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La saison de la valse des entraîneurs dans la LNH

Il répond aux questions des médias.

Gerard Gallant, ancien entraîneur-chef des Golden Knights

Photo : The Associated Press / John Locher

Alexandre Gascon

Les entraîneurs de la LNH vivent un épisode de portes tournantes particulièrement prononcé depuis deux ans. Anomalie ou nouvelle norme? Coïncidence ou leçons à en tirer? Analyse.

Mercredi, Gerard Gallant est devenu la septième victime de la présente campagne lorsque les Golden Knights l’ont congédié moins de deux ans après avoir atteint la finale de la Coupe Stanley avec une équipe d’expansion.

La nouvelle a de quoi faire sourciller. Les Golden Knights occupent le 9e rang dans l'Ouest et ont amassé autant de points que les formations qui bénéficient actuellement d’un laissez-passer.

À l’instar de certains de ses homologues occupés à éplucher les petites annonces, l’on a jugé que l’équipe ne répondait pas aux attentes sous les ordres du monsieur un peu débonnaire de l’Île-du-Prince-Édouard et qu’un remplaçant, en l’occurrence Peter DeBoer, soutirera davantage de cette bande de vétérans.

Il y a toutefois un bémol à apporter à ce raz-de-marée. Bill Peters, des Flames, accusé de racisme, et Jim Montgomery, des Stars, aux prises avec l’alcoolisme, ont perdu leur poste en raison de leur comportement. Les cinq autres, toutefois, ont payé le prix de leur incapacité, selon leurs patrons.

Gallant, Mike Babcock (Toronto), Peter DeBoer (San José), John Hynes (New Jersey) et Peter Laviolette (Nashville) étaient tous à la tête d’organisations qui se voyaient comme des prétendantes, si ce n’est à la Coupe Stanley, aux séries éliminatoires certainement.

Il dirige son équipe depuis le banc des joueurs.

L'entraîneur-chef des Maple Leafs, Mike Babcock, n'a jamais remporté une série éliminatoire à Toronto.

Photo : Associated Press / David Zalubowski

À l’exception de Gallant, les quatre autres pilotes échouaient lamentablement au moment de leur congédiement.

Sheldon Keefe est parvenu à redresser la barre à Toronto. Les Maple Leafs présentent le cinquième dossier du circuit depuis le congédiement du légendaire entraîneur grâce à une fiche de 16-6-2.

Il s’agit de l’exception à la règle. Les Sharks et les Devils ont eu droit à de timides redressements, rien pour justifier toutefois que le problème réel de ces équipes ne se retrouvait derrière le banc. Impossible de juger de Vegas et de Nashville pour le moment, l’échantillon étant minuscule.

Pour l’instant, outre les Leafs, les quatre autres équipes ne survivent pas à la coupe.

Certes, les changements d’entraîneurs en cours de saison ont souvent eu la cote dans la ligue.

En 2009, Dan Bylsma venait remplacer Michel Therrien au pied levé à Pittsburgh et soulevait la coupe Stanley quelques mois plus tard. Les Penguins ont eu la main heureuse avec ce genre d’opération, renouvelant l’expérience en décembre 2015 quand Mike Sullivan a pris les rênes des mains de Mike Johnston.

Sullivan remportait le championnat lors des deux printemps suivants. Même chose pour Darryl Sutter et les Kings en 2012.

Le cas Berube

Possible que le conte de fées des Blues de Saint Louis l’an passé, guidé par leur entraîneur par intérim, Craig Berube, ait encouragé plus d’un dirigeant à jouer quitte ou double cette saison.

Faut-il le rappeler? Les Blues croupissaient au dernier rang de la ligue au 2 janvier pour finalement remporter les grands honneurs six mois plus tard. Une première dans l’histoire centenaire de la LNH. Pas nécessairement un modèle d’entreprise à imiter. Mais l’on comprend que la tentation existe.

Craig Berube et la coupe Stanley

L'entraîneur-chef des Blues de Saint Louis pose avec la coupe Stanley dans son village natal de Calahoo, le 2 juillet 2019.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

N’empêche que le nombre de congédiements jusqu’à présent, avec environ 40 % de la saison à disputer encore, est particulièrement élevé.

L’an dernier, sept entraîneurs avaient également perdu leur emploi pendant l’année. Outre Berube, les six autres nouveaux patrons ont guidé leur équipe entre la 20e et la 31e place au classement général.

En 2017-2018, aucun entraîneur n’avait été démis de ses fonctions, ce qui ne s’était jamais produit depuis la campagne 1966-1967. Une anomalie.

Or, au cours des saisons précédentes, le ratio était aussi moins élevé.

Nombre d'entraîneurs congédiés par saison :

  • 2019-2020 : 7*
  • 2018-2019 : 7
  • 2017-2018 : 0
  • 2016-2017 : 5
  • 2015-2016 : 3
  • 2014-2015 : 4

*saison en cours

L’impatience gagne-t-elle les propriétaires plus rapidement qu’avant? Seuls trois entraîneurs (Jon Cooper, Paul Maurice et Jeff Blashill) occupent le même poste depuis le début de la saison 2015-2016.

À partir de 2021-2022, quand Seattle se joindra comme 32e équipe à la ligue, seulement 50 % des clubs participeront aux séries. La pression sur les organisations continuera d’augmenter. Les critères selon lesquels seront jugés les dirigeants pourraient devenir plus sévères, se raffermir.

Le roulement de personnel des entraîneurs, inspiré par l’agacement des propriétaires, par une mauvaise évaluation des forces de l’équipe et/ou par des attentes disproportionnées, ne devrait pas ralentir.

L’on dit souvent que la stabilité est l’un des facteurs de succès des organisations professionnelles. Force est de constater que ça se confirme davantage avec les directeurs généraux qu’avec les entraîneurs.

N’en déplaise aux détracteurs de Claude Julien, rares sont les changements d’entraîneurs qui permettent de renverser la vapeur. Et lorsque ça s’est produit récemment, le nouveau pilote comptait sur Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Drew Doughty, Anze Kopitar, Alex Pietrangelo ou Vladimir Tarasenko.

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