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Jean-Philippe Darche de retour au Super Bowl comme médecin des Chiefs

Il sourit à la caméra.

Jean-Philippe Darche

Photo : L'hôpital de l'Université du Kansas

Félix St-Aubin

Jean-Philippe Darche n’a pas eu à patienter aussi longtemps que les Chiefs de Kansas City pour revivre l’effervescence du Super Bowl. Membre de la formation des Seahawks de Seattle qui a atteint la finale de la Ligue nationale de football (NFL) en 2006, le Québécois se prépare pour une deuxième expérience dans un nouvel habit.

L'Université McGill est bien représentée cette semaine à Miami. Laurent Duvernay-Tardif sera dimanche sur la ligne offensive des Chiefs, et le médecin de l'équipe Jean-Philippe Darche s'installera près des lignes de côté.

Le Super Bowl, je trouve ça excitant d’y aller, mais je ne serai pas proche d’être aussi nerveux que lorsque j’étais un joueur. Ce n’est pas aussi intense, c’est très, très différent. C’est le fun d’avoir un petit rôle dans l’équipe, de pouvoir apporter une petite contribution. Je vais pouvoir vivre le Super Bowl et être capable de plus apprécier ce qu’il y a autour parce qu'il n'y a pas un match à jouer.

Jean-Philippe Darche, membre de l'équipe médicale des Chiefs de Kansas City

Ce retour sur la grande scène du Super Bowl pour le Québécois de 44 ans ravive les souvenirs doux-amers de son revers de 21-10 subi contre les Steelers de Pittsburgh, il y a 14 ans, à Détroit.

« Regarde tous les joueurs qui étaient dans la NFL et qui n’ont jamais eu l'occasion de se rendre au match du Super Bowl. Le plus beau souvenir de toute cette saison, c’est sans aucun doute le match de championnat de la NFC. Tu gagnes, et après tu sais que tu t’en vas au Super Bowl. Ça, c’est un moment vraiment spécial », indique Darche d'un premier souffle empli de fierté.

« Tout ce qui entoure le Super Bowl, durant deux semaines, les distractions, c’est quelque chose qui est dur à croire quand tu ne l’as pas vue en personne, ajoute l'ancien porte-couleurs des Seahawks (2000-2006) et des Chiefs (2007-2008). C’est une expérience que je n’oublierai jamais. J’aurais évidemment pas mal mieux aimé gagner le match, ça a été un peu dur à avaler pendant un bout de temps, mais maintenant, avec le recul, je vois seulement ça comme une expérience positive. »

« D'avoir quelqu'un qui l'a vécu, qui sait exactement quelles sont les sources de distraction, comment les éviter, quelle approche on devrait prendre par rapport à ça, c'est sûr que c'est une mine d'or d'informations, précise Duvernay-Tardif. Pour moi, tout est nouveau dans cette aventure. »

Darche remet le ballon au teneur.

Tom Rouen (no 16) et Jean-Philippe Darche (no 52)

Photo : La Presse canadienne / Elaine Thompson

Une épreuve formatrice

L'année qui a suivi la participation de Jean-Philippe Darche à l'événement sportif d'un jour le plus médiatisé à l'échelle internationale lui a fait constater qu'il fallait profiter de l'instant présent.

Quelques mois après s'être retrouvé sous les réflecteurs du Super Bowl XL, le secondeur intérieur étoile à l'Université McGill s'est vu assigner l'un des rares titres de cocapitaine des Seahawks.

L'ascension vers le sommet a été réalisée en quelques années, le retour à la réalité qui a suivi s'est produit en quelques semaines.

Une blessure à une hanche lui a fait rater 15 des 16 matchs de la saison 2006, ainsi que les 2 rencontres des éliminatoires 2007. Il n'a pas pu échapper à l'intraitable couperet de la NFL. Il a perdu son emploi quand il a été libéré.

Un contrecoup qui s'est avéré profitable pour sa seconde carrière dans le milieu du football. « C’est certain, il y a quand même plusieurs joueurs qui savent que j’ai déjà aussi été un joueur. Je pense que c’est peut-être plus facile pour eux de me faire confiance, de s’ouvrir. Ils vont peut-être assumer ce qu’ils traversent. »

Je comprends quelles sont les demandes, comment ça fonctionne, par exemple, les contrats, le stress d’un joueur de perdre son emploi, le camp d’entraînement et les joueurs qui se battent pour un poste. Instinctivement, je comprends et je peux voir, remarquer, parce que j’ai déjà été dans ce milieu. Ça m’aide assurément.

