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La qualité de l'air complique la vie des joueurs de tennis canadiens en Australie

Accroupie, elle reprend son souffle.

Eugenie Bouchard reprend son souffle lors de son match de qualification du 14 janvier 2020 aux Internationaux d'Australie à Melbourne.

Photo : Getty Images / Darrian Traynor

La Presse canadienne

Les joueurs de tennis qui participent au tournoi de qualifications des Internationaux d'Australie ont enfin eu un peu de répit, mercredi, après que des particules microscopiques émanant des feux de forêt leur eurent donné l'impression d'avoir la gorge en feu.

Depuis le début des activités en vue du premier tournoi du grand chelem de la saison, les joueurs sont victimes de la chaleur et de l'humidité accablantes, en plus des débris projetés dans l'air par les impressionnants feux de forêt qui ravagent l'Australie.

La Slovène Dalila Jakupovic a même dû abandonner en deuxième manche de son match.

L'Australien Bernard Tomic a demandé qu'on installe un ventilateur sur le terrain pendant son duel de premier tour, qui s'est soldé par une défaite.

Et la Québécoise Eugenie Bouchard a requis des traitements après la deuxième manche contre la Chinoise Xiaodi You, avant de l'emporter 4-6, 7-6 (4), 6-1 mardi.

« Je ne vous mentirai pas, les conditions ont été difficiles. Vers la fin du deuxième set, c'était difficile de respirer, et la thérapeute m'a offert quelque chose qui m'a aidée, a mentionné Bouchard, de Westmount, pendant un entretien à Melbourne. Je me suis sentie bien pendant un set et demi. Peut-être que si j'avais gagné ce match en deux sets, je n'en aurais même pas parlé. »

Les organisateurs n'ont toujours pas indiqué s'ils modifieront leur calendrier à cause des conditions environnementales.

Tennis Australia, qui chapeaute le tournoi, a mentionné que ses experts étaient présents sur le site pour assurer la sécurité des gens.

Les activités ont commencé trois heures plus tard que prévu en qualifications, mercredi, à cause de la mauvaise qualité de l'air, au moment où le thermomètre indiquait 35 degrés Celsius. Puis, en fin de journée, le jeu a été interrompu par la pluie.

Le tableau principal doit se mettre en branle lundi.

Il est penché vers elle.

Gabriela Dabrowski parle à son entraîneur lors d'un match à Adélaïde en Australie.

Photo : afp via getty images / BRENTON EDWARDS

« Nous avons entendu dire qu'une des filles (Jakupovic) s'était subitement mise à tousser et qu'elle avait dû abandonner (mardi), donc ç'a été la sonnette d'alarme, a évoqué Gabriela Dabrowski, d'Ottawa, qui fait partie du comité des joueuses de la WTA. Nous nous sommes rapidement mises à discuter. Nous avons pris part à une conférence téléphonique avec Craig Tiley [le directeur du tournoi, NDLR] afin d'avoir un portrait plus clair de la situation. »

Nous avons entendu une panoplie de symptômes, allant d'étourdissements aux maux de tête, pendant et après les matchs. Ils ont aussi ressenti des picotements aux yeux, et de la difficulté à respirer. Ce sont les principaux symptômes.

Gabriella Dabrowski

Dabrowski, épargnée par ces symptômes puisqu'elle joue à Adélaïde - elle a accédé aux demi-finales du double -, a indiqué que la WTA ne pouvait rien faire pour le moment.

« Au fond, nous avons réitéré (après les matchs de mardi) que les activités ne pourront se poursuivre si les conditions atmosphériques sont aussi mauvaises. Heureusement, ils ont interrompu les matchs jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre » a-t-elle confié.

Comme « fumer une cigarette »

Brayden Shnur a remporté son premier match de qualifications à Melbourne, en trois manches, dans des conditions difficiles, qu’il a comparées à « fumer une cigarette ».

« Quand vous jouez dans la fumée, vos poumons brûlent et s’assèchent après cinq minutes de jeu, a-t-il expliqué. Vous prenez de l’eau, tout va bien, et ensuite, votre gorge pique et s’assèche. Je pense qu’on aurait dû attendre avant de fouler le terrain. La première heure était la pire. »

« Les particules de fumée sont plus grosses que ce qu’on voit en Chine, où l’air est très pollué, a ajouté Dabrowski. Les effets négatifs se font encore plus sentir, c’est ce qu’on a vu mardi. Il y a beaucoup de questions en suspens sur la qualité de l’air. Et d’un point de vue scientifique, on n’a pas toutes les réponses sur les effets à court et à long terme.

« Notre santé devrait être la priorité. Et chaque fois qu’il y a un risque pour la santé, on devrait prendre une pause. »

Selon Brayden Schnur, les gros noms du tennis doivent parler au nom des joueurs moins bien classés dans ce dossier.

Ça doit venir des meilleurs. Roger (Federer) et Rafa (Nadal) sont un peu égoïstes en ne pensant qu’à eux et à leur carrière. La fin approche pour eux et ils pensent à leur héritage, et pas à ce qui serait bon pour le sport. Ces joueurs-là doivent parler.

Bradeyn Schnur

Pendant les qualifications des Internationaux d’Australie, les vedettes du tennis – Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, entre autres – préparent leur tournoi en s’entraînant dans l’un des trois stades à toit rétractable du Melbourne Park.

« Que ferais-je si j'étais à la place de Craig Tiley? »

Pour sa part, le Québécois Félix Auger-Aliassime, qui se trouve aussi à Adélaïde, a disputé son premier match de simple mercredi soir. La température était fraîche et la qualité de l'air était au rendez-vous.

Il s'est souvenu d'un tournoi de la série Challenger auquel il a participé en Californie en 2017, où il a vécu des symptômes similaires dus à la fumée.

« J'imagine que les organisateurs du tournoi font de leur mieux pour les joueurs. Mais en même temps, lorsqu'une joueuse doit cesser de jouer, ça prouve le contraire. C'était triste à voir », a-t-il confié après sa victoire de 6-3 et 7-6 (7/0) contre l'Australien James Duckworth.

C'est difficile. Selon moi, nous ignorons ce que cache l'autre côté de la médaille, toutes les conséquences qui pourraient découler de la décision de repousser le tournoi de qualifications, en termes de bourses, d'organisation. Il faut tout prendre en considération, voir le portrait d'ensemble. Qu'est-ce que je ferais si j'étais à la place de Craig Tiley?

Félix Auger-Aliassime

Tennis Canada s'est par ailleurs engagé à verser 100 $ australiens (90 $ CA) au fonds de secours et de redressement de la Croix-Rouge australienne pour chaque as réussi par un joueur canadien durant les Internationaux d'Australie.

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