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chronique

La W Series s'associe à la F1 en 2020 pour plus de visibilité

Le trophée est à ses pieds.

Jamie Chadwick sur la plus haute marche du podium à Misano en Italie, troisième étape de la saison 2019 de la W Series

Photo : Twitter / W Series

Philippe Crépeau

La W Series, championnat réservé aux femmes pilotes, présentera pour sa deuxième saison des courses dans le cadre des grands prix de F1 des États-Unis et du Mexique.

La nouvelle a été confirmée le 10 janvier. Pour la W Series, qui utilise des monoplaces de type F3, ce séjour en Amérique du Nord augmentera encore plus sa visibilité.

Ce partenariat avec la F1 est une excellente opération pour ce championnat qui cherche à promouvoir des femmes pilotes au plus haut échelon du sport automobile.

Et ce sera en conclusion de la deuxième saison du championnat. En 2019, lors de la saison inaugurale, les 20 femmes avaient disputé six courses. Cette année, elles en auront deux de plus.

Le calendrier 2020 de la W Series :

  1. 30 mai, Saint-Pétersbourg, Russie
  2. 13 juin, Anderstorp, Suède
  3. 27 juin, Monza, Italie
  4. 11 juillet, Norisring, Allemagne
  5. 23 août, Brands Hatch, Angleterre
  6. 5 septembre, Assen, Pays-Bas
  7. 24 octobre, Austin, Texas
  8. 31 octobre, Mexico, Mexique

La W Series ne laisse pas tomber pour autant son entente avec la série DTM.

Les six premières courses seront disputées au sein des week-ends de course du championnat allemand de voitures de tourisme, et les deux dernières le seront dans le cadre du championnat de F1.

Ce qui veut dire l'assurance d'une couverture médiatique importante par les journalistes spécialisés qui seront sur place. Déjà en 2019, la qualité des courses de la W Series avait d'abord intrigué puis intéressé les médias spécialisés.

« L'intérêt et l'enthousiasme pour la W Series sont allés en grandissant en 2019 de la part des médias et du public », affirme la directrice générale Catherine Bond Muir au magazine Autosport.

Elles posent pour les photographes lors du gala de fin de saison de la W Series.

Jamie Chadwick et Catherine Bond Muir

Photo : Getty Images / Tim P. Whitby

« Les deux nouvelles courses, à Austin et à Mexico, suivront six autres en soutien à la série DTM, ce qui permet à notre championnat d'être très varié, passionnant et réellement international dans huit pays », souligne-t-elle.

« Je suis particulièrement heureuse de voir la W Series évoluer hors d'Europe, et les États-Unis et le Mexique sont évidemment des marchés importants pour nous. De plus, ces deux courses en soutien à la F1 vont encore augmenter l'intérêt pour notre produit. »

Ce partenariat permettra aux femmes pilotes de croiser à Austin et à Mexico le chemin des responsables et des personnes clés des équipes de F1. Une occasion en or de tisser des liens.

« Ce voyage offrira à nos pilotes une superbe plateforme pour se faire valoir, affirme la patronne de la W Series. C'est crucial pour leur carrière, afin d'attirer des commanditaires. »

Preuve indéniable de reconnaissance: lors la deuxième saison de la W Series, les pilotes recevront des points pour leur super licence (le passeport obligatoire à avoir pour accéder à la F1). La championne recevra 15 points et la vice-championne en recevra 12, avec un barème complet de 15-12-10-7-5-3-2-1.

NDLR: Les pilotes doivent récolter 40 points en trois saisons pour obtenir leur super licence et obtenir le droit de participer aux week-ends de F1. Avec 25 points en banque, les pilotes sont éligibles à piloter durant les essais libres du vendredi, et il y a un point à gagner pour chaque tranche de 100 km parcourus en essais libres.

En plus, le titre 2020 de la W Series pourrait se décider lors de l'une de ces deux courses. La lauréate verra alors des portes s'ouvrir dans le paddock (ne serait-ce que pour la féliciter).

« Un grand nombre de marques et championnats commencent à s'intéresser de près à nos pilotes. Je pense donc que nous commençons déjà à atteindre nos objectifs », affirme Catherine Bond Muir.

La F1 a réalisé qu'elle devait faire preuve d'ouverture.

« Notre sport doit offrir aux hommes et aux femmes pilotes les mêmes occasions de se mesurer les uns contre les autres », explique le directeur sportif du championnat de F1, Ross Brawn, au quotidien spécialisé Marca.

« Notre objectif stratégique est de promouvoir la diversité sur les grilles de F1 grâce au développement et au soutien offerts aux femmes pilotes », précise-t-il.

Le directeur sportif du championnat de F1 marche sur la grille de départ d'un grand prix.

Ross Brawn

Photo : Getty Images / Mark Thompson

La W Series a bénéficié en 2019 d'une couverture médiatique privilégiée, non seulement par les équipes suivant la série DTM, mais aussi par les réseaux de télévision.

Channel 4 (Grande-Bretagne), NBC (États-Unis) et Fox Sports Asie ont présenté les courses en direct ou en différé.

« Le fait que Channel 4 ait présenté les courses en direct a été fantastique pour nous, admet le responsable marketing de la série, Nic Fletcher. Car le public a pu voir les courses gratuitement. Et nous avons offert les courses en webdiffusion dans les pays qui ne présentaient pas les courses en direct. »

Le travail de la W Series a payé.