Jean-Philippe Darche, membre de l'équipe médicale des Chiefs de Kansas City

Originaire de l'arrondissement de Saint-Laurent, le Montréalais a d'abord terminé ses études en médecine à l’Université du Kansas en 2014, puis s'est dirigé vers une spécialisation en médecine sportive en 2018. Il a de toute évidence adopté le Midwest américain après un court séjour à Kansas City.

« À l’époque, quand j’étais plus jeune à l’Université McGill, je m’imaginais devenir médecin pour l’équipe à McGill ou peut-être pour le Canadien [de Montréal], des [équipes] comme ça. C’était mes rêves, explique le frère du hockeyeur Mathieu Darche, qui a lui-même porté les couleurs du Tricolore de 2010 à 2012.

« Ici, c’est clairement quelque chose que j’avais en tête et que je voulais poursuivre. Les choses ont vraiment juste bien adonné, tout a fonctionné exactement comme je l’espérais. »

Israel Idonije et Jean-Philippe Darche

Israel Idonije (no 71) et Jean-Philippe Darche (no 51)

Photo : Getty Images / Jonathan Daniel

Il fait désormais partie du quatuor de médecins de l'organisation présents aux abords du terrain durant les matchs. Ce n'était toutefois pas le cas la saison dernière lorsqu'il était une recrue dans ses nouvelles fonctions avec les Chiefs.

« Je m’occupais de temps en temps quand ils avaient besoin de moi ou pour faire les examens physiques des nouveaux joueurs, des choses comme ça. Cette année, je faisais vraiment partie intégrante de l’équipe médicale, raconte celui qui a effectué ses études collégiales à André-Grasset.

« Ça fait drôle un peu. La première fois que j'étais à un match cette saison, pendant le calendrier préparatoire, je trouvais ça bizarre de sortir du vestiaire et ne pas aller jouer du tout. J’étais habillé avec du linge normal, pas en uniforme de football. »

« C'est Laurent! »

Jean Philippe Darche a préparé le chemin en 2006 en devenant le premier Québécois à obtenir du temps de jeu au Super Bowl. Quatorze années plus tard, Laurent Duvernay-Tardif y agira dans la formation partante, du jamais vu pour un représentant de la Belle Province.

« Laurent, c’est un partant comme garde, mais ce n’est pas juste ça, c’est un joueur de haut niveau, mentionne Darche au sujet de son ami proche. Ce n’est pas juste un partant parce qu’il n’y en a pas d’autres, c’est un joueur pas mal élite dans la ligue à sa position. C’est quelque chose qui est impressionnant. »

Les deux hommes se sont connus en 2013, soit l'année qui précédait le repêchage de Duvernay-Tardif dans la NFL (6e tour, 200e rang). Ce dernier se questionnait jadis à savoir s'il devait interrompre ou non ses études en médecine à McGill.

« L’ambiance est rouge, c’est complètement la fièvre des Chiefs. Comme je le dis aux gens de Montréal, c’est comme si le Canadien retournait en finale de la Coupe Stanley, ajoute Darche. Ce serait la fièvre du Bleu-blanc-rouge, c’est l’équivalent ici, les gens adorent le football. Les chandails de Patrick Mahomes, il y en a partout, à la pelletée. Tout le monde en parle, tout le monde est excité. »

Partout sauf au domicile de Jean-Philippe Darche. Ses trois enfants préfèrent en effet arborer le maillot de Laurent Duvernay-Tardif que ceux des vedettes aux postes de quart-arrière et d'ailier rapproché.

Ils ont des chandails de Duvernay-Tardif, pas des chandails de [Patrick] Mahomes, de [Travis] Kelce ou d’autres joueurs comme ça. C’est Laurent! Mon plus jeune, qui a 14 ans et qui aime beaucoup le football, quand il regarde un match à la télévision, il s'attarde plus à ce que Laurent fait que ce qui se passe dans le match. Il est tellement facile d’approche pour eux, sympathique.

Jean-Philippe Darche, membre de l'équipe médicale des Chiefs de Kansas City
Ils se prennent dans leurs bras.

Le quart des Chiefs Patrick Mahomes et le garde québécois Laurent Duvernay-Tardif célèbrent un touché au quatrième quart de la finale de l'Association américaine.

Photo : Getty Images / Jamie Squire

(Avec les informations de Meeker Guerrier)

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