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Courte piste : Jordan Pierre-Gilles et Rikki Doak, des recrues prometteuses

Deux patineurs en entrevue

Jordan Pierre-Gilles et Rikki Doak

Photo : Radio-Canada / Sylvain Charest

Michel Chabot

La saison de patinage de vitesse sur courte piste se poursuit en Europe avec les deux dernières Coupes du monde de la saison, à Dresde en Allemagne, ce week-end, et la semaine suivante à Dordrecht, aux Pays-Bas.

Les jeunes athlètes de l’équipe canadienne voudront emmagasiner de l’expérience et assurer leur place aux mondiaux, en Corée du Sud, à la mi-mars.

Rikki Doak en est sa première saison sur le circuit. La Néo-Brunswickoise de 21 ans apprend à la dure. Ses premières expériences au niveau international, à Salt Lake City et à Montréal l’automne dernier, l’ont quelque peu ébranlée.

Lors des deux premières Coupes du monde, j’étais super nerveuse et je n’ai pas patiné comme je le fais habituellement ou pendant les sélections nationales. J’étais énervée à cause de tout le monde présent et je n’avais pas d’expérience internationale. Alors, je tombais souvent et je faisais des gestes peu intelligents.

Rikki Doak, patineuse de l'équipe canadienne

L’étudiante en administration des affaires à l’Université Concordia avait tout de même réussi à accéder à sa première finale B lors du 1000 m à l’aréna Maurice-Richard, mais elle a ensuite élevé son niveau aux Coupes du monde de Nagoya et de Shanghai.

« Pour les troisième et quatrième Coupes du monde, je m’étais habituée davantage, confie-t-elle. Et maintenant, je crois que je serai plus à l’aise. J’ai travaillé sur ma technique, alors peut-être que je resterai sur pieds dorénavant. »

« De son côté, elle voit surtout le négatif, mais nous lui faisons aussi voir du positif dans ce qu’elle a fait, dit Frédéric Blackburn, entraîneur de la formation féminine. Oui, il y a eu beaucoup de chutes, mais c’était surtout des accrochages. Ses solides performances en Asie, on ne s’y attendait pas même si nous avons beaucoup travaillé. Elle s’améliore beaucoup. »

Au Japon, Doak s’est qualifiée pour la finale B du 500 m et s’est montrée plus combative avant de finir au 3e et dernier rang, ce qui l’a laissée avec une 7e place au classement de la distance.

« J’ai essayé de dépasser une très bonne Italienne (Martina Valcepina), explique-t-elle. J’y suis parvenue, mais elle m’a dépassée à son tour. Mais au moins, j’ai essayé. Je dois voir mes adversaires comme des patineurs et ne pas penser à leur réputation ni à leur palmarès en me disant que je ne pourrai pas les devancer. Je dois travailler sur ma confiance. Mais c’est dur quand on commence. »

Elle a un potentiel physique énorme. Dans les tests que nous faisons, elle est parmi les meilleures. Le gros du travail, c’est le maintien technique. Quand elle va avoir ça, sa confiance va augmenter. Quand la confiance va être là, elle va se développer.

Frédéric Blackburn, entraîneur de l'équipe féminine du Canada

Doak patine depuis 2005, mais ce n’est qu’en 2019 qu’elle s’est mise à le faire avec sérieux, après une saison au Centre régional de Montréal, sous la férule de Marc Gagnon.

« Avant, je n’étais pas si dévouée, je patinais pour le plaisir. Puis, je me suis mise à aimer le sport davantage et je me suis dit que je voulais me qualifier au sein de l’équipe féminine et participer aux Coupes du monde. Et j’y suis arrivée », dit-elle, réjouie.

Elle amorce un virage.

Rikki Doak à l'entraînement

Photo : Patinage de vitesse Canada

En Courtney Sarault, originaire de la même province qu’elle, la jeune femme a une précieuse alliée dans l’équipe.

