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Thierry Henry met en œuvre son plan pour l'Impact de Montréal

Il observe une séance d'entraînement, une main sur son menton.

Thierry Henry

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Olivier Tremblay

Sous le soleil floridien, Thierry Henry arrête l’exercice. En français, en anglais ou en espagnol, il donne des directives à ses joueurs, corrige leur positionnement et demande qu’on reprenne du début. Le petit manège se répète. L’entraîneur-chef de l’Impact veut placer son groupe dans une structure de jeu claire, et tout commence par une communication limpide sur le terrain.

Le Français ne part pas de zéro. Sa nouvelle équipe amorcera sous peu sa neuvième campagne en MLS. La plupart de ses joueurs ont déjà l’expérience d’une saison pour le Bleu-blanc-noir.

Henry a l’objectif d’établir un nouveau style de jeu, « entre guillemets », précise-t-il dès que les mots ont quitté sa bouche. Pour y arriver, il devra y mettre du travail, beaucoup de cœur et énormément d’explications.

« Les joueurs ont besoin de repères, soutient Henry, rencontré au camp de l’Impact à Orlando. C’est pour ça que de temps en temps – et il n’y a pas que moi, c’est tout le monde, je pense –, tu arrêtes la situation, stop, non, attention, il faut revenir, il ne faut pas faire ça comme ça, il faut faire ça comme ça. C’est la base. »

Henry tient un certain discours lorsqu’il parle du jeu qu’il entend déployer, et les exercices observés dans les premières journées avant la saison appuient le propos. L’Impact, semble-t-il, voudra prendre l’initiative, presser l’adversaire et sortir le ballon proprement à partir de derrière quand ce sera pertinent de le faire. Plus facile à dire qu’à faire, mais le technicien de 42 ans est déterminé à y parvenir.

Tout ça prendra du temps, cette fameuse ressource qu’on n’a jamais en quantité suffisante. Le premier match, contre Saprissa en Ligue des champions de la CONCACAF, arrivera bien assez vite.

On ne verra peut-être pas les effets de la démarche de Henry dès ce premier rendez-vous, le 19 février, au Costa Rica. Et les résultats, quand ils ne sont pas ceux qu’on recherche, ont la vilaine manie de semer des doutes au sujet du processus. Ce sera le piège à éviter au début de cette énième nouvelle ère à l’Impact, dont Henry est le septième pilote en huit ans.

« C’est toujours plus facile quand il n’y a pas encore les résultats, quand il n’y a pas encore de doutes, reconnaît Henry. Essayer de faire passer une structure et un plan quand tu perds, c’est beaucoup plus difficile. Les gens se posent des questions. Est-ce que c’est ce qu’on doit faire ou pas? C’est beaucoup plus facile. »

« Mais c’est vrai que les joueurs demandent de savoir, poursuit-il. Et si on fait ça? Et si…? Et il y a un dialogue. Ça, c’est super important, car à un moment donné, il ne faut pas seulement que ce soit le projet du staff poussé sur les joueurs. Il faut aussi qu’eux y adhèrent et y amènent un peu du leur. »

Cette notion de cohésion est chère aux yeux de Thierry Henry. Le projet sportif doit rassembler les joueurs et tout le personnel, et le public doit s’y reconnaître.

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Il sourit.

Entretien avec Thierry Henry

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Lorsqu’il constate les récents succès d’équipes nouvelles comme l’Atlanta United et le Los Angeles FC, c’est la communion avec les supporteurs qui retient son attention. Ces clubs ont « fait corps avec la communauté », le résultat, selon lui, d’une vision, d’une identité et d’une structure claires.

Henry n’en démord pas : l’amour des Montréalais ne revient pas de droit à l’Impact. C’est à l’équipe de « ramener les supporteurs vers nous, au stade ».

« Quand les supporteurs voient qu’ils peuvent se reconnaître dans l’équipe, que l’équipe va se battre, qu’il va y avoir une certaine structure ou un plan où les gens peuvent savoir et reconnaître un peu comment l’équipe joue, qu’il y a de la [combativité], les gens peuvent accepter la défaite de temps en temps. Enfin, accepter, c’est un bien grand mot, tempère-t-il. Je le dis bien souvent : c’est à nous de pouvoir les ramener. »

En vrac, Thierry Henry sur…

… son adjoint Patrice Bernier

« C’est quelqu’un qui est d’abord parti porter les couleurs québécoises et montréalaises à l’étranger, et il est revenu donner ce qu’il a appris à l’extérieur au club qui l’a formé. Les gens se sont toujours associés à Patrice parce que c’est un gars de la maison qui représente exactement ce qu’un Montréalais et un Québécois peuvent être : humble, travailleur, et qui essaie de faire ce qu’il faut faire. »

… son adjoint Kwame Ampadu

« J’ai une affinité avec lui sur le terrain et en dehors, mais à part ça, c’est quelqu’un qui va me dire les vérités, qui va me dire ce dont l’équipe a besoin et non ce que j’ai besoin d’entendre, de temps en temps. Il va me remettre en question et on peut en discuter. »

… les jeunes de l’Académie de l’Impact

« Olivier [Renard, le directeur sportif] l’a dit quand il est arrivé, je l’ai dit aussi quand je suis arrivé, il y a des jeunes qui vont pouvoir s’entraîner avec nous, il y a des joueurs qui pourront, s’ils le méritent, jouer. Je répète encore : s’ils le méritent. Ce n’est pas un dû […] Je pense aussi qu’il faut que ça devienne quelque chose qui se passe assez souvent au club, que les jeunes puissent toucher aux pros. Et puis s’ils montrent quelque chose de bon, d’exceptionnel, comme on a pu le voir par exemple avec les Red Bulls et Tyler Adams… Il est entré [dans la première équipe] à 16 ans et demi, si je me rappelle bien, et regardez où il est [à Leipzig, en première division allemande]. Soyons fiers qu’il y ait maintenant de petits jeunes qui viennent s’entraîner avec nous, et j’espère qu’ils vont pouvoir montrer ce qu’ils peuvent faire. Le reste est entre leurs mains. »

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