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Dopage par contamination : les leçons à tirer du cas Vincent Lapointe

Elle est en action dans son canoë.

Laurence Vincent Lapointe

Photo : Canoë Kayak Canada

« La game vient de changer ». Cette phrase sera sans doute répétée dans les diverses fédérations sportives au pays dans les prochaines semaines.

La défense de contamination par transfert de fluides corporels de Laurence Vincent Lapointe, acceptée par la Fédération internationale de canoë (ICF), met en lumière les défis des athlètes avec la sophistication des techniques de contrôle antidopage.

À peine 0,004 ng/ml de ligandrol a été trouvé dans l’organisme de la canoéiste canadienne. Une substance qui, selon sa défense, avait été ingérée de façon non intentionnelle.

L’ex-conjoint de Vincent Lapointe a consommé du ligandrol à partir d’une bouteille de SR9011 qui contenait surtout du ligandrol, un peu d’ostarine, mais pas du tout de SR9011, selon l’avocat de l'athlète, Adam Klevinas.

Le produit, illégal au Canada, avait été reçu d’une connaissance avec qui il jouait au soccer.

On fait face à ce défi depuis plusieurs années, mais ça devient de plus en plus compliqué pour les athlètes. Avec l’amélioration de la performance des laboratoires pour détecter des substances en quantité de plus en plus minime, c’est dur pour les athlètes.

Paul Melia, président et chef de la direction pour le Centre canadien d’éthique dans le sport

Aux dangers des transferts de fluides corporels, s’ajoutent l’eau ou la nourriture contaminée. Dans certains pays, des viandes sont parfois contaminées par des hormones interdites.

C’est du moins l’explication avancée par le meilleur joueur de tennis du monde en double, Robert Farah. Le Colombien a échoué à un test antidopage le 17 octobre 2019 à la boldénone, un stéroïde anabolisant. Il avance l’hypothèse qu’il aurait ingéré de la viande contaminée.

En Colombie, certains éleveurs de bovins ont recours à ce type d’hormones. Le Comité olympique colombien avait d’ailleurs servi une mise en garde à ses athlètes à ce sujet en 2018.

« Il faut aider les athlètes à réduire les risques de contamination sans toutefois leur enlever leurs responsabilités pour rester propres, explique Paul Melia. Ils doivent naviguer dans un monde complexe. Je crois que ce qu’a vécu Laurence servira d’exemple pour que les autres athlètes soient ultra-prudents. Il faut en tirer des leçons. »

Ne pas baisser la garde

Katie Vincent s’est trouvée, malgré elle, aux premières loges de la saga Vincent Lapointe. Les deux font équipe en C-2 et uniront leurs efforts dans l’espoir de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Heureuse de retrouver sa coéquipière sur l’eau, elle entend retenir la leçon.

Je n'étais pas au fait des possibilités de contamination par les fluides corporels. C'est sûr que ça rendra tout le monde encore plus vigilant et que ça ajoutera à la paranoïa qui prévaut déjà. Je trouve dommage que le sport de haut niveau en soit arrivé là. Mais telle est notre réalité.

Katie Vincent, canoéiste canadienne
Laurence Vincent Lapointe et Katie Vincent

Laurence Vincent Lapointe et Katie Vincent

Photo : Zsuzsanna Vekassy/Canoe-Kayak Canada

La poloïste Krystina Alogbo, de son côté, n’a pas suivi de près l’évolution du dossier Vincent Lapointe. Ce n’est toutefois pas la première défense du genre qu’elle entend.

« On fait toujours attention à ce que l’on mange, qu’on boit et les crèmes qu’on s’applique sur le corps, mais ça nous fait réaliser que même des choses hors de ton contrôle peuvent te contaminer. Ça prend malheureusement une histoire du genre pour faire passer le message que les substances interdites peuvent aussi se transmettre de cette façon. »

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