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Du Barça à l’Impact, Bojan demeure amoureux du ballon

À l'échauffement avant un match, il manoeuvre avec le ballon à ses pieds.

Bojan

Photo : usa today sports

Olivier Tremblay

Le prochain Lionel Messi joue pour l’Impact de Montréal.

C’était, du moins, comment on appelait Bojan Krkic à une certaine époque. Dans le milieu intraitable du sport le plus populaire de la planète, on cherche toujours la future grande vedette. Et quand on a annoncé l’avènement de Messi-meilleur-joueur-du-monde, il y a une dizaine d’années, au FC Barcelone, il fallait trouver son successeur.

Bojan était entré à l'académie du Barça, la fameuse Masia, lorsqu’il avait 8 ans. Il n’était pas encore majeur qu’il s’était déjà frayé un chemin jusqu’à l’équipe professionnelle. Les espoirs qui reposaient sur lui? Démesurés. Son rendement de plus de 900 buts au cours de sa formation à Barcelone faisait de lui le candidat idéal. Mais comment satisfaire tous ceux qui attendent un nouveau Messi?

Sa santé mentale en a souffert. Dans un long entretien accordé au Guardian, en 2018, le joueur a révélé son combat avec de graves problèmes d’anxiété qui lui ont fait rater l’Euro 2008, pour lequel l’Espagne entendait le convoquer.

Aujourd’hui, à l’Impact, il garde notamment l’équilibre en n’abordant pas le sujet en entrevue. Mais il va mieux. Et lorsqu’il est question de son époque barcelonaise, il en parle avec beaucoup d’affection.

« J’ai tellement de raisons d’être fier de mon passage au FC Barcelone, soutient Bojan, rencontré à Orlando. J’ai accédé à la première équipe à 17 ans. J’ai pu y demeurer pendant plusieurs années. Et j’ai pu m’amuser à jouer au soccer tout en faisant face à cette pression. »

Né d’une mère espagnole et d’un père serbe, Bojan a grandi en Catalogne. Il est un supporteur du Barça, une institution dans cette région de l’Espagne, depuis sa tendre enfance. Mais parce que la raison doit parfois gagner contre le cœur, il s’est résigné à s’expatrier.

Coincé derrière les Messi, David Villa et autres Alexis Sanchez dans la capitale catalane, il a accepté l’offre de l’AS Roma en 2011. Suivront des passages aux Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne.

Il exulte après un but.

Bojan Krkic avec Barcelone en 2011

Photo : Associated Press / AFP/Jorge Guererro

À l’aube de ses 29 ans, en août dernier, Bojan s’est laissé tenter par l’aventure nord-américaine. Les gradins étaient à moitié vides lors de sa présentation au stade Saputo – sans doute la faute à un match de Championnat canadien contre un rival d’une division inférieure –, mais il se souvient d’un accueil chaleureux.

« Je me sens bien, je suis heureux depuis mon premier jour dans cette ville et dans cette équipe, souligne-t-il. Les gens et la culture ressemblent à l’Europe. Je respecte tous les types de mentalité, américaine ou autre, mais c’est agréable de vivre à un endroit qui présente des similitudes avec ce que je connais. »

Les conditions gagnantes n’étaient pas forcément réunies pour que Bojan brille à son arrivée à Montréal. L’équipe a changé d’entraîneur deux semaines plus tard. Le jeu s’est souvent avéré trop prudent. Néanmoins, le nouveau numéro 9 du Bleu-blanc-noir a vite montré une de ses qualités principales au public : son amour du ballon, son attirance pour l’objet et le respect qu’il lui voue. Une de ces vertus qui ont le don de charmer les supporteurs chaque fois qu’il débarque dans un nouveau club.

Bojan se laisse charmer lui aussi. Se joindre à une équipe est pour lui une occasion de se fondre dans une culture.

« Je trouve ça très important d’embrasser la culture et de parler la langue, indique-t-il. Avant d’apprendre l’anglais, j’ai joué à l’Ajax d’Amsterdam, et je ne parlais pas la langue. La première journée, je ne pouvais parler à personne. Qu’est-ce que j’étais censé faire? »

J’ai compris à quel point c’est important de parler la langue de l’endroit où tu te trouves. Quand tu débarques dans un nouveau pays, les gens apprécient le fait que tu t’intègres dans leur culture.

Bojan, milieu de l'Impact de Montréal

L’apprentissage du français fait partie des projets de Bojan, qui se plaît dans la culture nord-américaine. Déjà, il a vécu quelques soirées de hockey au Centre Bell, et il a profité d’un récent voyage en Californie pour assister à un match des Clippers, à ses risques et périls, car il appuie les Lakers en plus de la section basketball de son FC Barcelone.

Cette passion pour le ballon orange, il la partage notamment avec son nouvel entraîneur-chef Thierry Henry, grand admirateur des Spurs de San Antonio devant l’Éternel. Mais le basketball n’occupe qu’une place négligeable dans leur relation de longue date.

Le 24 novembre 2007, les émotions de Bojan ont déformé son visage d’enfant. Henry venait de lui remettre le ballon au point de réparation, devant le gardien du Recreativo Huelva. Le cuir a fini au fond des filets pour le premier but du jeune Catalan au Camp Nou, domicile de son Barça.

Ensemble, Bojan et Henry ont tout gagné : deux championnats d’Espagne, une coupe, des supercoupes, la Ligue des champions et la Coupe du monde des clubs. Le Français est désormais son entraîneur. La hiérarchie a changé, mais le respect est aussi profond. Le ballon n’est jamais bien loin dans les séances d’entraînement de Thierry Henry, et Bojan s’en réjouit comme pas un.

« Je n’aime pas comparer, car chacun a sa propre manière de travailler, sa mentalité, mais [Henry] a joué en Angleterre, à Barcelone, en MLS, et il a connu une grande carrière avec différents grands entraîneurs, explique-t-il. Tout le monde aime comprendre le soccer par différents moyens. C’est ce qui rend le soccer tellement attrayant : il y a plusieurs façons de le comprendre. »

Ils se serrent dans leurs bras.

Bojan et Thierry Henry dans l'uniforme de Barcelone en 2008

Photo : Getty Images / Julian Finney

C’est en Ligue des champions de la CONCACAF, le 19 février, qu’il jouera son premier match officiel pour Thierry Henry. L’Impact affrontera alors Saprissa au Costa Rica. Bojan n’a jamais mis le pied en Amérique centrale, mais il s’attend à beaucoup de passion dans les tribunes et à du jeu musclé sur le terrain.

S'il a hâte de voir ce que cette saison lui réserve, les fidèles du onze montréalais sont tout aussi impatients de voir le joueur à l’œuvre. L’effectif du club demeure pour l’instant incomplet, et les questions abondent sur la meilleure façon d’utiliser l’ancien du Barça. Jouera-t-il à l’aile? Dans l’axe? Bojan a sa petite idée.

« Je me sens à l’aise quand je peux toucher au ballon, répond-il simplement. Je m’y plais. J’adore évidemment marquer des buts. Jouer comme attaquant ou derrière l’attaquant, ça me convient tout à fait. »

À suivre dans un mois.

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