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Des moments enivrants pour Laurent Duvernay-Tardif

Il est dans la pochette protectrice.

Le quart des Chiefs Patrick Mahomes tente une passe contre les Ravens, protégé par Laurent Duvernay-Tardif (no 76).

Photo : Getty Images / Jamie Squire

Antoine Deshaies

Le large sourire de Laurent Duvernay-Tardif était perceptible, même au téléphone. Au lendemain de la victoire spectaculaire des Chiefs contre les Texans, sa voix laissait planer bien peu de doute sur son état de plénitude.

Officiellement en congé, Duvernay-Tardif venait de quitter le centre d’entraînement de l’équipe lorsque Radio-Canada Sports l’a joint au téléphone. Il était allé s’étirer, s’entraîner, prendre des bains de glace et subir quelques traitements. Il n’était pas seul. Presque tous ses coéquipiers avaient pris la même décision que lui.

« C’est un peu la définition d’être un professionnel et c’est tellement important rendu à ce moment de l’année, explique le garde des Chiefs. On doit tout faire pour garder nos corps dans la meilleure forme possible pour le match de dimanche prochain. C’est la fin de saison et les bobos sont nombreux pour tout le monde. »

Parfois, les bobos font un peu moins mal au lendemain de grandes victoires. Gagner un match de football 51-31, après avoir été menés 24-0, ça n’arrive pas tous les jours, peu importe la ligue. C’est encore plus rare dans un match éliminatoire de la NFL. C’est arrivé aux Chiefs dimanche.

« C’est de loin le match dans lequel j’ai eu le plus de plaisir dans toute ma carrière, confie Laurent Duvernay-Tardif. C’était électrisant. De marcher six fois sur le terrain et d’en sortir six fois de suite avec un touché, c’est vraiment une dose d’adrénaline extraordinaire. C’est un match qui va rester gravé dans ma mémoire longtemps. »

Surtout que cette victoire spectaculaire contre les Texans de Houston approche les Chiefs à un seul gain du match du Super Bowl, le 2 février à Miami.

Pourtant, dans les chaumières et sur les réseaux sociaux, peu d’observateurs donnaient cher de la peau des Chiefs dimanche après-midi après le premier quart. Sur les lignes de côté, pourtant, personne n’a abandonné.

À 24-0, un long retour de botté réussi par les Chiefs, couronné par un touché deux jeux plus tard, a redonné confiance au stade Arrowhead en entier. C’est le point décisif de la rencontre, selon Duvernay-Tardif.

Un joueur de football dans la zone des buts

Le porteur des Chiefs Damien Williams célèbre l'un de ses trois touchés contre les Texans.

Photo : Getty Images / Tom Pennington

« On s’est dit qu’on avait un match et qu’on allait rivaliser, ajoute le Québécois. Après on a marqué un touché sur notre dernière possession de la demie et on savait que notre attaque allait amorcer le troisième quart. On a réussi à enfiler 14 points sans que les Texans ne puissent vraiment répliquer. Ça leur a fait très mal. »

La machine offensive des Chiefs, bien chauffée, semblait invincible. Un moment de joie intense pour Duvernay-Tardif. 

« On s’est mis à jouer au football comme des enfants, on avait tellement de plaisir sur le terrain et ça faisait du bien. Dans un contexte sportif toujours compétitif et stressant, de ressentir ça sur le terrain et d’être capables de vivre des moments aussi forts avec mes coéquipiers, c’est vraiment précieux. »

Un monde de différence par rapport à l’an passé 

Les Chiefs disputeront leur deuxième finale d’association de suite. L’an passé, ils s’étaient inclinés devant les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Dimanche, ils auront le privilège de recevoir les Titans du Tennessee.

Plusieurs immeubles sont d’ailleurs illuminés aux couleurs des Chiefs et les citadins sont nombreux à porter leur chandail de l’équipe au travail. La frénésie ne change rien aux habitudes de Laurent Duvernay-Tardif. 

« Dimanche, je suis rentré à la maison comme d’habitude, j’ai mangé un bon repas et je me suis couché tôt. Il nous reste très peu de temps avant d’atteindre notre but ultime, alors on doit mettre les bouchées doubles. Chaque détail compte dans notre préparation. »

Si l’équipe revit un peu les mêmes sensations que l’an dernier, la situation est complètement différente pour le Québécois. À pareille date en 2019, il tentait de reprendre sa place de partant, trois mois après une fracture du péroné. Il n’avait finalement pas joué en finale d’association.

Il est assis sur le terrain avec un soigneur près de lui.

Laurent Duvernay-Tardif (no 76)

Photo : Getty Images / Peter Aiken

« Personnellement, c’est le jour et la nuit, confie l’athlète de 28 ans. L’an passé, je sentais la frénésie parce que l’équipe allait loin, mais je vivais aussi beaucoup d’incertitude et d’inquiétude par rapport à ma situation personnelle. Cette année, je sens vraiment que je participe activement aux victoires de l’équipe. »

Et l’enthousiasme du grand match de dimanche ne l’empêche pas de dormir. Quand il juge que ses devoirs sont bien faits, le colosse dort sur ses deux oreilles.

Un premier Québécois au Super Bowl en 14 ans?

Reste que Laurent Duvernay-Tardif pourrait ajouter une autre page à son curriculum vitae déjà bien garni si les Chiefs l’emportent dimanche contre les Titans. Il deviendrait le premier Québécois à fouler le terrain du Super Bowl depuis celui de 2006.

Il essaie de ne pas trop y penser, même s’il côtoie quotidiennement le dernier Québécois à avoir participé au grand match, Jean-Philippe Darche. L'ancien étudiant en médecine à l’Université McGill, comme Duvernay-Tardif, est médecin pour les Chiefs. Les deux parlent de tout, mais pas du Super Bowl.

Notons que le joueur de ligne offensive David Foucault était membre des Panthers de la Caroline à San Francisco en 2016, mais n’avait pas joué.

Un joueur de football projette le ballon entre ses deux jambes vers un coéquipier dans un match de la NFL.

Jean-Philippe Darche effectue une longue remise avec les Seahawks de Seattle.

Photo : The Associated Press / ELAINE THOMPSON

« Je travaille aussi avec le psychologue sportif Jean-François Ménard et notre approche est vraiment de se dire qu’il reste un match à la saison à Kansas City et que je dois me concentrer à être le meilleur possible pour ce match. J’essaie de faire abstraction de tout le reste. On aura deux semaines pour se préparer pour le Super Bowl, si Super Bowl il y a. »

Il sent, à distance, l’engouement grandir un peu plus chaque semaine au Québec. Il a reçu plus de 150 messages texte de la Belle Province après la victoire de dimanche. Il insiste toutefois pour rester dans sa bulle. C’est à peine s’il parle à ses parents.

Ses parents, d’ailleurs, ne viendront pas assister au match dimanche. Ils seraient toutefois à Miami si les Chiefs se rendaient au Super Bowl. Ils ne seraient sans doute pas les seuls.

« La beauté d’avoir un ami qui est ton agent, c’est qu’il gère toutes les demandes de billets ou d’hôtel pour aider mes proches et je me tiens loin de ça, confie Duvernay-Tardif au sujet de son agent Sasha Ghavami. Ça me fait vraiment chaud au coeur de sentir le soutien de tout le monde, mais je dois vraiment créer cette bulle-là autour de moi. »

Une bulle qui sera encore plus étanche si les Chiefs obtiennent leur billet pour le grand bal.

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