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Une étoile du basket américain ratera les JO pour défendre un prisonnier

Elle dribble le ballon.

Maya Moore avec l'équipe américaine lors des Jeux olympiques de Rio, en 2016

Photo : Getty Images / Alex Livesey

Radio-Canada

Depuis un an, la double médaillée d'or olympique et quadruple championne de la WNBA Maya Moore a mis sa carrière en veilleuse pour se consacrer à la libération d'un homme qu'elle croit injustement emprisonné. Le New York Times a révélé mercredi qu'elle prolonge sa sabbatique et ratera la prochaine saison de la WNBA ainsi que les Jeux de Tokyo.

« Nous allons ressentir terriblement son absence, mais nous respectons sa décision. Une joueuse du calibre de Maya ne quitte pas le gymnase avec légèreté. Tout le monde le ressent », a déclaré Carol Cahan, le directeur de l'équipe nationale américaine, sextuple championne olympique en titre, mais battue par une équipe universitaire en novembre dernier.

C'est lors d'une visite en 2007 à la prison à sécurité maximale de Jefferson City, au Missouri, sa ville natale, qu'elle a rencontré Jonathan Irons, condamné en 1998 à 50 ans de prison pour un crime commis lorsqu'il avait 16 ans. Il en a aujourd'hui 39.

Irons, qui est Noir, a été jugé coupable pour vol et avoir fait feu sur le propriétaire d'une résidence en banlieue de Saint Louis. Le jury était entièrement blanc.

Aucune empreinte, test d'ADN ou témoin ne lie Irons au crime, explique le New York Times. Il avait été vu dans la semaine précédente avec une arme dans le secteur et un inspecteur a raconté en cour que le jeune homme avait confessé son crime pendant un interrogatoire.

Aucun enregistrement ni note de cet interrogatoire n'existent. Et lors du procès, la défense n'a pu contre-interroger l'inspecteur, qui était malade. Irons a toujours nié avoir fait cette confession. L'avocat de l'aide juridique a également décidé de ne pas l'envoyer à la barre des témoins en invoquant sa jeunesse et son manque d'éducation.

Après leur première rencontre, alors qu'elle était adolescente, Maya Moore est restée en contact avec lui, le visitant régulièrement, l'appelant avant ses matchs autant quand elle était à l'Université du Connecticut qu'après ses débuts professionnels en 2011 avec le Lynx du Minnesota. Aujourd'hui, à 30 ans, elle parle de lui comme d'un frère.

En février dernier, elle a annoncé qu'elle prenait une année sabbatique pour participer à l'appel d'Irons, dont elle paie une partie des frais, mais aussi pour plaider pour une plus grande justice criminelle aux États-Unis dans des conférences et de nombreuses entrevues télévisées.

Au moment de prendre cette pause sportive, Moore a révélé être épuisée par sa vie de basketteuse globe-trotteuse. En plus d'être dans la WNBA, dont la saison dure de mai à septembre, et dans l'équipe américaine, elle a joué en parallèle en Italie et en Chine pendant la saison hivernale.

Même si elle était l'un des visages de la WNBA, celle qui a été élue meilleure joueuse en 2014 ne gagnait que 120 000 $ par année avec le Lynx, une somme qui serait plus importante dans les prochaines années en raison de la nouvelle convention collective de la ligue.

« Je ne pense pas que c'est le moment pour moi de prendre ma retraite, dit-elle toutefois au New York Times. La retraite, c'est quelque chose de majeur et il y a une bonne manière de la prendre. Ce n'est pas le moment pour moi. »

Le basketball n'a pas été au premier plan dans mes pensées. J'ai été capable de me reposer, de connecter avec les gens autour de moi et d'être une présence dans leur vie après toutes ces années sur la route. Et j'ai été capable d'être là pour Jonathan.

Maya Moore

Le Lynx du Minnesota a également publié un communiqué dans lequel il appuie la décision de sa joueuse étoile.

« Au cours de la dernière année, nous avons été régulièrement en contact avec Maya à propos de son travail en lien avec la réforme de la justice criminelle, a déclaré l'entraîneuse-chef de l'équipe, Cheryl Reeve. Nous sommes fiers de la façon dont Maya utilise sa tribune pour provoquer des changements sociaux. »

D'autres audiences devant le juge Daniel Green, qui considère l'appel d'Irons, sont prévues dans les prochains mois, notamment une la semaine prochaine d'un expert en empreintes, qui a établi que celles trouvées sur la scène du crime ne sont celles ni d'Irons ni de la victime, relate encore le New York Times.

Avec les informations de New York Times

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