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chronique

Quels gardiens ont le plus d’impact dans la LNH?

Le gardien est en uniforme, sans son masque.

Carey Price

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Comme c’est la coutume lorsque les équipes de la LNH franchissent le cap de la mi-saison, nous publions notre classement annuel des gardiens qui exercent le plus d’impact sur le rendement de leur formation. Pour une deuxième saison de suite, les défenses sont mises à mal dans la ligue et les équipes se dirigent une fois de plus vers une moyenne de buts marqués supérieure à 3. Un tel soubresaut offensif n’était survenu qu’une seule fois au cours des 21 saisons précédentes. Les gardiens en paient donc le prix.

Ce palmarès est né d’une idée voulant que les gardiens de la LNH soient un peu comme des pilotes de F1. Puisque seuls les deux porte-couleurs d’une même écurie pilotent exactement la même monoplace, ce sont toujours les chronos enregistrés au sein de la même écurie qui servent de référence pour mesurer le rendement des pilotes. À titre d’exemple, comparer les performances de Charles Leclerc (Ferrari) à celles de Lance Stroll (Racing Point) la saison dernière n’aurait eu aucun sens.

Au hockey, un peu de la même manière, aucun gardien ne joue derrière la même défense ni derrière la même attaque. N’importe quel amateur peut concevoir, par exemple, que la fiche ou le taux d’efficacité de Tuukka Rask ne seraient pas les mêmes s’il défendait les couleurs des Red Wings de Détroit plutôt que celles des Bruins de Boston.

Notre classement des « gardiens d’impact » compare donc le rendement de chaque gardien numéro un avec celui de son adjoint quand ce dernier est appelé à défendre le filet. En d’autres mots, sans tenir compte de la position d’une équipe au classement, on tente ici de déterminer quels portiers procurent le plus de chances de victoire à leur équipe.

Pour établir quels gardiens ont le plus de poids sur les résultats de leur équipe, j’utilise deux méthodes :

  • Comparer le pourcentage de points de classement que protègent les gardiens lorsqu’ils sont utilisés.

En 82 matchs de saison, il y a 164 points de classement à protéger.

Donc, si les Bruins ont récolté 36 points sur une possibilité de 50 quand Tuukka Rask défendait leur filet (statistique réelle), on dira que Rask a protégé 72 % des points de son équipe. C’est légèrement supérieur au rendement de son partenaire Jaroslav Halak, qui a récolté 23 points sur une possibilité de 36 (63,8 %). Entre les deux, il y a donc un écart de 8,2 % en faveur de Rask.

  • Comparer les taux d’efficacité des deux gardiens d’une même formation.

Ainsi, si Halak affiche un taux d’efficacité de ,928 devant le filet des Bruins (statistique réelle) et que Rask présente une moyenne de ,923, on dira qu'Halak procure à son club un avantage « efficacité +5 » par rapport à son partenaire.

Du côté des Bruins cette saison, l’écart entre les deux gardiens est donc négligeable. Soir après soir, l’équipe a donc d’excellentes chances de l’emporter, peu importe l’identité de son gardien.

Les explications étant données, voici donc le classement de la saison 2019-2020.


Les gardiens dominants

Mackenzie Blackwood (Devils du New Jersey)

En 30 décisions, le jeune gardien des Devils est parvenu à engranger 33 points sur une possibilité de 60 (fiche de 14-11-5). Il a rapatrié 55 % des points de classement qu’il a défendus.

En comparaison, Cory Schneider et Louis Domingue n’ont réussi à amasser que 3 points sur une possibilité de 20 (15 %) lors des 10 départs qu’ils ont effectués.

L’avantage de 40 % de Blackwood est le plus grand dans toute la LNH. En plus, son taux d’efficacité de ,908 lui confère une « efficacité +52 » par rapport à la moyenne cumulative de ,856 compilée par Schneider et Domingue. On parle ici d’une totale domination de la part de Blackwood.

Si les adjoints des Devils n’avaient rapporté que 50 % des points de classement qu’ils avaient à défendre, les Devils seraient en ce moment à égalité au classement avec le CH, avec deux matchs en main.

Il se jette sur ses genoux pour effectuer un arrêt.

Mackenzie Blackwood

Photo : La Presse canadienne / Julio Cortez

Frederik Andersen (Maple Leafs de Toronto)

Les Leafs sont incapables de dénicher un adjoint compétitif pour seconder Andersen. Cette lacune les force donc à trop utiliser leur gardien numéro un.

En 33 décisions (21-8-4), Andersen a rapatrié 69,6 % des points qu’il a défendus comparativement à seulement 35 % pour Michael Hutchinson (fiche de 3-6-1). Compte tenu la compétitivité des Leafs, le recul de 34,4 % qu’accuse Hutchinson sur Andersen est carrément inacceptable. Le DG Kyle Dubas finira-t-il par régler ce problème?

Il baisse la tête pendant l'hymne national.

Frederik Andresen

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Jonathan Bernier (Red Wings de Détroit)

Les Red Wings voguent au rythme d’une saison de 44 points. Ils connaissent une saison catastrophique. Et elle le serait encore davantage si Jonathan Bernier ne combattait pas avec autant de vigueur devant son filet.

Le gardien québécois a amassé 18 points sur une possibilité de 44 depuis le début de la saison, soit 40,9 % des points disponibles. Ce n’est pas la mer à boire, direz-vous, mais c’est vachement meilleur que les 11,9 % affichés par les trois autres gardiens employés par l’organisation. En effet, Jimmy Howard, Eric Comrie et Calvin Pickard ont montré une fiche de 2-18-1 en première moitié de calendrier!

