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Bruno Spengler déçu de la décision de BMW, mais impatient de retrouver Daytona

Bruno Spengler

Bruno Spengler

Photo : Getty Images / Martin Rose

Philippe Crépeau

Bruno Spengler pensait disputer une 16e saison en DTM et venait d'emménager dans sa maison, à Strasbourg. Voici que BMW l'envoie courir aux États-Unis en 2020.

« Ce qui m'arrive me montre que même si je fais partie de la famille BMW, on n’est jamais sécurisé à 100 %. Il faut toujours rester sur ses gardes et se garder des portes ouvertes », explique le pilote québécois à Radio-Canada Sports.

Bruno Spengler se remet à peine du choc qu'il a eu quand on l'a convoqué au bureau de BMW pour lui annoncer son programme de course.

« J’ai appris la décision de BMW bien après la dernière course. Je ne m’y attendais pas. Je suis tombé de haut, ça m’a fait un choc, admet-il volontiers. Sur le moment, j’ai été déçu, surpris et frustré de ne pas continuer, et je l'ai fait savoir.

« Et puis aussi, je suis frustré de ne pas avoir pu dire au revoir aux amateurs de DTM qui m’ont supporté pendant toutes ces années. Je réfléchis à une façon de leur dire merci. Si au moins, j'avais su à Hockenheim que c'était ma dernière course. »

Il passe la ligne d'arrivée dans sa voiture devant les mécaniciens.

Bruno Spengler remporte sa dernière course DTM dans la BMW M4 au circuit Norisring en 2019.

Photo : Andreas Beil

Spengler a fini au neuvième rang du championnat DTM en 2019, avec deux podiums, dont une victoire.

« Même en y réfléchissant à froid, je ne comprends toujours pas vraiment la décision.

« J’ai été très compétitif cette saison, j’ai gagné une course au Norisring et j’ai fini 2e au Nürburgring, rappelle-t-il. Ensuite, j’ai joué de malchance avec des neutralisations (voiture de sécurité en piste) qui m’ont coûté des places, et au moins une victoire. Il y a aussi eu des erreurs de stratégie et des soucis mécaniques, mais, bon, cette nouvelle m’a surpris. »

Bruno Spengler a-t-il fait les frais de l'arrivée possible de Robert Kubica? Le Polonais qui a quitté la F1 a fait des essais DTM le 12 décembre pour BMW, la marque qui lui a permis de faire ses débuts en F1 en 2006. Il s'est senti « tout de suite très à l'aise dans la M4 ».

« Est-ce que BMW avait besoin d’un volant libre, rapidement?, se demande Spengler. Je ne peux pas répondre, car je ne le sais pas. Mais effectivement de l’extérieur, ça peut avoir l’air de ça. Quant à Robert Kubica, je ne sais pas ce qui va se passer avec lui, je n’en sais rien. »

Retrouver Bobby Rahal et Daytona

Bruno Spengler ne remet pas en question son attachement pour la marque BMW.

« Je suis quelqu’un qui regarde de l’avant et je ne reste pas à me lamenter. Je suis content de représenter BMW en IMSA, c’est une marque que j’apprécie énormément. Les voitures, les gens, on a passé de belles années en DTM, dont la saison du titre en 2012. »

Il sourit, debout, à côté de sa voiture.

Bruno Spengler continue sa carrière dans le championnat IMSA pour la marque BMW

Photo : BMW / Sam Cobb

Spengler se concentrera donc sur l’IMSA, un des plus gros programmes en Amérique du Nord, et sur la découverte de nouveaux circuits.

« Il y a une belle course qui arrive fin janvier, les 24 heures de Daytona. C’est très motivant, j’ai déjà fait 2e là-bas. J’ai aussi fait 2e à Sebring, ça, c'est en mars, donc c’est un championnat qui démarre fort.

« Et je connais bien l’équipe RLL de Bobby Rahal et de David Letterman, précise Spengler. Il y a de bons mécanos, de bons ingénieurs. C’est avec eux que j’ai fait Daytona. Je vais retrouver des gens que j'apprécie et qui vont bien m'accueillir. »

Bruno Spengler a participé trois fois aux 24 heures de Daytona avec BMW-RLL en 2015 (2e), en 2016 (5e) et en 2017 (8e). Il a aussi participé aux 1000 miles de Sebring en 2019 (7e).

Beaucoup d'inconnu

La première saison va tester la patience du Québécois et sa capacité à s'adapter, car il aura plusieurs éléments à intégrer dans son disque dur.

« Je vais aller sur des circuits que je ne connais pas. Ça ne sera pas facile, car je serai contre des pilotes qui connaissent les circuits par cœur, qui sont très expérimentés. Donc, ça risque d’être un peu compliqué la première année. »

« Je vais devoir comprendre la M8 le plus rapidement possible, car c’est une voiture dans laquelle je n’ai pas beaucoup roulé, fait-il remarquer. Elle est très différente de la M4 qu’on utilise en DTM. Beaucoup plus lourde (de 200 kilos), pas de freins en carbone, beaucoup moins d’appui aérodynamique. Donc, le style de pilotage est différent. »

La BMW M8 no 25 roule sur le circuit de Sebring.

La BMW M8 no 25 sur le circuit de Sebring

Photo : BMW

Sans compter qu'en IMSA, les courses se disputent à deux pilotes minimum et il faut chercher des réglages qui conviennent aux deux pour qu'ils puissent fonctionner le plus rapidement possible. Spengler fera équipe avec l'Américain Connor De Phillippi dans la BMW M8 GTE no 25.

« Chacun doit s’adapter aux préférences de l’autre pour finalement trouver le meilleur compromis, explique-t-il. J’ai beaucoup de boulot devant moi et je suis prêt à relever le défi. En tout cas, je vais faire de mon mieux et tenter de bons résultats dès la première saison », conclut Spengler, sans savoir si on lui donnera du temps pour trouver ses repères.

Comprenez une deuxième saison, en 2021.

BMW oblige Bruno Spengler à laisser ses pantoufles et ses habitudes du DTM à la maison, à 36 ans. Trouvera-t-il dans le championnat IMSA chaussure à son pied?

Réponse dans quelques semaines.

La saison IMSA commence par les essais de Daytona, du 3 au 5 janvier, puis l'épreuve des 24 heures, du 25 au 26 janvier. Le pilote de St-Hippolyte, dans les Laurentides, aura comme coéquipiers Connor De Phillippi, Colton Herta et Philipp Eng.

Pour le moment, Spengler a l'intention de faire la navette entre Strasbourg, où il a maintenant sa maison, et le continent nord-américain. Sa condition physique, impeccable précise-t-il, lui permet de croire qu'il pourra encaisser le décalage horaire et les heures de vol entre les épreuves.

Les amateurs québécois qui suivent la carrière de Bruno Spengler seront heureux puisqu'il disputera l'épreuve IMSA de Mosport en Ontario, la seule épreuve canadienne du championnat. Il promet de revenir chez lui, au Québec, passer quelques jours. ­

La saison 2020 du championnat IMSA comprend 12 épreuves, dont celle de Mosport du 3 au 5 juillet.

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