L'écurie italienne Ferrari a annoncé le 13 décembre vouloir ouvrir aux femmes son programme de développement de jeunes pilotes, l'Académie Ferrari, par où sont passés Lance Stroll et Charles Leclerc, notamment.

« Nous voulons augmenter le nombre de pilotes au sein de notre académie, et nous étudions en ce moment les candidatures de femmes pilotes pour que ça puisse se concrétiser rapidement », a dit le patron de l'équipe de F1, Mattia Binotto, lors de la traditionnelle rencontre de presse de Noël.

Une initiative qui a fait réagir sur les réseaux sociaux la pilote allemande de F3 Sophia Flörsch

« Si c'est une autre opération marketing, rien ne changera, a-t-elle écrit. Nous devons montrer que nous pouvons faire jeu égal. »

Catherine Bond-Muir n'est pas du même avis.

« J'espère que la pilote choisie par l'Académie Ferrari viendra de la W Series. Il faut juste se rappeler qu'il y a un an, on ne parlait pas des femmes pilotes. En un an, ça a beaucoup changé », dit-elle.

Le patron de l'écurie Ferrari regarde son équipe travailler dans les puits.

Mattia Binotto

Photo : Getty Images / Charles Coates

« Ce que fait Ferrari, c'est de confirmer la tendance qu'il y a de la place pour les femmes pilotes au plus haut niveau. Et il faut encourager et nourrir cette tendance, ajoute Mme Bond Muir.

« Je ne vois pas la volonté de Ferrari comme une opération marketing. Je crois qu'ils ont envie de donner une vraie chance à une femme pilote d'atteindre la F1. Je lève mon chapeau à Ferrari. »

Calderon et Chadwick en pole pour la F1

La femme pilote la mieux placée en 2019 était l'Espagnole Tatiana Calderon, qui a participé à la saison entière du championnat de F2 dans l'équipe Arden.

Son manque de résultats (aucun point marqué, une 13e place comme meilleur résultat) ne lui a toutefois pas permis de trouver le budget pour continuer en 2020.

Elle s'est réfugiée en Asie. Elle participe au championnat asiatique de F3 (calendrier hivernal) et est inscrite à la saison 2020 du championnat japonais Super Formula (F2).

Calderon est la pilote de développement de l'équipe de F1 Alfa Romeo, et a déjà fait deux essais en piste en octobre et en novembre 2018.

La Britannique Jamie Chadwick est également bien placée, puisqu'elle a remporté le titre lors de la saison inaugurale de la W Series.

Elle participe aussi au championnat asiatique de F3 et a été recrutée en 2019 par l'équipe de F1 Williams comme pilote de développement.

Elle n'a pas encore tourné dans une F1, mais en a bien l'intention.

Elle prend la pose devant la F3 arborant le nom du nouveau commanditaire principal de la série, l'entreprise de télécommunications Rokit.

La championne en titre de la W Series Jamie Chadwick

Photo : W Series

« Le financement est l'obstacle numéro un des femmes pilotes, affirme Chadwick dans un long entretien au quotidien britannique The Guardian.

« La W Series donne une vraie chance aux femmes pilotes de trouver des volants dans les formules de promotion, car ce nouveau championnat met en valeur le coup de volant, pas le porte-monnaie. »

En effet, la W Series ne demande aucun budget aux 20 pilotes sélectionnées. Elles ont toutes les mêmes ressources, soit une voiture et un ingénieur différents à chaque épreuve.

Pour sa deuxième saison, la série a réussi à trouver un commanditaire en titre, l'entreprise Rokit, spécialisée dans les télécommunications, déjà commanditaire de l'équipe de F1 Williams et des Rockets de Houston, dans la NBA, depuis octobre 2018.

Jamie Chadwick a confirmé qu'elle défendrait son titre acquis en 2019, et elle profitera des deux week-ends américains avec la F1.

« Mon plan est de pouvoir piloter une F1 dans les deux ou trois prochaines années, espère-t-elle. Je veux être celle qui va prouver qu'on a notre place en F1. Et si ce n'est pas moi, je sais qu'il y a une femme quelque part qui en sera tout à fait capable. »

Une autre candidate intéressante pour la F1 est la Britannique Alice Powell, qui a gagné la dernière course de la saison, à Brands Hatch, et qui a fini 3e au classement général.

Powell et Chadwick ont eu maille à partir dans la saison 2019, et leur accrochage à Misano a fait le bonheur des photographes.

Une voiture s'élève après un accrochage.

Alice Powell décolle après un contact avec Jamie Chadwick lors de la course W Series de Misano.

Photo : W Series

Le top 12 au classement de 2019 a été retenu pour la saison 2020, et 8 nouvelles pilotes se joignent au groupe.

Six d'entre elles ont été choisies. Il reste encore deux places à pourvoir, comme l'a confirmé la série à Radio-Canada Sports. Pour l'instant, 13 pays sont représentés, avec en tête la Grande-Bretagne et ses cinq pilotes.

La Canadienne de 18 ans Megan Gilkes, qui a participé à la première saison (aucun point marqué), ne semble pas dans les plans pour 2020, malgré sa victoire dans la course hors championnat d'Assen aux Pays-Bas le 21 juillet .

Le Canada sera vraisemblablement absent des grilles de départ. Et curieusement, la France n'a pas de pilote depuis les débuts de la W Series. Ces deux pays investissent pourtant en F1.

Sans en faire une priorité, la W Series devra réfléchir à la représentation géographique dans ses critères de sélection.

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