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WNBA : un nouveau contrat de travail qui fait rêver les hockeyeuses

Elle se dirige vers la panier avec le ballon.

Jasmine Thomas, des Suns du Connecticut

Photo : Getty Images / Maddie Meyer

Michel Chabot

La Women’s National Basketball Association (WNBA) et ses joueuses sont en voie de ratifier une nouvelle convention collective qui pourrait avoir de grandes répercussions sur l’ensemble du sport féminin.

Selon les clauses de l’entente de principe, le salaire moyen passera de 79 000 à 130 000 $, soit une augmentation de plus de 60 %. Les vedettes du circuit américain pourront même toucher 500 000 $ par année, en comptant les possibilités de commandites. Cela est environ trois fois plus qu’auparavant.

Outre les salaires jusque-là jugés trop bas, c’est l’absence de bénéfices reliés à la maternité qui suscitait le plus de critiques. Le nouveau contrat de travail prévoit maintenant une clause qui permettra aux joueuses de recevoir leur plein salaire pendant leur congé de maternité.

La NBA, qui a fondé la WNBA en 1996, partage presque à 50 % ses revenus avec les joueurs. Mais dans la WNBA, les joueuses ne touchaient, selon certaines estimations, qu’entre 20 et 30 % des entrées d’argent de la ligue. En 2021, cette proportion pourrait être de 50 % si la ligue atteint un certain niveau de revenus, notamment en matière de droits de diffusions et de partenariats de marketing.

« C’est une excellente nouvelle pour le sport féminin, lance Danièle Sauvageau, entraîneuse de hockey. Est-ce qu’à court terme ou à moyen terme ça aura un effet sur le hockey féminin? Je le crois fondamentalement. »

Ce cas met en exergue que la LNH a une opportunité historique, à la fois stratégique et sociétale, d’agir en leader dans ce dossier. Le réalisera-t-elle?

André Richelieu, professeur expert en marketing du sport à l’Université du Québec à Montréal.

Le hockey, parent pauvre du sport féminin

Le soccer féminin a fait de belles avancées aux États-Unis et en Espagne en 2019. Au tennis, les femmes et les hommes reçoivent désormais des bourses équivalentes dans des tournois majeurs. Mais le hockey est à des années-lumière de telles conditions.

Au mieux, à la 12e et dernière saison de la Ligue canadienne (LCHF), certaines joueuses empochaient un salaire annuel de 10 000 $.

« La LNH peut, et devrait selon moi, se positionner par ses actions comme une ligue véritablement inclusive de son sport, au niveau nord-américain, ainsi qu’à l’échelle internationale, considère André Richelieu. Autrement dit, montrer l’exemple sur et en dehors de la patinoire. Cela concerne une ligue féminine de hockey affiliée à la LNH et appuyée financièrement par celle-ci. »

« C’est sûr qu’il y a beaucoup de pourparlers avec la Ligue nationale de hockey, précise Sauvageau. Gary Bettman a bien dit que rien ne serait fait tant qu’il y aura une autre ligue. Il y en a une encore aux États-Unis [la Ligue nationale de hockey féminin, NDLR], qui est une ligue de deuxième plan. C’est un peu comme la Ligue américaine par rapport à Ligue nationale. »

Alors que la WNBA attire 6500 spectateurs par match en moyenne et verra 60 de ses matchs être diffusés sur les grands réseaux de télévision aux États-Unis, la défunte Ligue canadienne de hockey peinait à intéresser 1000 amateurs de hockey à ses matchs et ne détenait aucun contrat de diffusion.

On parlait de 2020 pour la création d’une nouvelle ligue nord-américaine unifiée, mais le projet pourrait être reporté de quelques années.

Les choses avancent, mais elles reculent parfois aussi. Bref, ça n’avance pas au rythme souhaité. Beaucoup de choses se disent. On parle des prochains Jeux olympiques. Est-ce que le meilleur timing est là? Est-ce qu’on ne devrait pas attendre après Pékin 2022?

Danièle Sauvageau

« Ce qu’on dit, c’est faisons les choses correctement même s’il faut retarder le projet et faire un autre GAP Tour en 2020. Pour moi, personnellement, ça n’ira jamais assez vite parce que ça fait 35 ans qu’on essaie de pousser la grosse pierre en haut de la pente. »

Les meilleures joueuses de hockey sont en sabbatique et se battent pour réclamer la création d’un circuit nord-américain unifié. Elles ont lancé à l'automne la tournée Dream Gap, qui présente des matchs de démonstration parrainées par l’Association des joueurs de la Ligue nationale (AJLNH).

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