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Gestionnaire dans l'âme, Olivier Renard a confiance en son Impact

Il répond à une question en conférence de presse.

Olivier Renard

Photo : Getty Images / AFP/SEBASTIEN ST-JEAN

Olivier Tremblay

Ne l’appelez pas « monsieur le directeur ». Il n’aime pas ça. Appelez-le donc par son prénom. Olivier Renard a beau être le directeur sportif de l’Impact de Montréal, il assure que son travail n’est pas plus essentiel que celui des employés de bureau. Il ne veut pas jouer au gros bonnet. « Quelle que soit ta fonction dans le club, soutient-il, tu mérites que l’importance de ton travail soit soulignée. »

Peut-être est-ce pour cela que l’Impact ne semble pas courtiser de joueur vedette à la Didier Drogba, qui risquerait de devenir plus gros que le club. Peut-être est-ce pour cela que Renard, de concert avec son entraîneur Thierry Henry, souhaite surtout donner à l’effectif actuel et à des jeunes la chance de briller.

Cette idée selon laquelle le groupe de joueurs qui amorcera la saison 2020 du Bleu-blanc-noir, tel qu’on le connaît aujourd’hui, sera incapable d’être concurrentiel, elle l’ulcère. Son équipe, Renard y croit, et l’avis extérieur ne l’intéresse pas.

S’il faut dépenser, il le fera, les ressources financières le permettant. Mais quand l’équipe a annoncé sa nomination, le 28 septembre dernier, le club a bien pris soin de situer les réussites passées de Renard comme directeur sportif en Belgique dans le contexte de ses aptitudes à former des joueurs et à en retirer des profits lorsqu’ils s’en vont : 13 millions d’euros à Malines, puis 50 millions au Standard de Liège.

Prendre des inconnus. Les rendre connus. Les mener vers leur prochaine étape sportive. Recommencer.

« Je l’ai déjà déclaré. Moi, je préfère vraiment avoir deux fois des critiques : des critiques où on dit "l’effectif n’est pas assez fort, il est allé chercher X ou Y", et quand X ou Y part, des critiques où on dit "on les a vendus, qu’est-ce qu’on va faire sans X ou Y", explique Renard, rencontré à Orlando. Donc ça veut dire que, entre les deux critiques, ç’a été positif. Et ça, je n’ai aucun problème par rapport à cette pression, entre guillemets, de dire : "Est-ce que l’effectif est assez fort ou pas?" Au football, on ne sait jamais. »

Je crois que la base primordiale pour essayer de faire des résultats, c’est la confiance entre le personnel, les dirigeants et les joueurs.

Olivier Renard, directeur sportif de l'Impact de Montréal

Pendant sa carrière de joueur amorcée en 1996 et conclue en 2013, Renard se destinait déjà à son parcours professionnel actuel. Pour l’anecdote, il n’était pas du genre à jouer au soccer sur une console avec ses coéquipiers lors des mises au vert. Il était du type Football Manager, seul devant son ordinateur portable.

Dans ce jeu, on ne contrôle pas son équipe pendant les matchs. On endosse plutôt le rôle de gestionnaire tout-puissant qui décide de tout, du budget au recrutement en passant par la tactique et le contenu des séances d’entraînement. Et Renard aimait – au passé, car il ne touche plus à Football Manager – mener une petite équipe aux gloires les plus improbables et non diriger un Real Madrid ou un Manchester United.

De l’ombre à la lumière, encore.

Les prédispositions de Renard à l’emploi de directeur sportif ne s’arrêtent évidemment pas à un simple jeu, aussi chronophage soit-il. Le Belge a fait carrière comme gardien de but, un poste qui offre à celui qui l’occupe une vision globale du terrain, un poste « qui te fait comprendre un peu plus la position de chacun ».

« La famille des gardiens de but, c’est même une équipe dans une équipe, souligne Renard. Le gardien de but, c’est quelque chose d’à part. Dans la relation avec ses collègues, on sait très bien qu’il n’y en a qu’un qui joue. Ce doit être une concurrence saine, mais ce doit être une concurrence. Tout ça, ce sont peut-être des principes qui m’ont aidé à être plus ouvert et à comprendre certaines situations de joueurs, maintenant, dans mon poste de directeur sportif. De comprendre les coups de mou et les moments plaisants pour les joueurs. »

Du jour au lendemain, à la fin de sa carrière de joueur, Renard est devenu dirigeant. C’était son « premier travail ». Il avait toujours gagné sa vie avec sa passion. Rapidement, son nouveau boulot s'est à son tour transformé en passion. La belle affaire.

