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John McEnroe et Martina Navratilova montent au filet contre Margaret Court

Il est écrit Evonne Goolagong Arena.

John McEnroe et Martina Navratilova tiennent une pancarte sur le terrain no 2 des Internationaux d'Australie.

Photo : Twitter

Radio-Canada

John McEnroe et Martina Navratilova ont alimenté la controverse à l'endroit de Margaret Court en demandant mardi qu'on renomme le court no 2 du Melbourne Park, où sont présentés les Internationaux d'Australie.

Au lendemain de la cérémonie pour saluer le 50e anniversaire de la victoire de Margaret Court en finale de ce tournoi majeur, McEnroe et Navratilova ont profité d'un match de double mixte senior pour faire passer un message non équivoque.

Avant de quitter le terrain nommé Margaret Court Arena, ils ont brandi une pancarte avec l'inscription : « Evonne Goolagong Arena ». Ils militent pour que ce terrain porte plutôt le nom de la première Australienne aborigène à avoir remporté un tournoi du grand chelem.

Navratilova et McEnroe condamnent les propos controversés de Court sur l'apartheid et sur l'homosexualité.

L'ancienne joueuse, aujourd'hui âgée de 77 ans, détient le record absolu de titres majeurs avec 24. L'Américaine Serena Williams en a 23.

Evonne Goolagong Cawley, 68 ans, en a remporté sept, dont Wimbledon en 1971 (en battant Margaret Court) et en 1980.

Elles posent pour les photographes avec des fleurs dans les mains.

Evonne Goolagong et Margaret Court avant la finale de Wimbledon en 1971

Photo : Getty Images / Roger Jackson

Navratilova est d'abord montée sur la chaise du juge-arbitre pour faire une déclaration au public, mais les organisateurs ont rapidement interrompu son initiative.

« Je parle d'un sujet délicat depuis quelques années, et John est ici pour m'appuyer et pour poursuivre la discussion... », a-t-elle eu le temps de dire avant qu'on coupe le son du micro.

Puis, ils ont brandi leur pancarte.

Dans un communiqué, les organisateurs ont tenu à préciser qu'ils étaient ouverts à la diversité et à la liberté d'expression, mais qu'ils tenaient avant tout à ce que le protocole soit respecté.

« Chaque amateur, joueur ou invité doit respecter les règles de fonctionnement de notre tournoi, a rappelé Tennis Australia. Et ce afin de protéger son intégrité. Deux de nos invités prestigieux n'ont pas respecté ce règlement, et nous leur avons fait part de ce problème. »

Seront-ils sanctionnés d'une façon ou d'une autre par Tennis Australia?

Martina Navratilova, qui a remporté 18 titres du grand chelem en simple, avait publié mardi une lettre ouverte demandant de changer le nom du terrain no 2.

« Cela me peine de le dire, mais le terrain doit être rebaptisé, a-t-elle écrit. Comme digne remplaçante, mes suffrages vont vers Evonne Goolagong. Evonne est l'incarnation de ce qu'est vraiment un modèle, une héroïne. »

Margaret Court a fait l'objet de vives critiques pour avoir fait l'éloge du système d'apartheid en Afrique du Sud, pour avoir déclaré que « le tennis est plein de lesbiennes » et que les enfants transgenres sont « l'oeuvre du diable ».

En 2017, Martina Navratilova avait déjà dénoncé les propos de l'ancienne championne australienne.

Montage de photos des deux joueuses.

Margaret Court et Martina Navratilova

Photo : Associated Press

La Fédération australienne n'a pas la tâche facile dans sa volonté de souligner le 50e de la victoire de Margaret Court à Melbourne. Un porte-parole avait indiqué qu'on se bornerait à souligner son exploit sportif.

Tennis Australia a précisé ne pas être d'accord avec « ses opinions personnelles méprisantes ».

Après sa carrière d'athlète, elle s'est convertie au pentecôtisme et est devenue ministre de ce culte. Elle a plusieurs fois fait les manchettes pour des prises de position homophobes.

Dimanche, dans une vidéo humoristique pour le réseau Eurosport, John McEnroe, déguisé en médecin, s'était moqué d'elle.

« La qualité de l'air à Melbourne n'est pas le seul cauchemar que Tennis Australia doit gérer. Margaret Court en est un autre, explique-t-il. Il n'y a qu'une chose plus longue que le palmarès de Margaret Court : c'est la liste de ses déclarations homophobes et offensantes.

Il est déguisé en médecin.

John McEnroe

Photo : Eurosport UK

« Tennis Australia a décidé d'inviter Margaret Court pour sa victoire en 1970, mais a précisé qu'on ne célébrera pas la personne qu'elle est. Eh bien, ça ne marche pas comme ça, s'est écrié McEnroe. On ne peut pas dissocier une personne de ses accomplissements. »

En janvier 2018, dans le cadre des Internationaux d'Australie, l'Américaine Billie Jean King, ancienne no 1 mondiale en 1966 et titrée quatre fois en grand chelem, avait déjà fait la même demande.

« Ça ne me dérangeait pas que ce terrain porte son nom jusqu'à ce qu'elle émette des propos très durs envers ma communauté, la communauté LGBT. Cela m'a profondément touchée, dans mon cœur et dans mon âme », avait-elle expliqué lors d'une rencontre de presse à Melbourne.

« Je pense qu'elle ne devrait pas avoir son nom sur ce terrain », avait-elle précisé.

Elle salue le public lors des Internationaux d’Australie.

Billie Jean King

Photo : Getty Images / Michael Dodge

Avec les informations de Agence France-Presse

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