« Nous nous épaulions au Nouveau-Brunswick et nous le faisons maintenant ici. C’est bien d’avoir un visage familier avec moi. Sur le circuit, elle me conseille sur des trucs précis. Elle me dit de rester calme, que j’ai ce qu’il faut, la puissance et tout. Je le fais pour elle aussi. »

En Europe, elle souhaite améliorer ses résultats, mais elle sait qu’elle devra se montrer forte mentalement pour y arriver.

« Je veux accéder à une finale A, dit-elle. J’ai besoin de croire en moi, de patiner comme ici à l’entraînement. Le psychologue me dit de patiner et de moins penser. »

Jordan Pierre-Gilles, un patineur décontracté

Jordan Pierre-Gilles en est lui aussi à ses premières armes en Coupe du monde, mais son approche diffère de celle de sa compatriote.

Le Sherbrookois, également âgé de 21 ans, est revenu enchanté d’Asie au terme de ses deux premiers événements internationaux.

« Ç’a bien été, vraiment. Je n’avais pas d’attentes, alors je suis allé là pour m’amuser et apprendre, raconte-t-il. Sur les quatre courses, j’ai réussi à faire trois tops 10. J’étais surpris quand même et c’est encourageant. »

« Il a été surprenant à ses premières Coupes du monde parce qu’il était dans la bonne zone, affirme Sébastien Cros, entraîneur de l'équipe masculine. Ce qui l’aide, c’est qu’il a sa routine, il est concentré sur ce qu’il a à faire. Il arrive sur la glace et il donne tout. Et il se passe ce qui se passe. »

N’allez pas croire que le spécialiste des 500 et 1000 m l’a toujours eu facile et qu’il prend les choses à la légère. Au contraire, les embûches ont forgé son caractère.

Je suis arrivé à Montréal à ma dernière année junior avec l’objectif de me classer pour les Championnats du monde. Je n’y suis pas arrivé et c’est l'une des choses qui m’a fait apprendre beaucoup. Ça m’a motivé. C’est motivant quand on a des succès, mais ça peut l’être aussi quand on vit de gros échecs. Dans ma carrière, ç’a été un tournant important.

Jordan Pierre-Gilles

« J’ai appris à gérer mon stress, poursuit-il. J’ai eu beaucoup de compétitions qui étaient pires encore que des Coupes du monde parce que c’était pour me qualifier au sein de l’équipe nationale et c’était un peu ma carrière qui était en jeu. Là, je suis rendu où je voulais être cette année et c’est une étape à la fois. »

Assurément, nous dit son entraîneur, le jeune homme a un beau potentiel et il sera à surveiller dans les années à venir.

Il s'entraîne avec ses coéquipiers.

Jordan Pierre-Gilles

Photo : Patinage de vitesse Canada

« Il est très explosif, dynamique et il a une très bonne technique aussi, mentionne Cros. Il a de bons instincts en général. Mais avec lui, on en est à l’adaptation de ce qu’il fait déjà bien, mais à un niveau plus élevé. C’est la même chose, mais il faut être plus rapide et plus juste dans les décisions. Mais je dirais que c’est déjà un athlète qui a de bonnes capacités. »

Dans sa ligne de mire, déjà, Pierre-Gilles pense à Pékin 2022. Un but réaliste, croit-il, à la lumière de sa courbe de progression des dernières années.

Il se concentre pour l’instant sur Dresde et Dordrecht, qu’il aborde avec de plus grandes attentes.

Plus les choses avancent et plus je vois les possibilités dans les compétitions. C’est sûr que j’aimerais ça vraiment bien faire en Europe pour pouvoir me tailler une place dans l’équipe des Championnats du monde.

Jordan Pierre-Gilles

« Ça changerait l’allure de la fin de la saison et ça enlèverait le stress d’avoir à faire les sélections nationales de fin d’année, renchérit l’athlète qui complétera son diplôme en sciences humaines au Cégep de Maisonneuve ce printemps. Mais je ne mets pas trop de pression avec ça. Jusqu’ici, ça s’est bien passé quand j’étais relax et que je me faisais confiance, alors je vais continuer dans cette voie-là. »

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