec intérêt l’exploit qu’a réalisé dimanche Laurent Duvernay-Tardif, le premier joueur né au Québec à gagner le Super Bowl. Ses intervenants espèrent désormais que l'histoire de « LDT » aura des répercussions durables sur ce sport qui a eu mauvaise presse au cours des dernières années.

Le directeur des services aux élèves et des sports du Collège Jean-Eudes, Alexandre Dufresne, se souvient qu’il y a une décennie, plus de 200 joueurs faisaient partie du programme de football des Aigles. Ils sont maintenant environ 120.

Les enjeux liés à la sécurité et aux commotions cérébrales, entre autres facteurs, ont fait mal aux perspectives de recrutement. M. Dufresne souhaite que la victoire des Chiefs de Laurent Duvernay-Tardif contre les 49ers de San Francisco puisse ramener les jeunes au football.

« C’est un très beau sport d’équipe, un des plus beaux qui existent, assure M. Dufresne. Énormément de valeurs sont véhiculées à travers ce sport. Nous avons pu faire un travail colossal sur les mesures qu’on met en place pour que le sport soit sécuritaire. Maintenant, c’est les parents qu’on doit rassurer. Donc, je souhaite que cette victoire-là puisse sécuriser les gens par rapport au football au Québec. »

« Évidemment, avec toute la couverture médiatique, ce que ça va amener comme message, c’est que c'est possible, c’est atteignable, a ajouté Mathieu Pronovost, entraîneur-chef par intérim des Carabins de l'Université de Montréal. Pendant longtemps, c’était seulement des Américains qui jouaient dans la NFL. Ça envoie un message qui va peut-être faire rayonner les jeunes un peu partout au Québec qui vont vouloir s’inscrire au foot […] Je pense que ça va faire du bien au football québécois d’avoir des nouvelles plus positives. »

Même son de cloche du côté de la Fédération de football du Québec. Son président par intérim, Bertrand De Serres, soutient que les efforts destinés à rendre le sport plus sécuritaire se sont traduits par une diminution des cas de commotion cérébrale de l’ordre de 25 à 30 %.

« Les méthodes d’entraînement ont complètement changé, souligne M. De Serres. On a changé la vision sur le plan de la sécurité du sport, le type de contact. Les réglementations ont été resserrées autant à Football Canada qu’à Football Québec. Les arbitres sont très sévères. Certains coups qui étaient habituels avant ne sont plus permis. On les voit de temps en temps encore dans le football professionnel, mais chez nous, ç’a changé. »

À Jean-Eudes, les enjeux de sécurité font partie du discours, mais ce n’est pas ce qui anime les jeunes en ce lendemain de Super Bowl, loin de là.

Les joueurs des Aigles se sont rassemblés, dimanche, pour regarder les 49ers et, surtout, les Chiefs à l’œuvre. Après la victoire de Duvernay-Tardif, une formule revient souvent : oui, c’est possible.

« Ce n’était jamais arrivé qu’un Québécois gagne le Super Bowl, rappelle Élie Bourget, élève de cinquième secondaire. En plus, il y a beaucoup de Québécois qui partent tôt aux États-Unis. Mais lui, il a même fait son cégep au Québec. Il a joué longtemps au Québec. Ça nous montre que tout est possible, qu’on peut quand même finir au plus haut niveau. »

Il fait beaucoup d’efforts. C’est un monsieur très gentil en plus. C’est un homme parfait.

Élie Bourget, élève de cinquième secondaire au Collège Jean-Eudes

« Notre programme de football, à Jean-Eudes, est déjà exceptionnel, ajoute Maxime Chayer-Lanthier, élève de quatrième secondaire. Ça en encouragera peut-être d’autres à venir au football. Déjà, on a beaucoup de nouvelles recrues de ce temps-ci. »

Le souhait de tous les intervenants est que de plus en plus de garçons puissent profiter de l’encadrement d’un programme de football pour acquérir des valeurs qui les suivra toute leur vie : le travail d’équipe, le sentiment d’appartenance, la persévérance.

Bertrand De Serres souligne que Laurent Duvernay-Tardif, qui est parvenu à obtenir son doctorat en médecine en parallèle à sa carrière dans la NFL, incarne parfaitement ces valeurs.

« Laurent, sa position [de garde] sur le terrain, ce n’est pas une position nécessairement glamour. On voit ça comme un rôle obscur, mais ça illustre très bien notre sport, indique-t-il. Les 12 joueurs sont importants. Tous les joueurs d’une équipe qui remporte une victoire ont eu leur importance. »

Permis de rêver

Évidemment, la victoire de Duvernay-Tardif et des Chiefs alimentera le rêve de plusieurs jeunes qui voudront suivre ses traces.

Pour Pier-Olivier Lestage, joueur de ligne offensive des Carabins, le rêve est plutôt survenu six ans plus tôt.

« Ce qui m’a ouvert les yeux, c’est quand il s’est fait repêcher. Quand j’ai vu qu’un Québécois pouvait se faire repêcher, tu vois ça d’un autre œil. Tu fais comme : OK, c’est quelque chose qui peut peut-être être accessible. Quand tu vois qu’il y a des Québécois qui réussissent à se rendre là, dans la NFL, c’est sûr que ça te donne une petite tape dans le dos et tu te dis que toi aussi tu es capable d’y arriver.

« J’espère qu’Anthony Auclair, qui est avec les Buccaneers, va aussi en gagner un. Ça peut juste être bon pour le futur du football québécois. »

« Ce que ça démontre, c’est que la structure du football amateur au Québec s’est bien développée à tous les niveaux pour permettre à quelqu’un qui passe par le cheminement de sport universitaire canadien d'être capable d’avoir accès aux portes de la NFL », a ajouté Mathieu Pronovost.

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