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chronique

L’année 2019 nous a étonnés, que nous réserve 2020?

Les Blues de Saint Louis, champions de la Coupe Stanley

Les Blues de Saint Louis, champions de la Coupe Stanley

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Martin Leclerc

BILLET - Si on avait à consigner l’année sportive 2019 dans une encyclopédie latine (pourquoi pas?), on la qualifierait probablement d’annus mirabilis (année étonnante). À notre grand bonheur, la dernière page des années 2010 n’a à peu près été marquée que par des surprises.

Le 2 janvier, prenez deux secondes pour jeter un coup d’œil au classement de la LNH. Notez le nom de l’équipe au dernier rang (les Red Wings de Détroit) et imaginez ses joueurs en train de soulever la Coupe Stanley dans six mois.

Ça vous semble complètement fou? C’est pourtant arrivé en 2019 avec la conquête des Blues de Saint Louis. C’était la première dans l’histoire du sport professionnel nord-américain qu’un tel revirement de situation survenait, et nous ne reverrons probablement jamais cela.

Contre toute attente, l’année 2019 a totalement été celle des Blues de Saint Louis. Outre leur première conquête de la Coupe Stanley, aucune autre équipe n’a remporté plus de victoires qu’eux en saison au cours des 12 derniers mois. Et dans la LNH, aucun gardien n’a récolté plus de gains que leur gardien sauveur Jordan Binnington, qui avait pourtant passé toute sa carrière dans les ligues mineures avant cette année.

***

Pendant que les Blues se battaient avec les Bruins de Boston pour remporter la Coupe le printemps dernier, des choses encore plus étranges se déroulaient au Canada.

En pleines séries éliminatoires de la LNH, la fièvre des séries de la NBA se répandait d’un océan à l’autre. En l’espace de quelques semaines, les Raptors de Toronto sont devenus les chouchous des Canadiens. Les gens se sont spontanément mis à organiser des tailgate partys et à recréer des « parcs jurassiques » à la grandeur du pays afin de pouvoir regarder les matchs ensemble en plein air.

Si quelqu’un avait prédit qu’un jour, à Québec et à Montréal, des milliers de gens allaient se rassembler dans les rues pour encourager une équipe de basketball de Toronto, avouez que nous ne l’aurions jamais cru!

Ce pays est en train de changer.

***

Une Canadienne de 19 ans, Bianca Andreescu, a entamé l’année 2019 au 152e rang du classement de la WTA. Et neuf mois plus tard, le 7 septembre, Andreescu se hissait au cinquième échelon mondial en défaisant Serena Williams en finale des Internationaux des États-Unis, à Flushing Meadows, devant une foule particulièrement inhospitalière.

Andreescu a ainsi, peut-être, réalisé le plus grand exploit de l’histoire du sport canadien. Et à juste titre, elle a été proclamée athlète de l’année au pays.

D’un point de vue sociétal, les exploits d’Andreescu ont aussi repoussé d’autres limites dans notre univers sportif en fidélisant de vastes auditoires durant toute l’année.

De façon générale (à l’exception des grandes compétitions comme les Jeux olympiques), le sport féminin occupe peu de place dans les médias d’information et dans la programmation télévisuelle sportive. Cette différence est encore plus marquée lorsqu’il est question des sports professionnels.

En 2019, Bianca Andreescu a probablement été l’athlète la plus suivie et la plus soutenue de toute l’histoire du sport canadien. C’est une excellente nouvelle.

***

Tiger Woods a remporté un tournoi majeur (Tournoi des maîtres) à l’âge de 43 ans. Les Nationals de Washington (les anciens Expos) ont remporté leur première Série mondiale contre les puissants Astros de Houston.

Et Stephen Bronfman est sorti du champ gauche pour proposer aux Montréalais le concept de garde partagée d’une équipe de baseball majeur. Stupéfaits, après six mois de réflexion, les amateurs tentent encore de comprendre s’il s’agissait d’une blague, d’une astuce ou d’un projet sérieux.

Au moment où je préparais cette chronique, certains de mes amis ont aussi argué que la nomination de Thierry Henry à titre d’entraîneur-chef de l’Impact constituait l’une des grandes surprises de l’année 2019.

Je ne suis pas d’accord.

L’Impact est l’une des organisations les plus instables de tout le sport professionnel nord-américain. Au poste d’entraîneur, le roulement de personnel y est effarant. Henry d’ailleurs est devenu le septième entraîneur de l’Impact depuis que l’équipe a accédé à la MLS en 2012.

Dans le cas de Thierry Henry, on pourra donc parler de surprise quelque part au milieu de l’année 2021. S’il détient encore son poste.

Je blague, évidemment. Mais souhaitons tout de même que 2020 marque le début d’une ère de stabilité pour l’Impact. La stabilité est le premier facteur de succès dans le monde du sport. Et le succès sur le terrain est le premier facteur de succès aux guichets.

***

En plus d’avoir été étonnante, l’année 2019 a marqué les esprits en provoquant des débats difficiles, mais tellement nécessaires, sur la tolérance et le respect des athlètes.

Don Cherry, un monument de l’univers télévisuel canadien anglais, a été viré par Sportsnet pour avoir ciblé les immigrants (il leur reprochait de ne pas acheter suffisamment de coquelicots pour honorer la mémoire des anciens combattants) durant son populaire segment Coach’s Corner.

Cherry avait une longue feuille de route en matière de propos racistes ou déplacés, mais cette dernière déclaration s’est avérée la goutte qui a mis le feu aux poudres, comme dirait Jean Perron.

Tout de suite après, les Maple Leafs ont congédié leur entraîneur Mike Babcock et plusieurs anciens joueurs se sont avancés sur la place publique pour dénoncer ses méthodes abusives et le harcèlement psychologique qu'il faisait depuis longtemps subir à ses joueurs.

Akim Aliu, un ancien joueur de la LNH, a suivi en révélant avoir été victime de racisme et Bill Peters a été forcé de quitter son poste d’entraîneur des Flames de Calgary.

La LNH a réagi en annonçant la création d’un programme d’éducation et de sensibilisation auquel tous les entraîneurs et toutes les directions d’équipes devront se soumettre chaque année. C’est un bon début.

Le ras-le-bol exprimé par les hockeyeurs fin 2019 aura certainement des effets bénéfiques sur l’ensemble du monde du sport au cours des années à venir. Cette conversation, d’ailleurs, ne fait probablement que commencer.

***

Que nous réserve l’année 2020?

Une équipe canadienne finira-t-elle par remporter la Coupe Stanley?

Assistera-t-on à la chute finale de la dynastie des Patriots de la Nouvelle-Angleterre?

Lafrenière ou Byfield?

Auger-Aliassime ou Shapovalov?

Marc Bergevin pilotera-t-il le prochain repêchage du Canadien dans l’enceinte du Centre Bell?

Que feront les Canadiens et Canadiennes aux Jeux de Tokyo? Nos nageuses voleront-elles encore la vedette?

Les Alouettes finiront-ils par avoir un propriétaire?

J’ai déjà hâte de vous retrouver dans l’autre décennie.

Bonne année 2020 à vous et à ceux que vous aimez.

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