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chronique

La vie mouvementée de Benoît-Olivier Groulx

Un joueur de hockey en mêlée de presse

Benoît-Olivier Groulx a été repêché par les Ducks d'Anaheim.

Photo : Anaheim Ducks/Twitter

BILLET - La déception et le rejet s’avèrent parfois les plus puissantes sources de motivation auxquelles un athlète puisse s’accrocher.

Il y a quelques semaines, dès qu’Équipe Canada a confirmé sa conquête de la médaille d’or au Championnat mondial junior en République tchèque, j’ai eu une bonne pensée pour l’attaquant québécois Benoît-Olivier Groulx. Ce dernier avait été le tout dernier joueur retranché par l’entraîneur Dale Hunter. Et je m’étais promis de revisiter cet épisode douloureux avec le principal intéressé.

Le cas de Benoît-Olivier Groulx m’apparaissait particulièrement intéressant parce qu’il faisait partie de la filière d’Hockey Canada depuis longtemps. Tout le parcours de ce centre (sélectionné au 2e tour en 2018 par les Ducks d’Anaheim) semblait l’avoir spécifiquement préparé à défendre les couleurs canadiennes au mondial junior : Équipe Canada aux Jeux olympiques de la jeunesse à 16 ans, Équipe Canada des 17 ans et moins, Équipe Canada au prestigieux tournoi Hlinka-Gretzky (18 ans et moins), camps de la LNH, participation au tournoi de la Coupe Memorial, etc.

Puis, au tout dernier moment, le système lui a tourné le dos. En décembre dernier, Équipe Canada s’est rendue en République tchèque avec un joueur de plus que la limite autorisée pour disputer le tournoi. Et après les derniers matchs préparatoires disputés là-bas, Groulx a appris qu’on le renvoyait au Canada. Cette nouvelle a dû être encore plus difficile à encaisser compte tenu du fait qu’en 2014, il avait suivi de l’intérieur la conquête de l’or du Canada quand son père, Benoît, dirigeait l’équipe nationale.

Un entraîneur en mêlée de presse

Benoît Groulx a conduit le Canada à l'or au mondial junior en 2014.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Disons que le jeune Groulx avait amplement eu le temps de visualiser le jour où il allait participer au Championnat mondial...

Par ailleurs, dès qu’Équipe Canada l’a retranché, les Mooseheads d’Halifax ont confirmé qu’ils avaient cédé Benoît-Olivier Groulx aux Wildcats de Moncton, une équipe qui aspire désormais aux grands honneurs dans la LHJMQ.

Pour un jeune de 19 ans, ça faisait plusieurs changements importants à assimiler en même temps.

Un joueur fonce au filet.

Benoît-Olivier Groulx (en blanc) a pris part à la Coupe Memorial avec les Mooseheads d'Halifax le printemps dernier.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese


« C’est certain que je n’ai pas bien accepté le fait d’être retranché par Équipe Canada. Ce n’était pas mon but d’être le dernier joueur coupé de la formation en République tchèque. Et même si l’équipe a remporté l’or, j’aimerais démontrer d’ici la fin de la saison qu’ils ont commis une erreur », me confiait-il récemment.

« Avec le recul, je pense que cet épisode m’a permis de grandir comme personne. J’ai été touché dans mon orgueil et ça m’a permis d’apprendre à composer avec une telle déception. La vie n’est pas toujours rose et d’autres obstacles surviendront tout au long de ma carrière. Alors, ce sera sans doute bénéfique d’avoir vécu cela assez tôt. »

À Moncton, Benoît-Olivier Groulx retrouve le gardien Olivier Rodrigue (choix de 2e tour des Oilers en 2018), qui a aussi vécu une déception semblable avec ECJ. Après avoir fait partie de la filière canadienne dès le début de son parcours, Rodrigue a été confiné à un rôle de troisième gardien en République tchèque. On lui a préféré deux portiers, Joel Hoffer et Nico Daws, qui n’avaient pas d’historique avec le programme national.

Voilà donc deux joueurs-clés d’une des plus puissantes équipes de la LHJMQ qui sont particulièrement motivés à l’idée de remettre les pendules à l’heure.

Durant la période des Fêtes, les Wildcats ont par ailleurs mis la main sur l’attaquant Gabriel Fortier (choix de 2e tour de Tampa Bay en 2018) et sur le défenseur Jared McIsaac (choix de 2e tour de Détroit en 2018).

Si l’on ajoute ces talents à ceux qui était déjà en place, comme les attaquants Jakob Pelletier (choix de 1er tour de Calgary en 2019) et Alexander Khovanov (choix de 3e tour du Minnesota en 2018), ça commence à faire une sérieuse équipe de hockey!

C’est comme si spontanément, une autre superpuissance avait émergé dans la LHJMQ durant la période des fêtes.

« Nous avons une équipe assez talentueuse. Les transactions qui nous ont amenés à Moncton ont comblé des besoins que les Wildcats avaient, mais l’équipe était déjà assez solide offensivement. Il ne nous reste qu’à assimiler le système de notre nouvel entraîneur et à nous entraider, et je pense que nous serons corrects pour le reste de la saison », estime Benoît-Olivier Groulx.


Pour ajouter au tumulte survenu à Moncton, les Wildcats ont en effet annoncé le 23 décembre qu’ils confiaient leur équipe à l’ancien entraîneur adjoint du Canadien Daniel Lacroix. Une semaine auparavant, la direction avait décidé de congédier John Torchetti même si l’équipe figurait parmi les 10 meilleures au Canada.

À défaut d’avoir pu développer son talent dans un environnement stable, Benoît-Olivier Groulx aura eu l’occasion de peaufiner son sens de l’adaptation. Daniel Lacroix est son cinquième entraîneur en chef en quatre ans!

« Ce n’est pas ainsi que j’envisageais mon parcours junior. Mais j’ai tour à tour été dirigé par André Tourigny, Jim Midgley, Éric Veilleux, Jean-Jacques Daigneault (tous à Halifax) et maintenant Daniel Lacroix. J’ai donc été exposé à des entraîneurs différents, mais qui avaient pour la plupart l’expérience de la LNH. J’ai pu apprendre de chacun et ça fera probablement de moi un meilleur joueur », avance-t-il.

Cela dit, Groulx dit apprécier pleinement les enseignements de Daniel Lacroix, qui a tour à tour secondé Michel Therrien et Claude Julien à Montréal. Auparavant, le nouvel entraîneur des Wildcats avait aussi été l’adjoint d’Alain Vigneault avec les Rangers de New York.

« Daniel Lacroix est un véritable enseignant. Il est toujours bien préparé et son approche est toujours très professionnelle. La façon dont il nous dirige et qu’il nous explique les nuances du jeu ne ment pas. Il va tous nous aider à devenir meilleurs et nous sommes contents de l’avoir avec nous. Il est à la fois strict et juste avec ses joueurs. Son approche est équilibrée. Il est vraiment bon », ajoute Benoît-Olivier Groulx.

Depuis que Groulx s’est joint à l’équipe le 31 décembre, les Wildcats présentent une fiche de 7-2. Ils ont inscrit 48 buts et n’en ont accordé que 21. Et la fameuse chimie n’est pas encore complètement installée.

Depuis le début de la saison, il n’y en avait que pour le Phoenix de Sherbrooke et les Saguenéens de Chicoutimi lorsqu’il était question des équipes favorites pour remporter le titre dans la LHJMQ. Compte tenu de tout ce qui précède, il serait avisé d’inclure les Wildcats de Moncton dans la conversation.

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