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Au-delà de la frustration

Julien se tient derrière le banc devant des mines basses.

Claude Julien, Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Nick Cousins et Nate Thompson

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Alexandre Gascon

Comment expliquer qu’une équipe qui respecte la stratégie élaborée par l’entraîneur, qui contrôle la rondelle, qui déploie une intensité constante conclut systématiquement ses matchs à court d’un but?

« J’ai de la misère à l’expliquer », a admis Phillip Danault, l’œil brillant, laissant entendre qu’il ne préférait peut-être pas fournir l’explication qu’il avait en tête.

Ou peut-être divaguons-nous. Peut-être le Québécois n’arrive-t-il tout simplement pas à mettre le doigt sur les défaillances de son équipe qui se transforment en visages hébétés une fois dans le vestiaire.

Après son revers de 3-2 contre les Jets lundi, un sixième d’affilée, un neuvième à ses 11 derniers matchs au Centre Bell, les joueurs ont servi les mêmes rengaines que l’on pourra bientôt réciter par cœur.

Difficile de les blâmer.

Il a l'air inquiet.

Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Montréal a contrôlé près de 60 % de la possession de rondelle selon les différents modèles statistiques, il a obtenu 14 chances de marquer de grande qualité par rapport à 5 pour les Jets et son gardien partant a été à la hauteur de la situation pour une deuxième fois en deux matchs.

La troupe de Claude Julien a dominé aux tirs au but et aux mises en échec, ce qui, dans ce dernier cas, est quand même inusité lorsque vous avez la rondelle plus souvent que l’adversaire.

Le CH a pris d’assaut la cage de Connor Hellebuyck.

Et pourtant, il s’en tire avec un maigre point sur une possibilité de 12, se retrouve au 12e rang dans l’Est et voit ses chances s’amenuiser jour après jour.

Frustrant, vous dites?

« Je suis au-delà de la frustration présentement. Je vais juste jouer et faire du mieux que je peux et essayer de surmonter tout genre de frustration et d’attitude négative », a laissé tomber Carey Price.

Du pareil au même

Du début de la saison jusqu’à la fin du mois de novembre, le Canadien marquait 3,31 buts par match (9e dans la ligue) et en accordait 3,54 (30e).

Souvent, il rendait coup pour coup à ses adversaires dans un style ouvert qui ne lui seyait guère. Au terme de sa séquence de huit défaites, Julien est parvenu à resserrer le jeu de sa bande qui est maintenant 5e dans le circuit Bettman en défense depuis le 1er décembre, mais 22e en attaque.

Que ce soit en se portant outrageusement en attaque ou en tentant d’éliminer les risques au maximum, cette version du Tricolore peine à tenir la dragée haute à ses rivaux, à sortir victorieux de son bras de fer, peu importe la tactique.

Il n’y a pas de solution miracle. L'équipe manque de finition, manque de talent brut. Et c’est d’autant plus vrai lorsque certains de ses meilleurs éléments sont sur la touche.

J’ai l’impression qu’on revit la même cassette, c’est la même affaire qui se répète. On tente de rester positif, on respecte notre système, mais ce n’est pas assez.

Phillip Danault

« Nous jouons de la bonne façon, mais l’on ne marque pas autant de buts qu’on a besoin. Carey joue très bien. Il nous donne une chance de gagner chaque soir. On fait les bonnes choses, mais on ne finit pas. Ça devra venir par comité et travailler plus fort autour de leur filet », a estimé Ben Chiarot.

Pour l’instant, rien ne fonctionne, même avec Ilya Kovalchuk dans le camp des Montréalais.

Le Russe a d’ailleurs offert une prestation au-delà des attentes. S’il déploie la même ardeur soir après soir, le CH recevra un joli coup de pouce de sa part.

En compagnie de Danault et de Tomas Tatar, il a affronté le meilleur trio des Jets, celui de Mark Scheifele, pendant toute la rencontre, sans paraître emprunté sur une seule présence. Il a terminé sa soirée de travail avec une fiche de +2, 1 passe, 6 mises en échec et 4 tirs au but, dont 2 chances de marquer.

Sa combativité dans une bagarre dans sa zone contre Kyle Connor a aussi permis à Chiarot de réussir le premier filet de son doublé.

Le Canadien joue sa saison au cours des sept prochains matchs avant la pause du match des étoiles, et il aura certainement besoin de l’appui de l’ancien premier choix au total de l’encan 2001.

« Il a été très bon offensivement. Il était affamé, il gagnait ses batailles, il allait dans les coins. Très bonne décision », a dit Danault.

Julien aime ce qu'il a vu de Kovalchuk

« On espère qu’il sera en forme demain [mardi] et puisse nous donner le même genre de match. Sa forme physique était très bonne. C’est ce qu’on espère. On voulait voir ce qu’il allait apporter. Tout le monde a aimé ça, en espérant qu’il puisse le faire tous les soirs », s’est exclamé Julien.

« Ça pourrait être bien mieux. L’entraîneur m’a donné beaucoup. J’ai trouvé mon jeu un peu et je me sentais bien mieux dans la deuxième moitié de la rencontre, certainement », a estimé Kovalchuk.

C’est une présence vétérane dont il ne faudrait pas sous-estimer l’impact sur une équipe bardée de jeunes attaquants dans des rôles essentiels. Lundi soir, Nick Suzuki et Cale Fleury ont commis deux bévues majeures qui ont mené à deux buts des Jets.

C’est normal, mais le CH n’a plus le temps de regarder tranquillement leur courbe d’apprentissage progresser.

Il a besoin de gagner dès maintenant. Mais comment? Comme l’a laissé entendre Danault, il semble à bout de souffle et de ressources.

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