L’année de ses 40 ans, il a choisi de se remettre en question, de se lancer un nouveau défi en Amérique. Un défi qui aurait été infiniment plus compliqué, souligne-t-il, sans l’aide de son directeur adjoint, le Montréalais Vassili Cremanzidis. « Si je dois coter son apport de 1 à 10, je lui mets 11 », dit-il sans hésiter.

Le Belge a dû se familiariser avec le livre des règles de la MLS, ce fouillis impénétrable. Il a maintes fois répété combien c’était long, deux mois et demi de trêve entre deux saisons. Il a dû changer sa perception des fenêtres de transfert, lui qui a toujours travaillé en fonction d’un calendrier européen, avec du jeu en plein hiver et des congés estivaux.

Il était donc tout naturel que Renard, quand est venu le temps d’embaucher un entraîneur, aille chercher quelqu’un qui était bien au fait des particularités de la première division nord-américaine. En Thierry Henry, il a probablement trouvé l’un des meilleurs Européens à avoir eu une « vraie » carrière en MLS (quatre saisons et demie dans son cas).

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Entrevue avec Olivier Renard

Thierry Henry pourrait bien être le plus gros nom que Renard engagera comme directeur sportif du Bleu-blanc-noir. Mais il croit surtout que le Français sera un de ces éléments fédérateurs qui renforcera l’esprit de club à l’Impact de Montréal.

« C’est sûr que le nom Thierry Henry retire beaucoup de pression sur tout le club, reconnaît Renard. C’est lui qui va faire un petit peu l’éponge qui prend la pression. D’un autre côté, c’est aussi une arme à double tranchant, parce que les gens sont dans l’attente aussi de voir ce qu’il va faire. Est-ce qu’il va devenir un aussi grand entraîneur qu’il a été un grand joueur? Ce n’est pas facile. »

« Je le lui souhaite, et à nous aussi, parce que ça voudra dire qu’il aura fait de bonnes choses ici aussi, ajoute-t-il. Mais c’est vrai que je remarque que le groupe de joueurs est très ouvert et très concentré depuis la reprise. On voit qu’il y a un projet qui est en marche, que tout le monde est fier d’avoir Thierry Henry comme entraîneur. »

En vrac, Olivier Renard sur…

… les transferts à venir

« Par rapport aux joueurs qui doivent venir de l’Europe, ce n’est pas si évident que ça, parce que ce sont rarement des joueurs qui sont en fin de contrat puisque c’est en milieu de saison pour la plupart des compétitions européennes. Pour les futurs transferts, on a des préaccords qui sont faits, il y a des choses à peaufiner et à signer avec certains clubs et certains joueurs, mais ça avance. C’est sûr qu’on préférerait toujours que ça se fasse dès le premier jour. Mais l’idéal, ce n’est jamais évident de l’avoir. Mais on sera prêt. Et évidemment, c’est vrai que commencer la saison avec un événement important comme la Ligue des champions, ce n’est pas un avantage, mais on ne doit pas prendre ça comme excuse. On doit tout faire pour être prêt pour ce match de Saprissa. »

… l’absence d’une équipe de réserve

« Je ne suis arrivé qu’il y a quelques mois. Je suis au courant de ce choix du club de ne pas avoir d’équipe réserve depuis un certain temps. Ce n’est pas quelque chose qui va se décider en un claquement de doigts. On a des priorités par rapport à l’équipe première avant, et on verra dans le futur si jamais, avec le propriétaire et le président, on peut de nouveau ouvrir ce chapitre-là. Mais actuellement, il y a beaucoup d’autres choses à régler. Mais c’est vrai que ça peut changer beaucoup de choses, dans un club comme l’Impact de Montréal, d’avoir une deuxième équipe. »

… Ignacio Piatti

« En ce qui a trait à ce qui s’est passé [au bilan de 2019], il y a des choses qui restent entre lui, moi et le club, mais c’est positif. Nacho est une personne qui doit beaucoup à l’Impact de Montréal, mais l’inverse est vrai aussi. L’Impact doit aussi beaucoup à Nacho par rapport à ce qu’il a apporté sur le terrain. Ça reste une figure emblématique du club. Je crois qu’il s’est passé quelque chose de très maladroit lors du dernier jour, la saison dernière. Après, c’est à lui de s’expliquer, et il l’a fait à sa manière, mais il l’a fait. Nous, en tant que club, lui avons expliqué ce qu’on attendait de lui sur le terrain, et ça, il le sait déjà depuis un paquet d’années, mais surtout en dehors du terrain. Moi, je n’étais pas là, donc je ne peux pas juger ce qui a été fait avant mon arrivée, mais un leader n’est pas simplement un leader sur le terrain. Il doit être un leader partout, et [Nacho] le sait, il en est conscient. C’est positif. »

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