Même si son équipe n’est pas de calibre, Bernier (qui présente un avantage de 29 % sur ses coéquipiers) connaît toute une saison.

Un gardien la tête basse après un but

Jonathan Bernier

Photo : La Presse canadienne / Paul Sancya

David Rittich (Flames de Calgary)

Le gardien numéro un des Flames est dominant. Il présente une fiche de 18-10-5 et a emmagasiné 62,1 % des points qu’il a défendus. À ses côtés, Cam Talbot ne fait toutefois pas le travail. Il n’a récolté que 8 points sur une possibilité de 22 (36,3 %).

Il y a un très grand écart de 25,8 % entre les deux, même si le taux d’efficacité de Talbot (,913) est légèrement supérieur à celui de Rittich (,911). Comme quoi il faut faire les gros arrêts au bon moment.

Si Talbot était un peu plus compétitif par rapport à Rittich, les Flames seraient parmi les deux premières équipes de leur division au lieu de se battre pour la dernière place disponible en séries dans l’Ouest.

Ils s'apprêtent à s'enlacer.

Matthew Tkachuk et le gardien des Flames David Rittich célèbrent un but.

Photo : Associated Press / Sam Hodde


Les duels les plus serrés

Henrik Lundqvist c. Alexandar Georgiev (Rangers de New York)

Les deux gardiens défendent la cage d’une équipe jeune et inconstante dont la reconstruction n’est pas encore complétée. Le vétéran Lundqvist (9-9-3) a jusqu’à présent rapporté 50 % des 42 points qu’il a défendus, comparativement à 52,5 % pour Georgiev, qui présente une fiche de 10-9-1.

Leur taux d’efficacité est par ailleurs presque identique : ,910 pour Lundqvist et ,911 pour Georgiev.

Il s'étire pour effectuer un arrêt.

Alexandar Georgiev stoppe un tir d'Auston Matthews.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Sergei Bobrovsky c. Samuel Montembault et Chris Driedger (Panthers de la Floride)

En consentant un contrat de 7 ans (70 millions) à Bobrovsky l’été dernier, la direction des Panthers ne s’attendait probablement pas à le voir produire à un rythme légèrement inférieur à celui de ses adjoints.

Le Russe (15-12-4) a jusqu’ici amassé 54,8 % des points de classement qu’il a défendus comparativement à 58,3 % (7-3-1) pour Montembault et Driedger.

Par ailleurs, le taux d’efficacité combiné des adjoints s’élève à ,916, alors que celui de Bobrovsky n’est que de ,895. Une « efficacité de +21 », donc, en faveur des adjoints.

Bobrovsky semblait avoir redressé son jeu au début de décembre, mais il a présenté une moyenne supérieure à ,900 dans seulement un de ses six derniers départs. Ce n’est pas de bon augure pour les Panthers.

Matt Murray c. Tristan Jarry (Penguins de Pittsburgh)

Murray a empoché 28 des 44 points qu’il a défendus (63,6 %) et Jarry a fait encore mieux en sécurisant 27 points sur une possibilité de 40 (67,5 %).

Le taux d’efficacité de Jarry (,935) se situe toutefois très loin devant celle de Murray (,896).

Il reste concentré avant un tir.

Matt Murray

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Petr Mrazek c. James Reimer (Hurricanes de la Caroline)

Il n’y a que 2,6 % d’écart entre le taux de points rapportés par Mrazek (60,7 %, fiche de 16-10-2) et par son adjoint Reimer (57,1 %, fiche de 8-6-0).

Ce n’est pas un duo à tout casser. Le taux d’efficacité de Mrazek (,901) est inférieur au taux des gardiens numéro un de la LNH et inférieur de 13 points à celui de Reimer.

Avec un gardien numéro un dominant, les Hurricanes seraient de véritables aspirants à la Coupe Stanley.

Il fait le grand écart.

Petr Mrazek (à droite) vole un but à l'attaquant Nikolaj Ehlers.

Photo : La Presse canadienne / Trevor Hagan


La situation montréalaise

Carey Price c. Keith Kinkaid, Cayden Primeau et Charlie Lindgren

Comme c’est le cas à Toronto, la direction du CH n’est pas parvenue à dénicher un adjoint performant pour son gardien numéro un, ce qui fait en sorte que Price est trop utilisé.

Cela dit, il ne connaît pas le même genre de saison que Frederik Andersen. Loin de là. Le gardien vedette du Tricolore a rapporté 51,4 % des points de classement qu’il a défendus (fiche de 16-15-4). C’est légèrement supérieur (de 7,7 %) au taux de succès combiné de 43,7 % de Kinkaid (1-1-3), Primeau (1-1-0) et Lindgren (0-1-0).

L’échantillon est toutefois faible parce que le deuxième gardien joue rarement depuis le début de la saison.

Deux gardiens se parlent.

Cayden Primeau (no 30) et Carey Price (no 31)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Par contre, rappelons que l’an passé à la mi-saison, Price rapatriait 60 % des points de classement comparativement à 59 % pour Antti Niemi. Le taux de Price (,906) lui conférait toutefois un avantage de +25 sur celui de Niemi.

Puis, dans notre classement de janvier 2018, au coeur d’une saison difficile pour l’équipe, Charlie Lindgren avait rapporté 43,3 % des points de classement qu’il avait défendus comparativement à 42,6 % pour Price. Le taux d’efficacité de Lindgren (,924) était toutefois de 18 points supérieurs à celui de Price.

En résumé, lors des trois dernières saisons, Carey Price n’a pas largué ses adjoints en première moitié de calendrier.

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