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Laurent Duvernay-Tardif savoure l'instant présent en attendant le Super Bowl

Gros plan de son visage

Laurent Duvernay-Tardif munit de son casque.

Photo : The Associated Press / Reed Hoffmann

De son propre aveu, Laurent Duvernay-Tardif a vécu son plus beau moment sportif dimanche à Kansas City. Le garde des Chiefs est toujours sur un nuage deux jours après son triomphe en finale d'association, synonyme de participation au Super Bowl.

La folie s'est emparée du stade Arrowhead après une interminable attente de 50 ans. Exactement cinq longues décennies se sont écoulées depuis la dernière présence – et victoire – des Chiefs à la grand-messe du football américain en 1970.

« Il y a vraiment une [grande] tradition de football à Kansas City, on a des fans extraordinaires. Le simple fait d'avoir gagné le trophée de l'Américaine, c'était fou le sentiment dans la ville avec les fans, dans le stade, explique Duvernay-Tardif. Il y avait une frénésie, une énergie, c'était vraiment incroyable. Je pense que c'est juste un avant-goût du Super Bowl dans deux semaines. »

Le principal intéressé doit se pincer depuis près de 48 heures, tout comme les supporteurs des Chiefs, afin de comprendre l'envergure du récent fait d'armes accompli qui l'envoie à Miami, théâtre du Super Bowl LIV. « D'avoir l'occasion d'y participer, c'est vraiment fou. Maintenant, il ne reste juste qu'à le gagner. »

« On ne réalise pas encore exactement ce qui se passe parce qu'on n'est pas encore à Miami, mais ça reste que l'ambiance dans le vestiaire est extrêmement fébrile », indique l'ancien de l'Université McGill de 2010 à 2013.

Ce qui me fascine toujours du Super Bowl, c'est l'ampleur de cet événement dans l'esprit de tout sportif. Ça transcende le football, et je pourrais même dire que ça transcende le sport d'une certaine façon. C'est un événement qui est capable d'aller chercher tellement de gens de différentes sphères, que ce soit pour le football, le spectacle de la mi-temps ou juste l'attraction en général.

Laurent Duvernay-Tardif, garde des Chiefs de Kansas City
Patrick Mahomes célèbre un touché des Chiefs avec ses coéquipiers, dont Laurent Duvernay-Tardif (no 76, à droite) contre les Titans en finale de l'Américaine, à Kansas City.

Les Chiefs joueront la finale du Super Bowl pour la troisième fois de leur histoire.

Photo : Getty Images / David Eulitt

Le Québécois de 28 ans considère que « c'est un privilège » d'être l'un des rares joueurs issus de la Belle Province à figurer dans la formation de l'un des deux finalistes au trophée Vince-Lombardi.

Sans rien enlever à son prédécesseur qu'est Jean-Philippe Darche, un ancien spécialiste des longues remises des Seahawks de Seattle qui a participé au Super Bowl XL en 2006, Duvernay-Tardif sera le premier à obtenir un départ en tant que joueur de position.

« Ma vision a toujours été de foncer, d'attaquer. À partir du moment où j'ai décidé de venir à Kansas City et de poursuivre ce rêve de la NFL, et de retarder ma médecine avec tous les sacrifices, c'était pour mettre toutes les chances de mon côté d'aller jusqu'au bout. »

Les porte-couleurs des Chiefs auront une motivation supplémentaire lorsqu'ils affronteront les 49ers de San Francisco, champions de la Nationale, au stade Hard Rock de Miami. Perçu comme l'un des meilleurs de la profession, l'entraîneur-chef Andy Reid est toujours en quête d'une première bague du Super Bowl à l'âge vénérable de 61 ans.

« Patrick [Mahomes] l'a dit quand on a gagné la finale d'association, on l'a fait pour coach Reid, confirme Duvernay-Tardif. C'est quelque chose qui revient assez souvent quand on en parle, c'est un entraîneur qui est tellement dédié au sport, à son équipe, et qui a une connaissance approfondie du jeu. »

C'est un entraîneur, mais aussi un mentor. C'est quelqu'un qui a cru dans mon projet personnel de combiner la médecine avec le football. Il m'a donné la possibilité de le faire, donc j'ai l'impression que [je lui] dois beaucoup pour tout ce qui m'est arrivé dans les six dernières années.

Laurent Duvernay-Tardif, garde des Chiefs de Kansas City

Preuves de caractère

Le parcours qui a mené les Chiefs jusqu'à la finale des éliminatoires de la NFL a testé la résilience des joueurs. Ils s'étaient arrêtés à court de la dernière marche en 2019, tout près du but après avoir laissé les Patriots de la Nouvelle-Angleterre s'échapper avec la victoire à Kansas City.

Un an plus tard, le scénario est tout autre. L'adversité rencontrée depuis 2013, année au cours de laquelle le respecté Andy Reid a été embauché en tant que pilote de l'organisation, a fini par payer lorsque les Chiefs ont été poussés au bord du précipice.

« On est juste très confiants [...] de pouvoir remonter [le terrain] et marquer des points, contrôler le temps de possession. C'est ce qu'on a été capables de bien faire dans les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes quarts des deux derniers matchs », note Duvernay-Tardif, un vétéran de six saisons dans la NFL.

Patrick Mahomes, J.J. Watt et Laurent Duvernay-Tardif

Patrick Mahomes (no 15), J.J. Watt (no 99) et Laurent Duvernay-Tardif (no 76)

Photo : Getty Images / David Eulitt

Profitant d'abord d'une semaine de congé en lever de rideau en raison de leur statut de 2es favoris dans l'Américaine, ils ont ensuite croisé les Texans de Houston, puis les Titans du Tennessee, qui ont tous deux démarré leur duel respectif sur les chapeaux de roue.

Ce n'est pas nécessairement pour les mêmes raisons, mais il faut assurément trouver le moyen de commencer les matchs plus rapidement. Cela dit, avec l'attaque qu'on a, on dirait que peu importe la situation dans laquelle on se retrouve, tout le monde reste calme.

Laurent Duvernay-Tardif, garde des Chiefs de Kansas City

« Reste maintenant à s'assurer de commencer rapidement, parce que plus on monte les paliers vers le Super Bowl, plus les équipes sont talentueuses, enchaîne-t-il. Évidemment, il faut être en mesure de jouer 60 minutes de football de manière constante à un haut niveau. »

Les Chiefs ont tôt fait d'accuser des retards de 24-0 et de 10-0, qu'ils ont comblés avant de décrocher la victoire, la rendant d'autant plus satisfaisante. Les pointages finaux, après que l'unité offensive de Patrick Mahomes s'est mise en marche, parlent d'eux-mêmes, soit 51-31 et 35-24 pour un total de 86 points marqués.

Sans surprise, Duvernay-Tardif désigne du doigt son meneur offensif émérite, qu'il qualifie de « meilleur quart-arrière de la Ligue nationale [de football], pour expliquer les récents succès de l'organisation.

« Depuis que Patrick Mahomes est dans le vestiaire avec nous à Kansas City, on est tous très confiants en nos habiletés et l'on sait qu'on est une équipe très talentueuse », indique le no 76 avant d'ajouter qu'« avec notre nouvelle défense, on est une équipe encore plus balancée qui est en mesure d'aller chercher ce titre. »

Ils se prennent dans leurs bras.

Le quart des Chiefs Patrick Mahomes et le garde québécois Laurent Duvernay-Tardif célèbrent un touché au quatrième quart de la finale de l'Association américaine, dimanche.

Photo : Getty Images / Jamie Squire

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